IRRITATION DU PLEXUS SOLAIRE ET RÉFLEXES
perémie due àl'hypercrinie. Si la maladie a duré quelques jours, on observe à la surface de l'intestin grôle, de la valvule au jéjunum, de petites saillies résistantes constituées par l'hypertrophie des glandules : on dit alors qu'il y a « psorentérie » , c'est-à-dire que ces glandes ont augmenté de volume par le fait de l'hyperémie et de l'hypercrinie ; le foie est plus volumineux, pour les mêmes raisons.
Les symptômes sont variables suivant les cas ; le plus souvent ce sont ceux de la gastro-entérite qui dominent : malaise, langueur, inappétence, vomissements avec douleur épigastrique, déjections muqueuses et bilieuses.
L'enfant qui ne parle pas, ne dit pas, naturellement, de quel organe il souffre; mais si, avec le doigt, vous appuyez sur i'épigastre, immédiatement vous voyez les muscles de son visage se contracter et vous l'entendez pousser des cris plaintifs' Souvent ceux-ci sont spontanés et incessants, et les médecins habitués peuvent faire, en les entendant, le diagnostic à dislance.
Tous ces symptômes peuvent évoluer et se succéder très rapidement, parfois en vingt-quatre heures. C'est alors aussi qu'apparaissent les phénomènes réflexes particuliers à l'appareil digestif; la faiblesse de l'enfant est hors de proportion avec les vomissements et la diarrhée ; on le laisse au lit, on ne peut le tenir sur les bras, tant sont grande la faiblesse et profonde la perturbation du système nerveux. La pâleur est excessive, le pouls est petit, fréquent ; ce qui veut dire qu'il y a tout à la fois réflexe du côté des vaso-moteurs, d'où la petitesse du pouls, et réflexe sur le plexus cardiaque, déterminant son accélération.
Cet enfant, avec son irritation et ses troubles fonctionnels de l'appareil digestif, présente, de par le fait de son plexus solaire, des phénomènes réflexes sur les vaso-moteurs par la voie du sympathique évidemment, et en même temps des réflexes sur son sympathique cardiaque. Il y a également des réflexes du côté de tous les petits vaisseaux ; aussi moins de sang, moins de rougeur, d'où la pâleur et le ratalinement des traits, qui ne doivent pas être attribués à la déperdition séreuse par les selles, car on peut les observer chez des enfants ayant à peine perdu 200 grammes de liquide.
En vingUqualre heures, l'enfaiU est devenu méconnaissable, môme pour ses parents, '
« La physionomie de l'enfanl change loul à coup, dil Trousseau. En voyant le malade, vous Êtes tout de suite frappé de l'excavation profonde des yeux, dont les paupières inférieures sont cernées d'un cercle bleuâtre. Vous le trouvez poussant des cris incessants, souvent étouffés, car le timbre de la voix est altéré, comme il l'est dans le choléra asiatique, à un moindre degré, il est vrai ; la peaii s'est refroidie, ce sont là les phénomènes qui, survenant brusquement, ont effrayé à juste titre la famille, qui, la veille encore et môme un moment avant qu'ils apparussent, s'alarmait peu de la diarrhée (1). »
La soif est vive, inextinguible ; à peine les liquides sont-ils ingérés qu'ils sont immédiatement rejetés.
Le pouls est petit et fréquent pour les raisons que nous avons données, mais il n'y a pas encore de fièvre; celle-ci n'apparaît que plus tard, alors qu'il y a une véritable phlegmasie de l'appareil digestif.
Indépendamment des réflexes précédents, il en existe d'autres, ce sont les crampes.
Dans quelques cas, il ne se produit pas de selles séreuses, à cause de la rapidité de la mort ; si la maladie dure un peu plus longtemps, il peut y avoir des selles riziformes; les garde-robes et les vomissements deviennent incessants; le refroidissement périphérique est très accusé, il y a de la cyanose par contracture des petits vaisseaux et, par suite, de la difficulté de l'hématose, par contracture des pciits vaisseaux du poumon. Cela est si vrai, que quand un enfant a succombé à la forme cynnique, à l'autopsie on peut trouver les poumons presque exsangues:
Dans les dernières heures de la Vie survient souvent un hoquet continuel ; or, le hoquet, c'est une convulsion du diaphragme ; encore un phénomène réflexe. Ce n'est pas tout, l'enfant peut succomber au milieu de convulsions éclamptiques; phénomènes convulsifs encore, mais généralisés.
Vous pouvez voir combien celle petite maladie si dramatique
(1) Trousseau, Clinique médicale, I. 111, p. 132.