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ANGINE CATARRHALE PUIS DIPHTHÉRIQUE

satisfaisant, l'amélioration est manifeste. C'est un cas d'angine diphthéi'iquc qui va guérir en peu de jours.

Maintenant, quelle a été l'origine de la diphthérie de Ce gardien de la paix ? La voici : la petite tille du malade, enfant de deux ans, a été amenée à ma crèche de l'hôpital Neckcr il y a deux mois, présentant une angine amygdalienne avec exsudât blanchâtre, et, de plus, une petite plaque blanche au niveail du frein de la langue. C'était là un indice précieux, car l'angine seule'ne permettait pas d'affirmer la diphthérie ; mais la petite plaque sur la muqueuse linguale affirmait la nature de la maladie.

Nous avons observé cette enfant à la crèche; l'angine qui envahit ensuite le voile du palais fut très bénigne^ le larynx ne fut pas touché, et, en huit jours, la petite malade reprit son bon état général ; l'appétit revint, les fausses membranes disparurent, et elle quitta l'hôpital complètement guérie.

Cette enfant avait recouvré son excellente santé quand, il y a quatre jours, elle a été reprise de symptômes d'angine, avec perte de l'appétit, abattement, fièvre. On la porta à l'hôpital des Enfants, 011 l'on reconnut une angine diphthérique non douteuse et sévère. L'enfant fut placée dans le pavillon des diphthéries. Pas plus qu'à la première atteinte, l'angine diphthérique ne s'est étendue au larynx, et l'enfant a guéri une fois encore.

Cette observation nous montre une récidive de diphthérie dans l'espace de deux mois ; or, vous constaterez souvent ce faitqu'on a d'autant plus de tendance à contracter la diphthérie, qu'on en a déjà été atteint une première fois ? Il y a là quelque chose d'analogue à ce que nous observons pour l'érysipèle, qui est, lui aussi, une maladie « à répétition ». D'où cette conclusion que chercher et espérer trouvei' la vaccination d'une maladie qui frappe plusieurs fois le même individu, c'est faire acte d'ignorance et complètement méconnaîtl-e les enseignements de la clinique.

Remarquez encore, dans l'histoire de notre gardien de la paix, la longue période catarrhale qui a précédé l'apparition de la fausse membrane; il faut voir là le^ésultat de la constitution saisonnière spéciale que nous traversons, qui fait naître des catarrhes simples, des catarrhes compliqués d'une éruption : c'est

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la « rougeole » (1), et des catarrhes avec exsudât pseudo-membraneux, c'est-à-dire r« angine diphlhérique » .

Je vais vous parler maintenant d'une autre série d'angines diphthériques que nous avons observée au mois de mars. Je commence par la femme couchée au lit ^24 de la salle Trousseau. C'est la femme de l'employé du Chemin de fer de l'Ouest que nous avons soigné également pour la diphlhérie. Cette femme était maigre, chétive, avec adénites cervicales chroniques, et ayant de fréquentes angines. Or, deux de ses enfants étaient morts de diphthérie à l'hôpital des Enfants, quinze jours avant son entrée chez nous. D'autre part, son mari avait eu, huit jours avant elle, une angine diphthérique d'intensité moyenne, dont il a guéri. Ici donc, nous voyons deux diphthéries très graves donner naissance à deux diphthéries bénignes.

Voici, d'ailleurs, l'observation de la mère, dont l'angine diphthérique fut si légère.

Le premier jour, on ne constate que de la rougeur de l'isthme du gosier et des amygdales, avec un léger enduit opalescent à droite. On hésite entre une angine simple et la diphthérie.

Le lendemain, la plaque opalescente est plus blanche, elle envahit le pilier antérieur du voile du palais, et adhère fortement à la muqueuse sous-jacente. Quand on cherche à détacher la fausse membrane, on fait saigner la muqueuse. C'est là encore un signe des plus importants pour le diagnostic : l'enduit pultacé s'enlève facilement sans provoquer l'hémorrhagie de la muqueuse sousjacente; ce qu'on enlève, en effet, n'est que de l'épithélium mort, desquamé, qui prend une teinte blanc grisâtre, et qui séjourne sur l'amygdale sans y adhérer. Dans l'angine diphthérique, au contraire, si légèrement qu'on s'y prenne, l'ablation de la fausse membrane dénude le derme, et il saigne, si mince qu'ait été l'enduit pseudo-membraneux.

Malgré son caractère nettement diphthérique chez cette femme, le lendemain, la fausse membrane détachée ne se reproduit plus, l'état général est excellent, et en quatre jours toute trace d'angine a disparu.

(1) Voir plus haut les legons sur les Cotislilutions médicales, p. 177 et 1S7.

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