‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 123 sur 287 · CENT NEUVIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

CENT NEUVIÈME LEÇON

séries diphlhériques à progression croissante ou décroissante. — La dipli- Ihérie récidive volontiers ; n'est, par conséquent, ni vaccinante ni vaccinable. — Bacille de Klebs sans diplitliérie (ou non virulent), avec diplilliérie légère (peu virulent), ou grave (très virulent), au liasard des organismes. — Ce qu'il faut penser de l'angine herpétique. — Traitement de la diplitliérie. — Diplitliérie plus fréquente depuis un derai-siècle.

Messieurs,

A pi'opos d'un malade atteint d'angine diphthérique d'intensité moyenne que vous venez de voir, je voudrais vous montrer et vous faire toucher du doigt et de l'œil, pour ainsi dire, par l'histoire de plusieurs malades qui ont passé dans nos salles depuis deux mois, la loi suivant laquelle s'établissent les séries morbides à progression croissante ou décroissante, et cela dans une maladie aussi spécifique qu'est la diphthérie.

Je vous montrerai que dans le même milieu, sous la même influence, nous rencontrons des angines bien différentes, quant à l'aspect, quant à la gravité et quant à la terminaison. Vous observerez, en effet, là où se développe la diphthérie, des angines simples, calarrhales ; des angines plus intenses avec léger exsudât membraneux, et qui guérissent rapidement; des angines couenneuses plus graves, mais qui restent localisées à la gorge, sans envahir les voies respiratoires ; enfin une diphthérie très grave, qui envahit le pharynx, le larynx, les voies respiratoires, et qui entraîne la mort ; ou qui, sans envahissement des voies de l'air, tue par toxémie. Vous verrez aussi tantôt des diphthéries

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graves donner lieu à des diplUhéries légères, et tantôt, inversement, des cas légers donner naissance à des diplilhéries mortelles.

Le malade dont je veux d'abord vous parler est un gardien de la paix, robuste ; or, ce qu'il y a d'intéressant dans son histoire, c'est que Vapparition de la dipldhérie pharyngée a été précédée d'une longue période calarrhale. Depuis le 14 avril, il avait un coryza intense, un peu d'angine, une bronchite légère ; l'état général n'était pas altéré, et il put continuer son service jusqu'au 29 avril. A cette date, apparaissent des maux de tôle, de la douleur à la nuque, de la courbature générale ; il est obligé de suspendre son service et d'appeler un médecin. On constate alors une rougeur vive de tout le fond de la gorge, avec gonflement des amygdales, gêne de la déglutition, fièvre intense. Les jours suivants, persistance de l'angine catarrhale, le malade ne mange pas, la courbature augmente.

Le 2 mai, le médecin constate une plaque blanchâtre sur l'amygdale droite et le pilier antérieur du voile du palais, et envoie le malade à l'hôpital. La diphlhérie n'était plus douteuse. — Notez bien cette extension de la fausse membrane au voile du palais ; c'est un signe auquel vous devez attacher une grande importance dans le diagnostic de la diphlhérie. Toute amygdalile peut provoquer la prolifération exagérée de l'épithélium glandulaire qui caractérise l'angine pultacée ; mais il n'y a que la fausse membrane diphthérique qui envahisse le voile du palais, l'angine pultacée reste localisée aux follicules de l'amygdale.

A l'entrée du malade à l'hôpital, nous constatons une plaque diphthérique du diamètre d'une pièce de cinquante centimes, s'étendant de la moitié antérieure de l'amygdale droite sur le pilier antérieur du voile du palais, et venant se fondre peu à peu avec la rougeur du fond de la gorge, par une mince mera^ brane opalescente.

Le lendemain, la fausse membrane, que nous avions détachée le soir, s'est reproduite, et présente une coloration blanchâtre, lisse, caractéristique. L'état général est bon ; le malade n'a pas de fièvre, la voix n'est pas altérée, aucune gène respiratoire.

Le S mai, les fausses mcmbranès ne se reproduisent que très lentement, n'ont pas de tendance à s'étendre ; l'état général est

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