VUE D'ENSEMBLE DES MALADIES CARDIAQUES
]1 est peut-être bon de vous l'aire voir maintenant dans un coup d'œil d'ensemble en quoi et pourquoi la doctrine que j'ai essayé de faire prévaloir dans ces leçons diffère do celle qui est gêné raie men t ad mise .
Riches jusqu'à la profusion, depuis Laennec, en connaissances anatomiques d'une rare précision, et non moins riches en données séméiotiques, les médecins contemporains semblent avoir pris surtout pour tâche de raccorder les notions anatomiques avec les signes, les signes avec les symptômes, et ceux-ci avec la marche et la terminaison des maladies du cœur.
On s'est donc efforcé de distinguer dans ces maladies des espèces, et la classification a eu pour base ou la forme de la lésion ou son siège. Mais cette classification n'a guère été, en fait, qu'une stérile satisfaction de l'anatomie pathologique.
I. Eu effet, au point de vue de la forme de la lésion anatomique, on a décrit à part des insuffisances valvulaires ou des rétrécissements d'orifice : ainsi, insuffisance des valvules mitrale ou triglochine, des valvules aortiques ou pulmonaires. Et l'on ne ' vit point que ce qu'il y avait de commun dans chacune de ces descriptions isolées était précisément fondamental, à savoir : les phénomènes généraux des maladies du cœur ; tandis que ce qu'il y avait de propre à chacune d'elles n'était qu'accessoire, c'està-dire un bruit de souffle « à la pointe ou à la base, » « au premier ou au second temps, » avec les nuances de timbre et d'intensité les plus variées ; ce qui, au fond, n'a été, pendant trop longtemps, que le triomphe illusoire de la séméiotique.
Nous avons vu que la distinction de l'insuffisance d'avec le rélrécissement était peu physiologique, attendu que c'est une môme chose pour la circulation en amont de la lésion que le sang éprouve de la difficulté à pénétrer dans une cavité, ou qu'une portion de ce liquide en ressorte immédiatement après y être entrée. C'est évidemment, dans les deux cas, une pléthore en amont qui en résulte et, par suite, une pression plus grande du sang et une tension plus considérable dans les vaisseaux endeçà de la lésion.
Ainsi, le rétrécissement d'un orifice ou l'insuffisance de ses
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valvules entraîne absolument les mêmes effets définitifs. Or, l'expérience enseignant que, le plus souvent, ces deux lésions sont associées, on voit dès lors combien est peu physiologique cl peu médicale la description à part du rétrécissement et de l'insuffisance, et combien vaines sont les interminables discussions à ce sujet.
11 suffit donc de vous faire connaître les signes de ces lésions, en vous avertissant de ne pas trop en préoccuper votre esprit ni en surcharger votre mémoire.
11. Le point de vue du siège de la lésion est déjà plus physiologique; et cependant, de même que l'insuffisance ou le rétrécisssement mitral produit une pléthore en amont dans l'oreillette gauche et le système de la petite circulation, puis finalement une hypertrophie du ventricule droit, de môme le rétrécissement ou l'insuffisance aortique produit une pléthore en amont dans le ventricule gauche et une hypertrophie de ce ventricule. La différence dans le résultat des deux ordres de lésions, c'est que, dans les lésions mitrales, il y a nécessairement retentissement immédiat sur la petite circulation; tandis que celle-ci semble devoir être, au moins pendant un certain temps, en dehors de l'action morbide, dans les lésions des valvules aortiques. Mais ce retentissement se fera tôt ou tard, et, à sa suite, auront toujours lieu les congestions pulmonaires d'abord, les congestions viscérales multiples ensuite, tout comme par le fait des lésions mitrales. Le retard dans la production de ces effets consécutifs tient à ce qu'en arrière de la lésion (rétrécissement ou insuffisance aortique) se trouve le ventricule gauche, dont la puissance impulsive, accrue par l'obstacle même, joue pendant un certain temps un rôle compensateur. Il semble donc que les lésions de l'orifice aortique soient moins immédiatement redoutables que celles de l'orifice mitral; mais le fait est loin d'avoir été démontré et dépend, en réalité, d'un grand nombre de conditions intrinsèques et extrinsèques au cœur: ainsi, par exemple, du degré du rétrécissement ou de l'insuffisance, de la validité du muscle cardiaque et de l'état actuel de- vaisseaux de la petite comme de la grande circulation. J'ai essayé de vous du c