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TRAITEMENT PAR LE SAC A GLACE

' tielles dans le sang. Il n'est donc pas indifférent, ni pour le moment, ni pour l'avenir, d'abréger cette période spasmodiquo.

, Aussi le médecin doit-il : 1° abréger, si possible, la durée de celte période; 2° diminuer le spasme.

Quand vous combattez le spasme, vous mettez l'individu dans des conditions d'infection typhoïdique consécutive moindre.

^ Aussi est-il important d'agir sur le système nerveux, soit que vous employiez la glace avec Chapman, ou les bains chauds avec Semmola, car ces deux moyens, en apparence dissemblables, agissent tous deux contre le «spasme ». Si à ces moyens, qui seraient insuffisants seuls, vous ajoutez

I un peu de rhum ou de café à l'intérieur ; si vous réchauffez votre malade, vous faites une action multiple et bienfaisante. Il ne faut pas croire que l'application de la glace seule sera suffisante; il faudra encore y adjoindre beaucoup d'autres petits moyens qui sont d'une efficacité incontestable.

J'ai appliqué dans mon service le traitement de Chapman en suivant certaines règles que je vais vous exposer, ainsi que les résultats que j'ai obtenus.

Douze malades seulement ont été traités par celte méthode. Sur ces 12, il y a eu 10 guérisons et 2 morts; ces deux derniers étaient, d'une part, un homme « gastralgique », suivant son expression, depuis cinq à six ans ; d'autre part, une femme alcoolique ; la proportion des décès a donc été de 1 6 pour 1 00. Beau^coup d'autres cholériques ont eu aussi des sacs à glace, mais ils ne sont pas comptés, parce que l'application en a été soit intermittente, soit cessée trop tôt par suite de l'indocilité des malades.

Le nombre des cholériques qu'il m'a été donné de soigner a été, en tout, de 43. Je dis 43, et non 46, ainsi que le dira la statistique des hôpitaux, parce que je retranche 3 cas : 2 qui sont morts dans l'escalier avant d'arriver dans la salle, et une femme qui a été mise dans mes salles comme cholérique et qui n'avait que de i; l'embarras gastrique », pour lequel elle fit d'ailleurs

m un court séjour. Sur ces 43 cas, j'ai eu 17 décès, soit une

■i proportion de 39 décès pour 100, bien au-dessous, vous le voyez, des moyennes données par les auteurs classiques, et qui

m eçtde 65 à 80 pour 100.

Lo sac il gUicedu docteur Chapman est un sac en caoutchouc, long de 20 à 24 pouces en moyenne, et composé de -trois sacs superposés, remplis chacun isolément de glace pilée très menue. Il est appliqué le long de la colonne vertébrale, sur laquelle il se moule facilement. Son application doit être permanente; aussi est-il rempli à nouveau toutes les trois heures.

Quant aux effets produits, ils ont été des plus remarquables: soulagement immédiat accusé par le malade. « Le sac est mon sauveur, » disait une jeune malade. Dans deux cas, un hoquet incessant, durant depuis plusieurs heures, a disparu dix minutes après la première application, et le malade s'est endormi sur son sac.

Les hommes supportaient généralement bien le sac à glace et disaient qu'au bout des cinq premières minutes les sensations désagréables produites par le froid disparaissaient. Les femmes ont montré une grande intolérance et plusieurs ont refusé catégoriquement toute nouvelle application après la première ou la seconde. C'est qu'en France, il y a un préjugé contre le froid, et vous verrez plus tard vous-mêmes combien vous aurez de peine à soumettre vos malades à l'hydrothérapie, surtout les femmes. En Allemagne et en Angleterre, il en est autrement. De plus, nos femmes d'hôpital sont en général peu intelligentes et inférieures aux malades hommes, qui comprennent mieux l'utilité du traitement qu'on leur ordonne. C'est là la raison pour laquelle nous n'avons pu appliquer la glace que sur un petit nombre d'entre elles.

Quoi qu'il en soit, dès la première application il y avait une diminution notable des vomissements, de la douleur épigastrique et des crampes ; les malades se réchauffaient et le pouls devenait perceptible. Cette modification de la douleur épigastrique est intéressante, car le sac à glace est loin de 1 epigastre; mais il agit en modifiant l'innervation du grand splanchnique; il produit un véritable cAoc nerveux immédiat, et par son action permanente, un effet dynamique considérable. Pour les crampes, c'est la même chose ; les crampes sont des réfle.xes dus à la douleur ; vous diminuez cette dernière en agissant sur les nerfs qui émanent de la moelle, et, par suite, vous diminuez les réflexes.

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