ÉPANCHEME.NT SÉREUX TRANSFORMÉ EN PURULENT. GS
lion; d'où il suit qu'on n'a au fond, dans l'inflammation d'une séreuse, qu'une hypérémie séerétoire pathologique ou exagérée, au lieu d'une hypérémie séerétoire physiologique, c'est-à-dire enfin une sécrétion exagérée, au lieu d'une sécrétion normale limitée à de certaines proportions.
Le hut du médecin devrait donc être de combattre, pour la diminuer, cette hypérémie inflammatoire ou exagérément sécrétante, et cela par les antiphlogistiques, les révulsifs et les dérivatifs. Mais s'il soutire le liquide exsudé sans rien faire contre l'hypérémie, il laisse celle-ci en l'état (et nous verrons bientôt qu'il augmente l'hypérémie par le fait mécanique de la ponction), de sorte que les vaisseaux hypérémiés davantage sécrètent à nouveau et que la sérosité sera d'autant plus riche en éléments figurés, c'est-à-dire en leucocytes, que les vaisseaux seront hypérémiés davantage; et il adviendra pour la plèvre hypérémiée physiologiquement à la suite de ces traites successives ce qu'il advient pour la mamelle hypérémiée physiologiquement dans le cours même de l'acte séerétoire physiologique. En effet, si l'on met à part les divers produits que l'on obtient successivement dans une môme traite, on voit que les derniers produits obtenus sont infiniment plus riches en globules de graisse que les premiers produits, qui sont beaucoup plus riches en eau. Au lieu de la sécrétion physiologique du lait par la mamelle, supposez la sécrétion pathologique de la sérosité par la plèvre enflammée, vous comprendrez que les dernières traites obtenues des vaisseaux pleuraux sucés, épuisés par la ponction soient également plus riches en leucocytes.
Quoi qu'il en soit de la comparaison, les faits sont là qui révèlent, dans un nombre notable de cas, cette succession de phénomènes : — pleurésie aiguë séreuse, - ponction de la plèvre, — pleurésie devenue purulente.
Ainsi MM. Ikicquoy, Chauffard et Bourdon ont eu l'occasion d'observer des cas de pleurésie simple devenue purulente après une première thoracocentèse. M. Richet, en moins de quelques mois, a dû faire l'opération de l'empyèmc chez deux malades d'un médecin de l'Hôtel-Dieu qui voulait faire de la ponction un traitement de la pleurésie aiguë; et ces deux malades avaient
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été ponctionnés pour une pleurésie aiguë séreuse d'abord et des plus simples à l'origine, mais qui devint purulent à la suite de la thoracocentèse , que ne nécessitait pas l'abondance de l'épancbement; Us deux malades succombèrent, le vous ai cité les exemples de suppuration de la plèvre survenue dans mon service, à. la suite de la thoracocentèse, chez notre n° il (I), notre n° 29 (2), le malade que j'ai opéré dans le service de M. Bourdon (3), et enfin le prisonnier de Mazas (4).
De son côté, Chassaignac a pu parler en pleine Académie de « la thoracocentèse comme cause des épanchements purulents dans la plèvre;» et je suis bien de son avis; ayant vu, personnellement vu, dans certains services d'hôpital, à la suite de la ponction faite dans des cas de pleurésie aiguë, la reproduction a court terme de la sérosité, qu'on extrayait de nouveau, mais qui était laiteuse cette fois; la reproduction plus rapide encore de la sécrétion, une deuxième récidive de l'extraction, mais cette fois c'était du pus que l'on retirait.
D'autre part, le malade allait comme sa plèvre, de mal en pis, et trop souvent l'opération de l'empyème devenait urgente; elle était faite; alors le malade mourait. C'est tout une autre affaire, en effet, que l'opération de l'empyème faite chez un malade fébricitant et chez un malade apyrétique, pour un cas aigu ou pour un cas chronique.
Stokes et Watson avaient objecté contre l'emploi de la paracentèse de la poitrine que l'opération pourrait bien convertir un épanchement séreux en épanchement purulent, et leur crainte s'est réalisée au cas d'épanchement aigu. Vergely (de Bordeaux), qui ne peut nier le fait, ne veut pas qu'on en accuse l'opération. Et, pour disculper la ponction de la poitrine dans la pleurésie, il fait observer que jamais la ponction du ventre dans l'ascite ne produit semblable résultat. « Pourquoi, dit-il alors, si le trocart était cause de la suppuration, ne l'entraînerait-il jamais dans l'ascite, si multipliées que soient les ponctions, et la provoque-
(1) Voir, plus haut, leçon XXVIII, p. 579.
(2) Voir, plus haut, leçon XXX, p. C53.
(3) Voir, plus haut, leçon XXVIII, P- 577.
(4) Voir, plus haut, leçon XXIX, p. 615.