TEMPÉRATURE PLEURALE APRÈS LA PONCTION
plèvre un simple fait d'extravasation, mais de sécrétion, el que le travail sécrétoire y a été accompagné d'un dégagement de calorique.
Eh bien, dans la plèvre malade encore, c'est-à-dire enflammée, la môme série de phénomènes se produit — et avec une intensité plus considérable comme avec une durée plus prolongée — de sorte que le travail de sécrétion nouvelle déverse dans l'organisme une plus grande quantité de calories et y rallume la fièvre ou l'augmente.
Voici maintenant un fait qui démontre que si la température de la plèvre s'élève toujours à la suite de la ponction, elle ne larde pas à revenir au chiffre normal au cas où la phlegmasie était éteinte ou très amoindrie avant la ponction et où, par suiLe, la reproduction du liquide n'a pas lieu.
Le 15 octobre, un homme de trente ans entre dans ma salle Saint- Antoine pour une pleurésie du côté droit. L'épanchement pleurétique paraît très abondant dans presque toute la hauteur du thorax, à droite on trouve une matilé absolue avec absence de murmure vésiculaire et abolition des vibrations thoraciques. Mais, comme la fièvre persiste, qu'il y a 38°, -I le matin et39°,8 le soir, qu'on est d'ailleurs à la troisième semaine de la maladie , je crois devoir différer la ponction et pouvoir espérer encore la résorption de l'épanchement par les moyens thérapeutiques ordinaires, et je fais appliquer un vésicaloire sur la poitrine, en même temps que je prescris du lait en abondance.
Néanmoins la résorption n'a pas lieu, et le M, huit jours après l'entrée, c'est-à-dire à la quatrième semaine de la maladie, la résorption ne s"étant pas produite et la dyspnée augmentant, Je me décide à pratiquer la ponction.
L'opération est faite dans le septième espace intercostal, sur le milieu de la ligne axillaire. Elle donne issue à près de deux litres (1 850 grammes) de sérosité citrine très albumineuse. Vers la fin de l'opération, le malade est pris de toux et de douleurs dans le bras droit.
Immédiatement à la suite de la ponction, le murmure vésiculaire s'entend à droite jusqu'au bas de la poitrine; il est donc évident que la plèvre droite a été à peu près complètement vidée
698 LES PLEURËTIQUES.
Le soir et surtout le lendemain comme le surlendemain , la respiration est devenue très obscure dans le tiers inférieur, où il est certain qu'un peu d'exsudat s'est opéré, car on y perçoit un léger souffle avec égophonie. Cependant il y a des sueurs profuses, certainement critiques, el il n'est pas douteux que cet épanchement de retour, qui n'augmente pas depuis quarantehuit heures, va se résorber.
Le c27, le malade commence à se lever; il a de l'appétit.
Le 30, il veut quitter l'hôpital; son état général est bon ; il n'a plus de dyspnée, bien qu'il y ait encore de la matité clans le tiers inférieur droit et que la respiration y reste légèrement soufflante. Cependant la température axillaire est toujours d'environ 38 degrés; elle était de 39 degrés et davantage avant l'opération.
Dans les huit jours qui précédèrent la ponction, la température pariétale droite se maintint de 38°, S (jour de l'entrée) à 38 degrés (37°,9, jour de la ponction) ; voici ce qu'elle devint après cette opération.
Immédiatement avant la thoracocentèse, la température axillaire étant de 38°, 3,
La température pariétale âroile = 37°,9
- gauche .= • 37»,3
Quinze minutes après la ponction,
La température pariétale droite = 3sV
— — gauche = 37°.6
— axillaire = 38°,2
Ainsi la température de la plèvre ponctionnée s'est élevée de 0°,5, dépassant de0°,2 la température de l'aisselle du côté opposé. Une heure quinze minutes après la ponction,
La température pariétale droite = 38 »a
— gauche = S"7':*
— axillaire = 37°, S
La température de la plèvre ponctionnée est encore de 0°,3 plus élevée qu'avant l'opération, et dépasse de 0°,4 celle de l'aisselle.