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H15M0RRHAGIES PAR LES BAINS FROIDS

non pas immédiatement après le bain et par syncope, mais consécutivement à celle-ci. Voici le cas observé par M. Maurice Raynaud : «Il y a dix jours, nous perdions un de nos malades dans un collapsus dont rien ne put le tirer; la veille, il avait eu, dans le bain froid, une syncope qui faillit le luer immédiatement. Or l'examen microscopique nous a montré que les fibres du cœur étaient parfaitement saines et que le traitement seul devait être mis en cause. »

Ainsi, syncope grave, syncope mortelle, ou collapsus mortel après syncope, voilà qui est reconnu, confessé par les partisans mêmes de la méthode de Brand ; et ces accidents formidables, absolument dus à la médication, sont également signalés par le professeur Bondet, de Lyon. Voilà qui n'est pas contestable.

D'autres accidents immédiats sont également le résultat non moins incontestable du brusque refoulement du sang de la périphérie vers les centres. Ainsi : les hémorrhagies, les pklegmasies et les congestions.

Le professeur Biermer, de Zurich, a constaté que les hémor^ rhagies intestinales étaient plus fréquentes chez les dothiénentériques traités par la méthode de Brand que chez ceux qui l'avaient été autrement, et, ajoute-t-il, c'est à cet accident que la 77iort peut être attribuée dans la majorité des cas.

C'est par des hémorrhagies intestinales consécutives aux bains froids que la mort survint et avec hyper thermie de 41 ",3 chez une malade traitée par un professeur de clinique médicale de la Faculté de Paris. C'est également par hémorrhagie intestinale que succomba, à l'hôpital militaire, un malade observé par le docteur LerebouUet, atteint d'une fièvre typhoïde moyennement intense; il est bientôt pris de toux dans le bain (à 28 degrés) et rejette des crachats hémoptoiques ; on le retire du bain, et, à la sortie de l'eau, il a une hémorrhagie intestinale d'une formidable abondance, à laquelle il succombe au bout d'une demi-heure. Il est bien évident que ces deux hémorrhagies, pulmonaire et intestinale, sont dues à la môme cause, un réflexe évoqué parle froid.

Chez d'autres malades, l'hémorrhagie immédiate après le bain

était une épistaxis, d'une abondance telle, qu'on dut recourir au

tamponnement. D'ailleurs, presque immédiatement après l'épi- Peter. — Clin. méd. m. — 17

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staxis, il y eut une entérori-hagie d'une abondance exceptionnelle et qui fut mortelle chez un de ces malades. Ici encore le réflexe a frigoi'e engendra, deux hémorrhagies successives.

S'il est un accident rare dans la fièvre typhoïde, c'est V/tthnopiysie;e]\ bien, celte hémoptysie a été observée consécutivement aux bains froids chez des dothiénentériques, et cette hémoptysie était l'expression symptomatique d'une lésion également rare : Vapoplexie pulmonaire, dont la pathogénie se conçoit d'ailleurs si facilement alors.

Un accident immédiat de pathogénie semblable, avec ou sans hémoptysie, c'est la congestion pulmonaire, je dis la congestion pulmonaire bilatérale, foudroyante et brusquement mortelle. C'est de cette façon que mourut une jeune fille, traitée par un de nos savants agrégés de Paris, suivant la méthode de Brand.

A la sortie d'un bain froid, elle fut prise d'étouffement, de crachements de sang, puis la dyspnée devint de l'orthopnée,' et la malade mourut au bout de six heures. « Yous ne l'avez pas saignée! » dis-je très ému à mon collègue. On n'y avait point songé.

Je cite ce fait parce que j'en connais les détails. D'autres m'ont été signalés qui prouvent que l'accident n'est pas rare; M. Bondet (de Lyon) mentionne également, dans sa communication à l'Académie, des faits de congestion et d'apoplexie pulmonaires consécutives à la médication par la méthode de Brand.

« Il faut, dit judicieusement M. Bondet, dans l'emploi de la méthode de Brand, surveiller attentivement son malade et, tout spécialement, l'action du bain sur la respiration.

« J'ai perdu tout dernièrement, dit-il, un malade dans les conditions suivantes : il a succombé à des symptômes d'apoplexie par congestion pulmonaire intense et généralisée. A l'autopsie, nous avons pu constater sur les deux poumons, fortement tuméfiés, une teinte violacée lie de vin foncée ; chaque section de ces organes laissait suinter un liquide plutôt sanglant que sanguinolent. Par deux fois, au sortir du bain, le malade avait présenté des symptômes d'apoplexie pour lesquels l'interne de garde avait été appelé. Les bains froids furent suspen-

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