FORMES CLINIQUES DU CHOLÉRA. INDIEN
tiendront remplacer ces neuf premiers quand celui de Koch aura disparu comme ses prédécesseurs.
Revenons à la clinique :
Le choléra indien se présente chez l'homme sous trois formes : i" làîovme muqueuse, qui est quelquefois bilieuse; 2» la forme séreuse; 3" la forme cyanique, ap^telée asphyxique par quelques auteurs.
La forme muqueuse est une desplusintéressantes; car, quand on l'observe en dehors des temps d'épidémie, on la méconnaît presque toujours. On dit que l'on est en présence d'un cas de catarrhe intestinal. C'est bien, en effet, sous la forme de catarrhe intestinal avec diarrhée bilieuse que se présente la forme muqueuse du choléra; mais il s'accompagne de -phénomènes énéraux que l'on ne rencontre pas dans les cas d'entérite, simple : fatigue et abattement rapides, prostration des forces, qui sont plus marqués que ne le feraient penser la nature et la fréquence encore peu considérable des garde-robes. De plu^ il y a une douleur plus ou moins intense localisée au creux épigaslrique et due à la perturbation du plexus solaire, de l'inap-i pétence, une soif parfois excessive, de temps à autre un léger hoquet plus ou moins fugitif, plus ou moins persistant. Les vomissements n'apparaissent qu'en seconde ligne; ils sont la caractéristique de ce catarrhe intestinal spécifique. A ce cortège symptomatique s'ajoutent du refroidissement, quelques crampes fugitives, la fréquence et la petitesse du pouls. Au bout de six à huit jours, la maladie peut guérir soit sous l'influence du traitement, soit spontanément ; ou bien, au contraire, les selles changent de caractère ; elles deviennent séreuses, et le malade passe du « choléra muqueux » au a choléra séreux ». La maladie a ainsi évolué par étapes successives chez le même malade, tandis que chez d'autres elle peut s'arrêter à ce premier degré a muqueux ».
Cette différence peut tenir à deux causes : soit à l'individu, soit à l'époque de l'épidémie. Il est en effet remarquable qu'après et avant l'apparition du choléra confirmé on observe un certain nombre de cas de diarrhée, c'est-à-dire de choléra muqueux, qui précèdent le choléra indien et persistent après sa disparition.
Aussi peut-on dire qu'une épidémie de choléra commence et finit par des formes atténuées.
Lorsque de choléra muqueux le malade passe au choléra séreux, ce degré plus avancé de la maladie se révèle par une modification des selles. Elles sont aqueuses et formées en réalité par l'eau du sang, mais non par le sérum proprement dit, car on n'y trouve pas les éléments complets du sérum. Dans ce liquide incolore et abondant nagent des corpuscules, dits «riziformes « et caractéristiques. Ils sont ainsi appelés parce qu'ils ressemblent à du riz cuit, ils sont blanchâtres et constitués par des amas de cellules épithéliales et de cellules de nouvelle formation, qui proviennent de la desquamation de l'épilhélium intestinal. — Les vomissements suivent de près, d'abord bilieux, riziformes ensuite. Le choléra séreux est constitué.
Le choléra confirmé s'accompagne de tous les signes caractéristiques : douleur abdominale vive, avec maximum au creux épigastrique ; réflexes de la plus haute importance se manifestant par des crampes très douloureuses des muscles de la vie de relation du côté des membres, inférieurs surtout. Signalées par tous les auteurs, ces crampes n'ont point reçu de tous l'interprétation qu'elles méritent. Elles ne sont point, évidemment, le fait de la spoliation, mais des réflexes dont le point de départ est une excitation des cordons antérieurs de la moelle.
A ces crampes des muscles de la vie de relation s'ajoutent des phénomènes de même ordre du côté des muscles de la vie végétative et qui se traduisent par la petitesse ou la disparition du pouls, la cyanose, l'excavation des orbites.
Pour les hydrauliciens, rien ne serait plus facile que d'expliquer la disparition du pouls dans le choléra. « Le pouls n'existe plus parce que l'individu ayant perdu la plus grande partie de son sérum, le sang est épaissi et ne circule qu'en faible ondée. » Soit ; il y a cet épaississement dans un certain nombre de cas ; mais comment expliquer la faiblesse ou la disparition du pouls dans les cas de choléra sec, foudroyant, où les malades meurent en quelques heures, ayant eu à peine quelques garde-robes? Ce n'est pas ici Veau en moins, mais la contracture vasculaire en plus qui fait disparaître le pouls.