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CENT ONZIÈME LEÇON

Le choléra infantile.

IiTilation directe de l'estomac et réflexes multiples consécutifs. — Denlilion, sevrage, alimentation grossiûre et indigeste. — Diarrhée verte, choléra infantile et microbes.

Messieurs,

Voici ce que l'observation clinique nous enseigne : sous l'influence soit d'une alimentation mauvaise (lait altéré dans le biberon ou par le fait d'une maladie de la mère), soit d'une alimentation indigeste, c'est-à-dire indigérable en raison des inaptitudes actuelles de l'appareil digestif de l'enfant (au moment du sevrage, surtout s'il est brusque ou prématuré), l'enfant a d'abord de la diarrhée (quelquefois précédée de constipation) ; la diarrhée, jaune au début, est bientôt verte (le fait est plus grave, et les mères le savent bien) ; puis il y a des vomissements.

L'enfant peut mourir de sa diarrhée, et l'on dit alors qu'il est mort d'(( entérocolite ». Si la vie de l'enfant se prolonge, et qu'il succombe avec des vomissements, des crampes douloureuses, des cris plaintifs, du refroidissement, de la cyanose et l'aspect cholérique, on dit qu'il a eu le « choléra infantile ».

Eh bien, j'en suis fâché pour les nosographes et les spcciflcistes, mais le choléra dit « infantile» est le dernier stade d'une maladie dont la diarrhée verte est le premier.

DENTITION ET SKVRAGE. '379

La suite de ces leçons le prouvera, j'espère.

Choléra veut dire « Ilux de bile » (/oX-/], péo)), non par simple fluxion du foie, mais par irritation de l'appareil digestif avep hypercmie consécutive du foie.

L'inflammation de l'intestin exerce une action non douteuse sur le plexus solaire, et une série de réflexes en est la cons(^quence; mais ce plexus peut être primitivement frappé.

Le phénomène si simple de la dentilion produit des réflexes d'une importance capitale.

A une autre période de la vie du petit enfant, au moment du sevrage, des accidents analogues peuvent avoir lieu. L'appareil digestif reçoit alors des substances auxquelles il n'est point accoutumé ; si elles sont d'une digestion difficile, l'estomac devient douloureux, des vomissements - apparaissent, puis surviennent de la diarrhée cholériforme, des crampes et le refroidissement des extrémités.

De cinq ans à sept ans environ, les mômes accidents réflexes peuvent être observés par gastro-entérite : phlogose avec troubles digestifs, douleur, diarrhée, vomissements, etc.; c'est Je choléra des enfants du second âge. Nous comprenons ainsi comment, sous l'influence de l'irritation d'un point quelconque de l'appareil digestif, des phénomènes très graves peuventsurgir.

Je suis donc avec ceux des nosologistes qui placent dans l'irrir talion, dans la phlogose intestinale, le point de départ des accidents du choléra infantile, du choléra européen et du choléra asiatique ; d'autres, au contraire, ont fait du choléra indien un flux séreux, du choléra morbus européen un flux bilieux, et dp choléra infantile une gastro-entérite.

Les données étiologiques sont ici de la plus haute importance.

Occupons-nous d'abord à\x choléra infantile. Les causes sont la dentition, le sevrage et une mauvaise; alimentation, auxquels s'ajoutent trop souvent la misère, le logis trop étroit et l'encombrement.

La dentition, vous le savez, produit des réflexes capables d'amener l'hypersécrétion des glandes salivaires d'abord, d'où la salivation, et des glandules gastro-intestinales ensuite, d'où la diarrhée de la dentition.

Dans le sevrage brusquement opéré, il se passe des phénomènes d'un autre ordre. L'estomac est habitué au lail, aussi peul-il être irriLé par la présence dans sa cavité d'aliments d'une autre nature. De sorte qu'au lieu de garde-robes régulières, au nombre de deux ou trois en vingt-quatre heures, l'enfant est alors constipé ; il a mal digéré les aliments auxquels son estomac n'est pas habitué ; il indigère ce qu'il mange. Au bout d'un certain nombre de jours, il vomit : ce sont d'abord des matières alimentaires, puis muqueuses et enfin bilieuses, par irritation du foie, de proche en proche; enfin diarrhée et parfois lienlérie ; le tout sans grande perturbation de l'organisme d'abord. Puis, l'enfant perd sa gaieté, et au bout de deux ou trois jours, des phénomènes graves éclatent : vomissements bilieux incessants, selles bilieuses et glaireuses, et, dans certains cas, incontestablement et quoi qu'on en ait dit, des matières séreuses presque riziformes.

Après le vomissement des aliments, il y a eu le rejet de la bile. Pourquoi? par polycholie, c'est-à-dire que l'irritation s'est transmise aux voies biliaires intra-hépatiques, puis aux acini, et enfin aux cellules. 11 y a eu des selles muqueuses, c'est-à-dire hyperémie des glandes de l'intestin ; un degré de plus et ce sont des selles séreuses; les liquides sécrétés sont rejetés avec les cellules épilhéliales desquamées. Yoilà déjà des symptômes du choléra.

Supposez que l'enfant soit plus âgé, pauvre, et quil ait été gavé d'aliments indigestes, restant un certain temps par conséquent dans le tube digestif, d'où hyperémie de contact ; au bout d'un temps indéterminé, il y a intolérance absolue, vomissements, diarrhée, en un mot, choléra infantile.

Dans tous ces cas, il y a eu pour point de départ des perturbations digestives une irritation : irritation physiologique, la dentition ; irritation presque pathologique, le sevrage, et une irritation tout à fait pathologique, la mauvaise alimentation.

Quand les enfants succombent, on ne trouve presque pas de lésions, surtout quand la mort a été brusque, ce qui est assez fréquent. La membrane de l'estomac a pris un aspect rosé ; la spoliation, en effet, produit un état d'anémie qui atténue l'by-

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