‹ Leçons de clinique médicaleChapitre 71 sur 287 · HYPERTROPHIE ET DILATATION RÉTROACTIVES · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE ET DILATATION RÉTROACTIVES

1° Par spasmes ou palpitations ;

2° Par contraction plus énergique (résultant de la plus grande masse à mouvoir) ;

3° Par diminution de la tension artérielle des vaisseaux où le ventricule se déverse (entraînant une plus grande fréquence des contractions du cœur).

Il en existe vraisemblablement une quatrième due à la gène de la circulation trophique du cœur môme, et peut-être y a-t-il d'autres causes encore.

Or, quelques auteurs ont eu la singulière idée de voir dans l'hypertrophie un fait providentiel, imaginé sans doute par le Créateur pour coiriger une altération qu'il avait cependant laissée s'effectuer! Ainsi le cor bovinum, qui est l'hypertrophie du cœur à son maximum de développement, serait la Providence à son maximum de puissance !

En réalité, ce n'est pas pour lutter, mais parce qu'il lutte, que le cœur s'hypertrophie ; ce n'est pas l'hypertrophie de cet organe qui est compensatrice, mais sa contractilité ; de sorte que, lorsque celle-ci s'amoindrit ou s'épuise, la compensation diminue ou fait défaut, si considérable que puisse être d'ailleurs l'hypertrophie {{).

Je viens de vous dire que l'hypertrophie consécutive du cœur reconnaît au moins quatre causes ; il me reste à vous faire voir que la dilatation des cavités en reconnaît au moins trois :

1° 11 y a d'abord celle dont je vous ai parlé, la stase du sang dans le ventricule ou l'oreillette ;

2° Or, il est une seconde cause importante de dilatation, la fatigue musculaire, laquelle est le fait même des contractions exagérées. Ainsi, à la longue, le cœur droit se fatigue, se relâche et se dilate ;

3° Enfin, une troisième cause de dilatation du cœur est la dégénérescence granulo-graisseuse d'une partie du tissu musculaire du

cœur.

Et de la réunion de ces trois causes : la stase sanguine, la fati-

(1) Voir encore, au sujet de cette erreur devenue classique de l'hwertro- Ph,e dite compensatrice, la Villa leçon sur Y Insuffisance aortique p «T peter, — Clin, méd. 3« édit.

m LES MALADIES DU COEUR.

gue musculaire et l'altération granulo-graisseuse, résulte l'anévrysme passif du cœur.

Quand toute la canalisation cardio-vasculaire s'est rétroactivement dilatée (malgré l'hypertrophie consécutive et successive de ses parois), du système de la petite circulation sur le cœur droit de celui-ci sur le système de la grande circulation et de ce système sur le cœur gauche, alors est complète la troisième phase des maladies du cœur, ou phase des accidents dynamiques. Ma1S cette phase me t un temps plus ou moins long à parcourir toutes ses périodes ; et comme, dans cette série morbide, le premier contre-coup de la lésion du cœur droit a lieu sur la portion veineuse de la grande circulation, voyons ce qu'on y peut observer.

Evidemment la distension des veines; de sorte que le signe diagnostique auquel vous reconnaîtrez la gêne dans la circulation du cœur droit, c'est-à-dire qu'en lui la dilatation passive 1 emporte sur l'hypertrophie active, c'est la distension des veines superficielles, des veines jugulaires, par exemple, qui se vident difficilement dans une oreillette engorgée. Ce premier signe correspond à une simple stase sanguine. Plus tard il pourra se faire en outre une régurgitation dans ces mêmes veines, par suite d insuffisance tricuspide, et un second signe, le pouls veineux, vous indiquera cette phase encore plus avancée de la maladie du cœur

^Ce n'est pas à dire que vous observerez toujours ce dernier si«ne dans les affections cardiaques à leur troisième phase ; ainsi il a manqué chez notre malade du n° 3, malgré son insuffisance triglochine si considérable. L'absence du pouls veineux peut tenir ou à ce que l'insuffisance valvulaire est peu consi lérable ou à ce que le col est court et surchargé d'embonpoint. Mais qui ne manque jamais, c'est la distension veineuse donc avec attention, surtout chez les personnes maigre H*«r . tout à la région du cou ; et lorsque vous verrez cette région si lonnéepar des veines volumineuses, grosses parfois comme doigt auriculaire, variqueuses, renflées à leur point dc , joi ic lu >n par l'abaissement de leurs valvules, concluez hardiment à une lésion du cœur droit, qui est une dilatation cavitaire.

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