‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 283 sur 287 · ÉTAT NAUSÉEUX ET C0NTU0-ST1MUL1SME · texte numérisé non relu

ÉTAT NAUSÉEUX ET C0NTU0-ST1MUL1SME

remontée à 39 degrés; un verre d'eau tiède, quelques vomissements; la température baisse alors de 0°,1 (à 38°, 9) et le pouls s'élève à 116. A une heure vingt minutes, le pouls est à 112, la température à 39 degrés. Pendant cinq minutes, nausées, efforts infructueux de vomissements; trois verres d'eau tiède; vomissement abondant. A une heure vingt-cinq minutes, le pouls est à 104, toujours très petit, la température à 39 degrés, la peau toujours fraîche. A une heure trente minutes, coliques,' mal de tète, vomissement, pouls à 104, température à 39 degrés. A une heure trente-cinq minutes, selles très abondantes, et entre une heure trente cinq et une heure quarante minutes se produit un abaissement de la température aussi brusque qu'important : de 39 degrés la température tombe à 37 degrés, baissant de 1°,4 sur la température initiale et de 2 degrés sur la température avant la spoliation alvine. Le pouls reste à 104. Dix minutes plus tard, à une heure cinquante minutes, la température remonte de 0°,8 (à 37», 8), le pouls baissant au contraire de 4 pulsations (à 100). Les choses restent ainsi jusqu'à deux heures dix minutes, où la température s'élève à 38 degrés. Enfin, à deux heures trente minutes, où M. Ullé quitte le malade, la température est à 38 degrés (plus basse de 0°,4 que la température initiale) et le pouls à 92. 11 y a de la céphalalgie ci une grande lassitude.

Voici donc ce que nous pouvons déduire des faits observés pendant l'action du vomitif chez les trois malades des n03 13, 43 et 51:

Résultat presque constant, accélération du pouls; résultat constant, sa petitesse, le pouls devenant le plus souvent filiforme ;

Résultat variable, modification delà température, qui tantôt s'élève et tantôt s'abaisse.

Or, si l'on analyse ces modifications, on voit, ce qui suit : Spoliations par garde-robes abondan tes, c'est-à-dire sans efforts, abaissement de la température; spoliation par vomissements, c'est-à-dire avec effort, élévation de la température. 11 n'y a pas là une contradiction : dans les évacuations alvincs, qui se font sans efforts, l'influence de la spoliation domine el il y a perte

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de chaleur; dans les évacuations vomitives, qui se font avec efforts, l'influence de l'effort, qui augmente la température, tend à neutraliser l'influence de la spoliation, qui abaisse cette même température, et suivant que l'effort l'emporte sur la spoliation, ou celle-ci sur l'effort, il y a élévation ou abaissement définitif de la température.

11 s'ensuit que peut-être la médication évacuante ou vomi-purgative, qui a donné de si beaux résultats au docteur Simon, de Semur, spoliant l'organisme sans effort, maintenant le malade dans un état nauséeux prolongé, déprimant tout à la fois et d'une façon plus durable le pouls et la température, résout mieux le problème thérapeutique, qui est non seulement d'arrêter l'hémorrhagie actuelle, mais encore de modifier profondément et d'une façon graduelle, prolongée et vraisemblablement plus durable aussi, Y hy pérémle , cause probable de l'hémorrhagie.

L'état nauséeux est si bien, suivant moi, la cause prochaine de l'hémostase, que j'ai réussi à arrêter des hémoptysies abondantes et répétées à l'aide de la potion stibiée, à dose rasorienne, c'est-à-dire composée de 30 centigrammes de tartre stibié pour t20 grammes de julep gommeux, et administrée par cuillerée à soupe toutes les heures, comme dans les cas de pneumonie. L'hémoptysie s'arrête dès le premier jour, parles premières cuillerées, qu'il y ait ou non vomissement. Je continue la potion deux jours encore, puis je cesse. Dans quelques cas où l'hémoptysie menace de se reproduire (le malade rejetant dans la journée des crachats légèrement teintés de sang), je continue l'effet obtenu par la potion stibiée en faisant prendre chaque matin, pendant une dizaine de jours, de six à douze pastilles d'ipécacuanha dans l'espace d'une heure. Vous avez vu, entre autres exemples, cette médication mettre un terme définitif à des hémoptysies prochainement redoutables par leur abondance, chez un robuste sujet devenu, comme tant d'autres, tuberculeux à la suite des privations de toute nature éprouvées pendant la captivité en Allemagne.

Je crois ce traitement de l'hémoptysie préférable à l'emploi des vomitifs : il faligue moins, rompt moins en visière avec des

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