CŒUR ET VIEILLESSE
Maintenant, que les lésions du cœur soient l'apanage et le fait de la vieillesse, cela n'est pas douteux. Sur 149 cœurs de vieillards, M. Durand-Fardel a trouvé 43 fois des altérations de valvules ou d'orifices clignes d'être notées (1) ; c'est-à-dire que dans près de la moitié des cas il y avait lésion d'orifice ou de valvule : ce qui est une proportion bien différente de celle qu'on observe cbez l'adulte et à fortiori chez l'enfant.
Mon collègue M. Second-Féréol m'a dit avoir trouvé presque toujours des altérations du cœur dans ses autopsies à l'hospice des Incurables.
De mon côté, alors que j'étais médecin de l'hospice de Larochefoucauld (dont la population se compose de vieillards ayant un âge qui varie entre soixante et quatre-vingt-quinze ans), j'ai toujours trouvé, dans les quelques autopsies que j'ai pu faire, des lésions athéromateuses ou calcaires du cœur et des vaisseaux, même dans des cas de tuberculisation pulmonaire, où on ne les pouvait guère soupçonner, n'en ayant pas trouvé les signes pendant la vie.
Voici d'ailleurs les chiffres très sommaires résultant de l'observation clinique des trois premiers mois de l'année :
Sur 43 vieillards observés à l'infirmerie deLarochefoucauld, j'ai trouvé 38 fois des lésions cardiaques et vasculaires avec signes physiques évidents, et 5 fois seulement absence de ces lésions, ou plutôt absence des signes physiques de ces lésions, probablement trop peu prononcées pour être bruyantes.
Ces 38 malades avec lésions cardiaques et vasculaires se catégorisent comme il suit :
Chez 2 seulement il y avait eu des attaques de rhumatisme articulaire dans les antécédents ;
Chez les 36 autres il n'y avait eu ni goutte ni rhumatisme antérieurs.
Maintenant ces 36 malades se dénombrent eux-mêmes de la façon suivante :
Chez 18, il y avait cela de particulier qu'avec des signes physiques parfois très prononcés de la lésion, il existait une tolérance remarquable de celle-ci ; palpitations rares ou nulles,
(1) Durand-Fardel, Traité des maladies des vieillards, p. 667.
peter. — Clin, mdd. 3e édil, , n
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essoufflement facile, œdème peu fréquent (mais ce sont là des particularités sur lesquelles je reviendrai longuement quand j'aborderai spécialement la pathologie delà vieillesse (1) ).
Chez 2 autres, il y avait eu attaque de névralgie sciatigue dès longtemps antérieure, et chez un troisième une névralgie scia- Lique postérieure à la lésion cardiaque.
Chez 2 autres, une névralgie diaphragmatigue type, telle que je l'ai décrite, et chez une troisième et une quatrième malade, une névralgie diaphragmatique avec attaques d'angine de poitrine classique.
Chez 3 autres, il y avait des attaques de catarrhe suffocant.
Chez 3 malades, il y avait des épistaxù remarquables par leur abondance et leur répétition, et probablement dues à des anévrysmes capillaires consécutifs à une altération athéromateuse des vaisseaux de la pituitaire (diathèse anévrysmale capillaire de H. Liouville).
Enfin, chez 6 derniers malades, on observait presque toutes les variétés de névroses ou de lésions cérébrale ou médullaire : troubles fonctionnels ou lésions liés à la malnutrition .du cerveau ou de la moelle, malnutrition consécutive elle-même à l'altération athéromateuse ou calcaire des vaisseaux de l'axe encéphalo-rachidien ; ces manifestations cérébrales ou médullaires étaient la céphalalgie, le délire intermittent, la démence sénile, Yépilepsie, Y hémorrhagie cérébrale, le ramollissement du cerveau, Yophasie avec hémiplégie droite fugitive (mon prédécesseur et ami le docteur Gombault a observé chez cette même malade une attaque d'aphasie complète consécutive, comme celles dont j'ai été témoin, à une surcharge de l'estomac à la suite d'un dîner trop copieux; j'ignore s'il y avait eu alors de l'hémiplégie), enfin, de la paralysie agitante.
Maintenant, si, chez un certain nombre de ces vieillards atteints de lésions cardiaques, celles-ci reconnaissent pour cause l'ivrognerie, la goutte ou le rhumatisme, chez tous ceux où Des causes n'existent pas, et le nombre en est considérable, il est évident
(I) Voir, plus loin, la leçon XV sur VEndavtérite et les rf«*#WMMC« artérielles, el la leçon XXXI aur la Pneumonie du sommet.