‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 135 sur 287 · SYMPTOMES , DU CHOLÉRA INFANTILE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES , DU CHOLÉRA INFANTILE

par ses symptômes cl sa terminaison, offre de sujets de méditalion au point de vue clinique et patliogénique.

Elle est presque toujours morlclle si elle survient dans les douze ou quinze premiers jours de la vie; plus tard, elle est un peu moins grave.

Si le malade survit aux accidents cholériques proprement dits, ((la maladie entre alors dans une nouvelle période, dit Trousseau, la (t période typhique » analogue à la période typhique du choléra morbus asiatique, mais caractérisée par des symptômes particuliers, très différents de ceux que l'on observe dans celui-ci ».

(Ces symptômes, suivant moi, ne diffèrent quelque peu qu'en raison de l'âge du malade, et cela ne suffit pas à différencier les deux affections.)

« Quelquefois, dit encore Trousseau, les vomissements cessent, et simultanément les garde-robes diarrliéiques reparaissent. Elles ont une coloration bilieuse plus ou moins foncée; elles sont quelquefois glaireuses, sanguinolentes, et même elles peuvent être purulentes, rappelant tout à fait celles de la dysenterie épidémique ; alors le ballonnement du ventre diminue un peu sans disparaître complètement.

« Au moment où ces accidents fébriles se manifestent, l'enfant tombe dans la stupeur. Cette stupeur, ces yeux injectés et renversés sous la paupière supérieure, lui donnent l'apparence d'un individu atteint de la fièvre cérébrale ; cette apparence est d'autant plus trompeuse, que le malade pousse de temps en temps ce cri plaintif qui rappelle le cri hydrencéphalique, et que l'on peut produire la tache cérébrale comme dans l'encéphaloméningite.

« J'ai dit, continue Trousseau, que le choléra infantile emportait quelquefois les enfants en très peu de temps. Il est rare que la période algide dure au delà de vingt-quatre ou trente-six heures sans amener cette terminaison fatale.

« Quand les évacuations diminuent sensiblement, la vie se prolonge et la période typhique peut durer trois, quatre, cinq, six, sept, huit jours même (I). »

(!) Trousseau, IhuL, I. HI, p. 133.

Dans la période d'élal cholérique, le diagnostic s'impose ; le choléra infantile ne ressemble à rien qu'à lui-môme. Peut-être un empoisonnement pourrait-il donner lieu à quelques-uns de ses symptômes, l'empoisonnement par le laudanum, par exemple ; mais alors les pupilles sont contractées, il y a de la torpeur et du coma. Une substance corrosive a pu être ingérée, mais il y a, dans ce cas, désorganisation des tissus des premières voies.

Le p7'onostic est iniiniment grave, je viens de le dire, surtout si l'enfant est chétif.

Pour le traitement, fiez-vous à la révulsion, puisqu'il s'agit d'une gastro-entérite primitive, ou, tout au moins, d'une vive irritation de l'estomac, de l'intestin et du plexus solaire. Si l'enfant est robuste, mettez deux sangsues au creux épigastrique; s'il ne l'est pas assez, contentez-vous d'un vésicatoire. C'est ce que vous me voyez pratiquer dans ma crèche.

Dans un cas, qui me touchait de fort près, j'eus à soigner un enfant qu'on venait de sevrer et qui fut bientôt pris de constipation, de vomissements, puis de diarrhée. Contre les vomissements, on avait donné la potion de Rivière et du laudanum; l'enfant était engourdi, mais non la maladie ; puis du bismuth, mais que pouvait cette substance contre une diarrhée d'origine inflammatoire. De cette façon, trente-six heures s'étaient déjà écoulées dans une maladie qui souvent se termine en quarantehuit heures. C'est alors que j'intervins, et à cet enfant débile, qui vomissait incessamment, je faisais appliquer, à l'épigastre et pendant deux heures, un vésicatoire de 3 centimètres sur 5. Les vomissements s'arrêtèrent aussitôt, il en fut de même de la diarrhée. Pourquoi? parce que je m'étais adressé à l'organe en souffrance, à l'estomac et au plexus solaire.

Ce petit malade ne mourut pas, bien qu'il restât longtemps comme moribond ; c'est là encore une des conséquences de celte redoutable maladie. La difficulté était de le nourrir ; dès qu'une substance alimentaire pénétrait dans l'estomac, elle provoquait une révolte qui se traduisait par un hoquet répété. Je ne parvins à l'alimenter qu'en lui faisant prendre toutes les cinq à dix minutes trois cuillerées à café de lait d'ànesse (deux grands verres environ par jour), et deux à trois cuillerées à café de vin de Ma-

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