SYMPTOMES PARTICULIERS
llcmarquez, je vous prie, que ce n'est pas la pneumonie du sommet qui « expose à de plus grands dangers », mais qu'il n'y a ces dangers plus grands qu'en raison de la gravité de l'état général antérieur dont la pneumonie est la façon d'être matérielle, l'expression anatomique ; comme le délire, les accidents advnamiques, l'ictère, en sont l'expression fonctionnelle et générale.
D'un autre eùté, sur 29 observations de pneumonie qu'il rapporte, M. Andral a signalé 7 cas de mort par suppuration du poumon; dans 4 de ces 7 cas, l'inflammation siégeait au lobe supérieur (2 fois'; aux lobes supérieur et moyen (-1 fois). Ces malades avaient trente-neuf, quarante-neuf, soixante-deux et soixante-sept ans (I ).
Que si maintenant nous entrons dans l'analyse des particularités de la pneumonie du sommet, nous voyons qu'il en est qui tiennent au siège même de la lésion; ce sont celles qui se rapportent au point de côté, à la dyspnée, h la toux et à l'expectoration.
Le point de côté y est moindre que dans toute autre forme de la pneumonie et parfois presque nul : ce qui tient vraisemblablement à ce que la lésion pulmonaire est ordinairement peu étendue; à ce qu'il y a par suite moins de nerfs intercostaux intéressés; à ce que la locomotion des parois thoraciques est des plus faibles et presque nulle au sommet ; comme aussi à ce que la sensibilité générale est émoussée par la vieillesse ou l'ivrognerie.
La dyspnée y est notablement moins intense ; d'abord en raison de la faible étendue de la lésion; ensuite parce que les sommets pulmonaires sont les parties auxiliaires, les lobules de renfort, qu'on met surtout en réquisition dans les fortes inspirations, et dont l'action peut manquer sans entraîner de gêne très sensible dans les respirations ordinaires.
La toux est plus rare pour les mêmes raisons de moindre étendue de la lésion, de moindre fonctionnement du lobe lésé, de moindre sensibilité générale, et par suite de moindre sensibilité du pneumogastrique. La toux cesse môme quand la terminaison
I) Amiral, Clinique médicale, t. 111, p. 347 et su'iv.
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doit être funeste, ainsi que vous l'avez pu voir chez nos malades; ' et cela par l'extinction de la sensibilité déjà si obtuse.
Pour les mêmes raisons Y expectoration est peu abondante ou nulle; un de nos malades n'avait encore rejeté aucun crachat au troisième jour de sa pneumonie; 14 fois M. Durand-Fardel a vu l'expectoration manquer dans la pneumonie du sommet chez les vieillards. Quand elle existe , elle est ordinairement peu franche, diflluente ou jus de pruneau; ce qui est l'indice de la plus extrême gravité.
Les signes physiques sont nécessairement très peu étendus : limités au sommet, à l'aisselle ; c'est parfois dans cette dernière région qu'il faut aller chercher quelques rares bouffées d'une crépitation peu nette. Aussi vous engagé-je à ne jamais manquer d'ausculter le creux axillaire dans les cas où vous soupçonnez une pneumonie latente; c'est ainsi que nous avons pu la découvrir chez un de nos malades couché au n° 19. Quelquefois le souffle s'entend d'emblée sans crépitation préalable, au moins perceptible. Il n'est pas besoin d'insister sur le soin avec lequel la percussion du sommet de la poitrine doit être pratiquée pour arriver parfois à constater la diminution du son et de l'élasticité dans l'étendue de quelques centimètres carrés seulement. Chez certains malades, la matité est limitée aux fosses sus et sous-épineuses où elle est absolue, tandis qu'il y a du son skodique en avant. Plus rarement la matité n'existe qu'en avant dans la région sous-clavière.
L'état général est ce qu'il peut être, c'est-à-dire mauvais, étant donné que la pneumonie est la pneumonie d'un vieux, d'uu ivrogne ou d'un débilité, et que c'est cette méchanceté de l'état général qui a engendré la pneumonie.
Le début est souvent des plus insidieux : il ne semble pas que ce vieux, que cet ivrogne, soit plus cacochyme que devant ; il a seulement perdu le peu d'appétit qu'il avait encore; ce qui] avait conservé de forces semble anéanti; il dort sur son banc de Bicôtre ou de la Salpêtrière d'un sommeil torpide, ou bien il vomit les quelques aliments qu'il vient de prendre. La peau es chaude, le pouls vibrant; on couche le malade, ou l'ausculte, et déjà le sommet est hépatisé : l'invasion du mal a été méconnue.