KOCH RÉPUTÉ PAR STRAUS. '"«S
sous-muqueuse, sans jamais pénétrer clans les vaisseaux sanguins ni dans la luniquc musculeusc. »
(Mais les bactéridies du charbon se trouvent dans le sang ; dans le choléra, vous n'avez jamais pu en rencontrer et vous voulez que ce soient ces bacilles si variés qui causent l'infection. C'est incompréhensible I )
(! De ces constatations anatomiques, nous n'avions pas cru pouvoir tirer des conclusions positives sur la cause de la maladie. Sans doute, le peu de temps qui s'était écoulé entre le moment de la mort et celui de l'autopsie permettait d'affirmer qu'il ne s'agissait pas d'un processus cadavérique. Mais, sur le vivant, une muqueuse dépouillée d'épithélium, comme celle de l'intestin dans le choléra, ne peut-elle pas être aisément envahie par les organismes contenus dans les liquides qui la baignent. »
(Qu'est-ce qui a donc amené la chute de cet épithélium? La muqueuse était donc malade avant que les microbes apparussent ? Ce n'est donc pas le microbe qui est cause de cette alté- Tation.)
« La variété des microbes que l'on constatait dans les préparations devait éveiller au plus haut point le soupçon d'une invasion secondaire de l'intestin. »
(Ce mot «secondaire» est souligné dans le travailde M. Straus ; retenez-le bien, c'est la condamnation de tout le système, c'est l'aveu que les microbes étaient consécutifs aux lésions, consécutifs à la maladie, au lieu d'en être la cause.)
« S'il existait réellement, disions-nous, entre l'un de ces microbes trouvés dans les tuniques intestinales et le choléra, une relation de cause à effet, le microbe devrait se rencontrer dans TOUTES les autopsies de cholériques. C'est ce qui ne s'est pas présenté dans nos recherches. Nous avons observé la présence, dans la muqueuse intestinale, de microorganismes, surtout dans les cas de choléra qui s étaient prolongés et qui s'accompagnaient d'un piqueté hémorrhagique de l'intestin. Dans trois cas de choléra foudroyant, où les sujets avaient été emportés en dix ;\ vingt heures, et où l'intestin était plutôt pâle que congestionné, il nous a été impossible de constater, dans les tuniques intestinales,
la présence appi'éciable de microorganismes... Dans un autre cas I'etck. — dm. mdd. ,„ c)u
suraigu, le nombre des bacilles était 1res faible et il fallait un grand nombre de coupes pour en déceler quelques-uns. Or, c'est précisément dans ces cas suraigus, où la maladie revôt son intensité la plus grande, que la présence d'un microbe dans la muqueuse intestinale, si elle était réellement primitive et caractéristique, devrait aussi se révéler avec le plus de netteté et d'intensité. »
(Je ne pouvais, messieurs, vous citer d'argumentation plus probante en faveur de ma doctrine, à savoir que le bacille est l'effet et non la cause. Si le bacille est la cause de la maladie, il doit être d'autant plus facile à trouver, en nombre d'autant plus considérable, que la maladie est plus intense. C'est tout le contraire : dans les cas foudroyants, qui tuent en quelques heures, on n'a pu le découvrir. C'est que, dirai-je, « il n'a pas eu le temps de se produire ».)
« Pour M. Kocb, le choléra est caractérisé, en Egypte aussi bien que dans l'Inde, par la présence constante, dans la muqueuse de l'intestin grêle, d'un bacille caractéristique, rappelant celui de la morve.
« Les nouvelles observations que nous avons faites à Toulon confirment pleinement celles que nous avions faites en Égj'pte.
« Dans la muqueuse intestinale d'un certain nombre de cholériques, on rencontre les organismes les plus divers, surtout dans le cas oû la maladie s'est prolongée. Mais, dans les cas plus rapides, ils sont beaucoup moins nombreux, et, dans les cas suraigus, il est impossible de déceler leur présence. »
(Ainsi donc, on n'a jamais trouvé de microbes dans le sang; ils font défaut dans les cas foudroyants ; ils ont les mêmes ca<ractères que ceux de la «tuberculose » ou de la «morve». Voilà les données sur lesquelles on veut établir que le choléra est une maladie infectieuse, due à un microbe que l'on reconnaît être, le plus souvent, secondaii^e !)
« A défaut de la preuve directe que fournirait l'inoculation du microbe en virgule aux animaux, M. Koch s'est efforcé de montrer que l'organisme qu'il a décrit dans le choléra ne se rencontrait que dans l'intestin des cholériques, et jamais chez l'homme en santé ou chez l'homme atteint de maladies autres