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DIAGNOSTIC

Parfois, ce sont des névralgies rebelles à la Ihcrapeuliqne et presque incurables. D'autres fois, il y aura des paralysies partielles, quelquefois môme des paraplégies. Enfin, le poison a pu infecter le système nerveux central avec une telle intensité, que est individu qui, au moment de l'algidité la plus accentuée, avait conservé l'intégrité de son intelligence, peut, pendant la convalescence, perdre totalement la raison. L'aliénation mentale s'est rencontrée dans un certain nombre de cas. Etrange terminaison, à laquelle on est loin de s'attendre, et qui montre la localisation nerveuse du choléra et l'importance du rôle qu'elle joue.

. Vous voyez que le cadre nosologique des suites du choléra est vaste, et que tous les appareils sont touchés ou peuvent l'être d'une façon permanente et indélébile, ce qui rappelle ce qu'on observe dans la convalescence de la dothiénentérie et est le fait de Vaulolyphisalion ultérieure.

Le diagnostic semble des plus faciles, tandis qu'en réalité il est des plus difficiles. La cholérine, par exemple, sera le plus souvent méconnue en dehors des temps d'épidémie ; on la considérera comme une gastro-entérite simple et la nature du cas échappera à l'observateur. Cependant, quelques signes propres à la cholérine pourront faire éviter l'erreur : l'intensité et la persistance de la diarrhée et des vomissements, le refroidissement périphérique rapide, les crampes, la prostration hors de proportion avec la nature et la quantité des garde-robes. 11 est important de ne pas méconnaître la cholérine, car le pronostic sera plus réservé que celui d'une gastro-entérite, et son existence bien constatée, à une époque où le choléra n'existe pas, permet de prévoir l'apparition prochaine de l'épidémie, dont cette forme atténuée est le précurseur.

Le diagnostic du choléra noslras et du choléra indien 7i est pas à faire, car, en réaUté, ces deux atfections se confondent et il est impossible de les distinguer (1). Vous vous rappelez les longues

(1) Ces leçons ont été faites en 188-'i ; or, le professeur Kelsch, en 1889, énonce les mêmes propositions, îi savoir que le choléra nostras est identique au ciioléra indien (voir, à la fin du volume, les Pièces justificatives).— C'est la mise en lumière et la vérification de mn doctrine des « séries morbides ^ (clio-

hésitations des deux pathologistes de premier oi-dre envoyés à Toulon pour déclarer si le choléra qui y sévissait était ou non d'origine asiatique. C'est que, entre le choléra nostras et le choléra indien, il n'y a qu'une différence de nombre de cas simultanés. Au point de vue nosologique, ils se confondent tous les deux et l'on chercherait vainement un signe destiné à distinguer ces deux affections identiques.

Mais si le choléra nostras et le choléra indien ne doivent pas être distingués nosologiquement, ils doivent l'être des autres maladies quiles simulent. Je Tai déjà dit, et je le répète à satiété : le choléra est un empoisonnement. C'est également l'avis de médecins des plus distingués, qui, par leur situation, ont observé de nombreux cas : le docteur Mahé, résidant à Constantinople, Rochard, Le Roy de Méricourt. Aussi, doit- on faire le diagnostic avec les empoisonnements stibié et arsenical. Mêmes symptômes des deux côtés : vomissements, diarrhée, douleur épigastrique, cris, pâleur de la face, crampes, cyanose même parfois. La différence n'existe que dans la nature des garderobes ; la nature riziforme est spéciale au choléra ; mais on sait que ce caractère peut manquer et que la diarrhée peut rester bilieuse.

Dans l'étranglement intestinal, on trouve tous les symptômes du choléra, à l'exception de la diarrhée, et, quoique l'erreur semble difficile à commettre, plusieurs exemples sont restés célèbres. Je vous ai cité le fait de Velpeau méconnaissant un étranglement herniaire chez une femme du service de Cruveilhier, et la considérant comme atteinte du choléra. Tout récemment, à Naples, le premier cas de choléra fut méconnu et pris pour une hernie étranglée. Je tiens ce détail du docteur Gautier, médecin napolitain.

Je n'ai pas besoin de vous dire que le pronostic est toujours très grave; mais il faut faire des distinctions suivant la forme du choléra, les formes les plus longues étant, en général, les plus légères. La cholérine ne peut être mise sur le niême rang

lérine, choléra nostras, choléra indien), ainsi quo la démonstration de la spontanéité morbide de l'organisme humain, de l'organisme du macrobe, opposée îi la grossiôre théorie des microbes.

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