TRAITEMENT DE LA DIPHTHÉRIE
tout à coup la forme la plus grave et entraîner la morl au milieu des accidents les plus pernicieux?
De ce qu'il y a des vésicules d'herpès à la lèvre, s'ensuit-il qu'il y a de môme des vésicules d'herpès à la gorgô? Mais j'ai vu l'angine diphthérique la plus évidemment toxique , avec l'herpès labialis le mieux caractérisé, et cela suffit pour juger la question (1).
C'est donc une mauvaise chose d'avoir une fausse membrane dans la gorge, et de tout temps on s'est efforcé de la détruire. Les anciens y employaient le « mel cupratum » (vert-de-gris et miel); Boerhaave se servait d'« esprit de sel ». L'acide chlorhydrique détruit bien la fausse membrane, mais son emploi est dangereux. Si une goutte d'acide tombe dans le larynx, elle peut y déterminer une violente inflammation et de l'œdème laryngé.
Un traitement simple et sans danger consiste à toucher la fausse membrane avec un acide végétal, un pinceau imbibé de jus de citron, par exemple. Il faut imbiber légèrement le pinceau et gratter fortement la muqueuse, qu'on cherchera à dénuder. On fera ensuite une irrigation avec l'irrigateur vulgaire, en faisant incliner la tête du malade sur une cuvette ; pas une goutte ne tombera dans le larynx du malade, car le jet du liquide provoque une sorte d'érection du voile du palais qui ferme l'arrière-gorge. Pour ces lavages, vous emploierez soit la solution d'acide phénique au deux-millième, soit l'eau boriquée à 4 pour 100.
Yous pourrez également employer le traitement du docteur Gaucher, rationnel autant qu'énergique, qui consiste à détacher la fausse membrane avec un pinceau rude, et à appliquer sur la muqueuse ainsi dénudée la solution suivante :
Camphre
Alcool
Acide phôniqiio Huilo de ricin.
Acide Larti'iquc
20 grammes.
(t)Tout ce que je dis là sur \a.nature delà diplilhérie, je l'ai écrit, dès 185S, dans le Mémoire couronné par la FaculLÔ (p. 143 à 140).- Apri^s trente'-trois ans' je n'ai rien à y changer. '
364 LES DIPHTHÉRISÉS.
Le cubôbe ou mieux l'extrait de cubôbe s'adresse efficacement à l'élément catarrhal de la dipbthérie.
Vous n'oublierez pas de soutenir l'état général de vos malades par dés potions cordiales, des excitants, tels que le café et les vins généreux ; vous souvenant toujours que c'est le grand organisme vivant qui modifie la maladie, et qui crée ces séries morbides bénignes ou graves, que je vous ai décrites.
Je crois devoir vous signaler ici le résultat des recherches les plus récentes sur la diphthérie. On y verra des conclusions bien étranges, telles, par exemple, que l'aggravation de la diphthérie coïncidant avec des travaux d'assainissement.
Dans le Congrès international d'hygiène de Londres en 1891, on a étudié la distribution géographique de la diphthérie et les causes de sa prédilection pour certains pays.
Le docteur Edward Seaton, en se basant sur des recherches de cinq années dans les hôpitaux du Metropolitan Asylum's Board, établit qu'aucun climat ne paraît conférer l'immunité contre cette maladie. Toutefois, elle fait moins de victimes dans les pays chauds. Depuis le commencement du siècle, ses foyers de prédilection semblent être la France et les États-Unis (Minnesota).
En Angleterre, à l'origine, la maladie était plus répandue à la campagne que dans les villes ; mais, depuis quelques années, sa fréquence augmente dans des proportions considérables parmi les populations agglomérées.
Un autre fait remarquable, c'est que, depuis quinze ans — contrairement à ce qui s'observe pour la fièvre typhoïde — la mortalité par diphthérie a augmenté au fur et à mesure que des travaux importants d'assainissement ont été entrepris dans les grands centres. (Distribution d'eaux potables ; canalisation pour les égouts.)
M. Seaton n'est pas loin de penser que les hygiénistes s'abusent, lorsqu'ils affirment que la maladie peut être influencée d'une manière quelconque par les conditions sanitaires d'une localité donnée. Parmi les exemples qu'il cite ;\ l'appui de sa thèse, se trouve celui d'un petit village des environs de Londres,