LES PLEURÉTJQUES
créloires surajoutées à l'hypérémie phlegmasique préalable, devenir un épanchcmenL purulent.
Ce n'est pas là de l'hypolhèse, c'est une association de faits observés : élévation constante de la température locale delà plèvre malade à la suite de la thoracocentèse, et transformation assez fréquente de la pleurésie simple en une pleurésie purulente.
Qu'il y ait, d'ailleurs, retentissement dans l'organisme de cette exagération locale de la température, c'est ce que j'ai constaté également, car la température s'élève aussi vers l'aisselle opposé^ au côté ponctionné, ainsi qu'il résulte de mes recherches (1).
Ces mêmes recherches m'ont permis de saisir la cause pathogénique de l'élévation de la température générale en ces cas : c'est le nouveau travail sécréloire auquel se livre la plèvre malade qui provoque cette hyperthermie générale.
Ainsi la ponction de la poitrine, au cas d'épanchemenl pleurétique aigu, n'est pas chose indifférente ; ainsi il est nécessaire de ne la pratiquer qu'à bon escient.
En résumé, dans ces vingt dernières années, on a cessé de traiter la pleurésie aiguë parles émissions sanguines, et les cpanchements abondants de la plèvre sont devenus infiniment plus fréquents.
11 n'y a pas là, selon moi, une simple coïncidence, mais une corrélation de cause à effet ; je le crois et je le dis.
11 me paraît qu'il y a lieu de revenir à la thérapeutique traditionnelle ; je le dis et je le pratique.
Il est une chose pire encore que l'expectation ou une thérapeutique équivalente dans" la pleurésie aiguë, c'est son traitement par les ponctions successives; les faits cliniques et le- résultai! mortuaires le démontrent. Celte méthode, je la rejette absolu! ment, à moins que l'abondance de l'épanchement au cas .le pleurésie aiguë ne me force décidément la main.
Quand l'épanchement est constitué et qu'il est abondant, quj la fièvre est depuis longtemps tombée, qu'en un mot il n'y a plus
(I) M. Labouluenc a Irouvé, do son côté, que ta température dans le reelum peut 8'élevor de trois dixièmes de degré quelques minutes après la ponction la poitrine.
COMMENT IL FAUT TRAIT H H LKS PLEURÉTIQUES.
de pleurésie, le seul traitement rationnel et efficace est l'évacuation du liquide par la ponction de la poitrine. Toute espèce de traitement médical, révulsif ou dérivatif, est aussi déraisonnable "qu'il est impuissant.
Le procédé de paracentèse est à peu près indifférent; cependant la ponction capillaire avec vide préalable devra être préférée, puisqu'elle est infiniment plus facile et qu'elle s'effectue sans douleur.
Quant au traitement de la pleurésie purulente, il doit être exclusivement chirurgical, et ici tous les procédés opératoires comptent des succès : aspiration pure et simple répétée un nombre indéfini de fois ; aspiration, puis injection médicamenteuse ; établissement d'un siphon à demeure avec lavage quotidien de la plèvre ; drainage de celle-ci ; enfin opération . de l'empyème (1).
(1) Ce n'est pas chose facile que de diagnostiquer la nature purulente d'un Ipanchement pleurétique : on la suppose, bien plus qu'on n'en est certain, à la persistance prolongée de la (lèvre, aux redoublements de celle-ci, à 1'aggravaLion de l'état général, comme aussi à l'apparition de l'œdème sur la paroi thoracique du côté de l'épanchement.
Ce serait donc une bonne fortune clinique que la découverte d'un signe qui fût exclusivement propre à l'épanchement thoracique purulent et qui deviendrait ainsi pathognomonique de cet épanchement. Or, un savant médecin iUlien, le professeur Baccelli, de Rome, a constaté que lorsqu'un épanchement thoracique est séreux, on perçoit, par l'auscultation, la pecioriloquie a phonique, et que celle-ci n'existe pas lorsque l'épanchement est purulent, ou qu'elle cesse de se faire entendre alors que, de séreux, l'épanchement devient purulent.
(La pectoriloquie aphonique est la transmission à l'oreille, à travers les parois de la poitrine et du contenu de celle-ci, de la voix chuchotée.)
Un fait certain, c'est que celte pectoriloquie aphonique s'entend au cas de pleurésie simple et d'épanchement séreux. D'autre part, j'ai eu l'occasion de constater une fois très nettement la disparition, de ce signe à l'occasion d'une pleurésie devenue purulente.
M. N. Queneau de Mussy, qui s'est fait en France le vulgarisateur de la découverte du professeur romain et qui l'a complétée, a constamment observé gtte variété de la pectoriloquie chez 1rs malades atteints de pleurésie simple et m; 1 a jamais rencontrée alors qu'elle était purulente.
Mais, pour que ce signe soit probant, pour qu'on soit en droit d'en conclure m e liquide épanché est de nature séreuse, « il ne suffit pas, dit M Guéneau Mussy, que pendant la phonation l'oreille appliquée sur la poitrine entende ff'r8 ^s de la — ohaoholôe, quelques finales des mots, i] tau, |"elle entende les mots entiers, nettement articulés, aussi distincts nue s, l,' malade vous chuchotait dans le conduit auditif » '
M. Baccelli pense que la pectoriloquie aphonique n'existe pas au cas de
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La sLaLislique comparative est à faire, et il se passera un long temps avant qu'elle soil faite et qu'elle soit probante, car les pleurétiques sont loin de se ressembler, môme quand ils ont du pus dans la poitrine. Ce qu'il faut en attendant, c'est s'inspirer de ce qui est le plus rationnel ; or la méthode de l'aspiration répétée ne l'est pas ; si elle compte quelques succès, c'est certainement malgré Minerve, car elle entretient le travail de suppuration sans rien faire pour l'entraver.
La méthode de l'aspiration suivie des injections médicamenteuses remplitprécisément cette indicationdeprovoquerun effort curatif ; à ce titre elle est rationnelle et les événements en ont prouvé l'efficacité.
Il en est ainsi de la méthode du siphon laveur ; peut-être estelle moins douloureuse que la méthode de l'aspiration, qui a de
pleurésie purulente, en raison de deux conditions physiques, la densilé plus grande alors du liquide et son défaut d'homogénéité.
M. Guéneau de Mussy croit que cette dernière condition est surtout importante. Les sons se transmettent moins bien à travers le brouillard qu'à travers l'air pur; or, dit M. Guéneau de Mussy, U brouillard a une constitution physique très comparable au pus : dans l'un, des particules d'eau à l'état vésiculaire suspendues dans un fluide, gazeux; dans l'autre, des leucocytes suspendus dans un liquide séreux, qui par leur présence a cessé d'être homogène. C est parce que le liquide peut êLre séreux aux couches supérieures d'un epancl.ement purulent que l'on peutenLendre en certains cas la pccloriloquie aphonique a la partie supérieure de cet épanchement; c'est encore, dit M. Uueneau de Mussy, parce que les leucocytes peuvent disparaître en devenant graisseux, se fragmentant et s'émulsionnant, qu'ainsi le liquide est redevenu homogène, que la pecloriloquie aphonique peut être perçue à nouveau dans drs cas d épanchement pleurétique purulent ancien. Chez un malade de Baccelli, qui avaii présenté les symptômes el les conditions pathogéniques de la pleurésie purulente, « on entendait distinctement, après plusieurs mois de maladie, la pecloriloquie aphonique, et la ponction donna is ue à un liquide qui preseuta.l tous les caractères extérieurs du pus, mais qui ne renfermait pas de leu.o-
^Ïoilà une explication quelque peu quintessenciée, où la théorie du brouil .nl invoquée n'est pas faite pour jeter beaucoup de lumière; on voit d . u\ eurs , £ les faits mêmes, que le signe de la pectoriloquie aphonique es assez delica^ et qu'il ne suint pas absolument à démontrer que l'épanchement n , es pu .pal talent, car, enfin, un liquide purulent, où les leucocytes se émulsionnés, est toujours un liquide purulent, et le cas du malade n en est I «S devenu meilleur.
(,) n. Queneau do Mussy, Quelque, considérations sur la toleurde ta peetariloouie aphe
nique dans les épanchements pleuraux, 1870.