‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 251 sur 287 · LOT DES VIEILLARDS, DES IVROGNES ET DES CACHECTIQUES · texte numérisé non relu

LOT DES VIEILLARDS, DES IVROGNES ET DES CACHECTIQUES

plus Lard (I)), c'est précisément parce que ce malade n'avalait plus etne prenait plus d'aliments que sa température baissait; il était inanitié comme les animaux de Ghossat ; il y avait là cette autophagie sur laquelle j'ai déjà incidemment appelé votre attention. Dans le cours de cette quatrième journée, la température resta de3G°,5 à 36n,6 pour ne remonter que le soir à 37 degrés. Eh ! vous voyez, 37 degrés au lieu de 40 qu'il aurait dù y avoir, cela fait une diminution de 3 degrés. Le cinquième jour la température remontait à 38 degrés, et enfin, ce même jour, peu de temps avant la mort, survenue à onze heures du soir, elle était de 39 degrés.

Il y eut donc, chez ce pneumonique du sommet qui allait mourir, une température basse, comme chez celui du n° 12, dont je vous parlais tout à l'heure.

Indépendamment de la marche singulièrement rapide de l'affection dans le cas qui nous occupe, je veux insister aussi sur les prodromes, qui nous fourniront des observations d'un haut enseignement clinique. Mais auparavant retenez ce point essentiel dans le développement de la maladie, c'est qu'elle s'est accompagnée d'un état cérébral des mieux caractérisés, et qui, lui aussi, tout autant que la pneumonie du sommet en elle-même, est l'expression d'un mauvais état général.

Si maintenant nous nous reportons aux prodromes, nous remarquons tout d'abord qu'il n'y a pas eu de point de côté; eh bien, messieurs, le fait est très commun chez les vieillards, et vous en devez garder le souvenir.

Voyons maintenant ce qu'ont dit les auteurs modernes, soit de la pneumonie du sommet, soit de la pneumonie des vieillards, et cherchons à comprendre ou à concilier leurs assertions.

« La pneumonie est très fréquente chez les vieillards, » dit Laennec. « La pneumonie est le fléau le plus redoutable de la vieillesse, » s'écrie Cruveilhier, qui fut longtemps médecin de la Salpêtrière. « La pneumonie résume en elle presque toute la pathologie de la vieillesse, » ajoute M. Durand-Fardel. Vieillesse et pneumonie, pneumonie et vieillesse ; il semble que

(I) Voir, t. 11, leçon LXXXIV, Bill1 les Températures basses excessives.

ce soit une équation. En réalité, caducité de l'être, moindre résistance aux agents physiques, plus grande fragilité d'un parenchyme fragile en soi, pneumonie : telle me paraît être la solution du problème en trois phrases.

Mais cette pneumonie des vieillards ne siége-t-elle pas de préférence au sommet ?

« Voici, dit M. Durand-Fardel, quel était le siège de la pneumonie dans 30 observations terminées par la mort :

Le lobe supérieur 15 fois.

Les lobes supérieur et moyen 1 —

Le poumon tout entier 2 —

Le lobe inférieur 7 —

Les lobes inférieur et moyeu 2 —

Le lobe moyen 1 —

Le poumon tout entier, sauf une couche mince

au sommet I —

Siège mal défini I —

Ainsi, dans 30 cas de pneumonie mortelle, 18 fois le sommet était malade : 15 fois seul, 3 fois avec d'autres lobes.

« La pneumonie du sommet, ajoute le même auteur, doit donc être considérée comme relativement plus fréquente que celle de la base chez les vieillards, dans les cas simples et primitifs au moins. Louis avait déjà trouvé que les malades atteints de pneumonie du sommet avaient en moyenne cinquante-quatre ans; tandis que ceux qui étaient atteints d'une pneumonie de la base n'avaient qu'un âge moyen de trente-cinq ans (1). »

Gela dit sur l'âge auquel on observe le plus souvent la pneumonie du sommet, voyons pour sa gravité.

« La pneumonie du sommet, dit Monneret, expose le malade à déplus grands dangers, et l'on a à redouter plus que dans les autres pneumonies les symptômes adynamiques, le délire el la terminaison par suppuration. Presque toujours la phlegmasie finit par envahir tout le lobe supérieur. La manifestation de Yictère est plus commune que clans les pneumonies qui affectent un autre siège (2). »

(J) Durand-Fardel, Traité des maladies des vieillards, p. 560.

(2) Monneret ot Flcury, Compendium de médecine pratique, t. VII, p. 67j I8W.

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