‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 160 sur 287 · TÉTANOS VASCULAIRE RÉFLEXE · texte numérisé non relu

TÉTANOS VASCULAIRE RÉFLEXE

Ce n'est pas là un fait isolé : des analogues s'en trouvent dans la pathologie. Que sont les phénomènes qui se passent dans l'étranglement herniaire ou dans l'étranglement interne, sinon des phénomènes crampoïdes, expression de l'irritation douloureuse des filets nerveux de l'intestin pincé? Mais ces nerfs viennent du plexus solaire ; or, toutes les fois que ce plexus est irrité, des réflexes se produisent du sympatoique solav-e sur le sympathique vaso-moteur, un inouvement vasculaire a lieu, qui va progressivement jusqu'à la contracture, suivant l'intensité et la durée de l'irritation du sympathique solaire : il y a alors tétanos vasculaire. Ce tétanos interne et de cause viscérale est au système du grand sympathique ce que le tétanos externe et de cause périphérique est au système nerveux de la vie de relation : irritation des filets émanant du premier système, tétanos vasculaire (i); irritation'; portant sur les filets du second, tétanos vulgaire. J'ajoute;que les crampes qui se produisent dans l'irritalion du plexus solaire sont un retentissement du même ordre, mais sur les muscles de la vie de relation.

Ainsi se crée cet ensemble symptomatique (petitesse du pouls, refroidissement périphérique, faciès hippocratique, etc.) dans l'explication duquel n'a point à intervenir une spoliation séreuse, puisque celle-ci peut n'avoir pas eu lieu.

En outre des réflexes sur le sympathique vaso-moteur proi venant du plexus^solaire, on observe aussi dans le choléra des I palpitations, de la dyspnée, indices de la perturbation du plexus [cardiaque et du plexus pulmonaire. Le malade est agité souvent [etjpousse parfois des cris plaintifs continus.

Ces symptômes pulmonaires et cardiaques relèvent toujours Ide la même cause : de l'irritation du plexus solaire. En effet, |quand un des départements du grand sympathique est lésé, tout son système est atteint dans son ensemble, et il y a retentissement d'un plexus sur tous les autres. Ainsi s'expliquent lussi les vertiges ; car le pneumogastrique, qui contribue à

(1) L'asphyxie locale des extrémités (maladie de Maurice Raynaud) n'est pas autre chose qu'une contracture locale des muscles vasculaires par excitation des vaso-moteurs, tétanos vasculaire, on n'y songe pas assez. (Voir plus loin la leçon sur ce sujet.)

former le plexus solaire, irrité nécessairemenl quand Test celui-ci, réagit sur le bulbe.

L'haleine est froide et l'air expiré contient moins d'acide car- . bonique qu'à l'état normal. C'est que le sang, par suite de la contracture de l'artère pulmonaire, arrive en moins grande quantité dans le poumon; il y a, par suite, moins d'hématose et moins grande production d'acide carbonique ; c'est un phénomène chimique secondaire et forcé.

(Dans la période de réaction, sans que le malade ait pris des liquides en grande quantité, on voit, au bout de quelques heures, quelquefois brusquement, le tableau clinique changer complètement : le pouls devient perceptible, les vomissements et le hoquet cessent, le malade se réchauffe. Cette réapparition brusque du pouls ne peut être expliquée par la théorie hydraulique. Il s'est passé un phénomène d'ordre purement vital : le sang a repris son cours parce que la contracture des vaisseaux a cessé.)

En même temps que l'on constate cette disparition du pouls, on constate également l'intégrité de l'énergie des battements du cœur. Chez un jeune Italien de mon service, les contractions i cardiaques étaient normales et contrastaient avec l'absence ; complète de pouls. Le sang était cependant lancé dans l'appareil I circulatoire avec une force suffisante, et s'il n'arrivait pas jusqu'à i l'artère radiale, c'est qu'il y avait contracture vasculaire.

J'insiste sur ces phénomènes nerveux dont l'existence n'est l pas contestable et qui sont évidemment dus à des réflexes ayant l leur point de départ dans l'hyperémie du plexus solaire.

Si l'on suppose vraie la théorie hydraulicienne, on fera, avec Magendie, des injections de liquides dans les veines, et là encore, } comme je vous le montrerai, on agira tout autrement que d'une «1 manière mécanique. L'eau, le sérum artificiel ainsi introduit » dans le torrent circulatoire n'agira pas en tant que masse d'eauaB* plus ou moins considérable, mais bien comme irritant les nerfs * des parois de ces vaisseaux qui sont vivants et sensibles, et tirenti# leur sensibilité du grand sympathique. . ■

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