‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 254 sur 287 · DÉLIRE ET PNEUMONIE · texte numérisé non relu

DÉLIRE ET PNEUMONIE

les troubles nerveux : le délire s'observe à peu près constamment dans les cas les plus graves, surtout à la période ultime, qu'elle annonce alors. 11 est violem chez les ivrognes et plutôt adynamique chez les vieillards.

Assurément, ce sommet pulmonaire enflammé ne fait pas plus délirer qu'il ne fait vomir ou ne donne la jaunisse; mais c'est parce que L'état général est mauvais que le cerveau se trouble, que l'appareil digestif fonctionne mal en tous ses points, et que le sommet pulmonaire s'est enflammé. Et voulez-vous la preuve qu'il n'y a pas plus de relation mystérieuse entre ce sommet pulmonaire et le cerveau qu'entre ce même sommet et le foie? c'est que le délire peut survenir en dehors de la pneumonie du sommet : ainsi, sur 15 cas de pneumonie avec délire, Andral a noté 8 fois la pneumonie du sommet; sur 11 cas de pneumonie avec délire, rapportés par Durand-Fardel, il y en avait 10 où le sommet était intéressé; ainsi :

Le lobe supérieur 5 fois.

Tout le poumon 3 —

Les lobes supérieur et inférieur. . 1 —

Toute la partie postérieure 1 —

C'est-à-dire que si le délire n'est pas fatalement lié à la pneumonie du sommet, au moins est-il beaucoup plus fréquent dans celle-ci, parce qu'elle est surtout la pneumonie des mauvais étals généraux.

Outre le délire, on observe de la céphalalgie dans les quatre cinquièmes des cas; de l'assoupissement et plus rarement des accidents apoplectiformes — c'est alors chez les vieillards.

Si la maladie ne se termine pas par la mort, au moins la résolution est-elle moins rapide, moins franche que dans les autres formes de pneumonie : il y a parfois induration ; enfin ce qu'on appelle le passage à l'état chronique, chose rare dans la pneumonie, ne s'observe guère que dans ces cas; cela résulte de l'observation de Magnus Huss, comme de celle d 'Andral ou de Grisolle.

«La pneumonie chronique, qui est telle dès son début, Bit M. Andral, a été beaucoup plus souvent rencontrée par

nous dans les lobes supérieurs que clans les autres parties du poumon (I).

Je vous ai parlé tout à l'heure, en vous citant le même savant, ■ de la terminaison par suppuration de la pneumonie du sommet. Et vous n'ignorez pas combien cette phlegmasie a peu de tendance à suppurer. Or, voulez-vous savoir dans quelle condition s'observent, chose infiniment plus rare encore, les abcès du poumon? Au cas surtout d'inflammation du sommet. Ainsi, dans 26 cas réunis par Grisolle, les abcès siégeaient :

Dans le lobe supérieur 12 fois.

— inférieur 9 —

— moyen - —

(Dans quatre cas, les abcès étaient multiples.)

Et vous plaît-il de connaître l'âge des malades? Dans 25 cas où il fut noté, il y avait :

Au-dessus de 70 ans 8 malades. \

De 50 à 58 ans., . 4 — [ ïï cas.

De 45 à 49 ans '• 3 — J

De 31 à 36 ans S — )

De 16 à 26 ans 4 - j 10 cas-

A 4 ans —

De quelque façon donc qu'on envisage la question, soit qu'on étudie en soi la pneumonie du sommet, soit qu'on recherche dans quelles conditions s'observent les accidents les plus redoutables de la pneumonie, on arrive à cette conclusion identique, à savoir, que c'est la pneumonie du sommet qui est la plus grave, ou mieux, dans laquelle apparaissent les troubles les plus sérieaj et se développent les lésions les plus profondes ; ce qui est la vérification et la contre-épreuve de tout ce que je vous ai dit de cette maladie si pleine d'intérêt pour qui sait voir, observi réfléchir; — eh ! d'ailleurs, je ne l'ai choisie qu'en raison de eet intérêt même.

Mais voici bien une autre chose! Je vous ai dit, en cela d accord avec notre observation propre comme avec celle d'autnu-

(1) Amiral. Clinique médicale, t. II, p. 498.

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