AUTO-EXPÉRIENCE DE BOCHEFONTAINE
des membres inférieurs, dans le Iront el dans un doigt de la main droite. Inappétence et constipation pendant vingt-quatre heures. On a pris un verre ordinaire d'eau alcaline purgative, puis tout est rentré dans l'ordre. »
(Le liquide ingéré n'a donc pas été absolument inoffensif, ttiaisonne saurait dire que les légers symptômes dont il a provoqué l'apparition soient ceux du choléra.)
« Chez les animaux, les résultats ont été plus marqués. On avait injecté sous la peau de quatre cobaj^es un quart de centimètre cube du liquide séreux diarrhéique. Trois de ces cobayes sont morts, deux dans la nuit de samedi à dimanche, le troisième dans la nuit de dimanche à lundi. Un chien adulte a reçu sous la peau du flanc, de chaque côté, 1 centimètre cube du même liquide ; il a eu, dans la journée de dimanche, des vomissements et de la diarrhée ; le lendemain, il était revenu à l'état normal.
« Le liquide restant, conservé au laboratoire, a été examiné de nouveau à plusieurs reprises. Cinq jours après avoir été recueilli, il présentait une quantité plus considérable de bactéries plus grosses, immobiles pour la plupart; les bacilles en virgule paraissaient beaucoup plus nombreux et étaient très faciles à voir dans chaque examen microscopique. On a pu colorer ces bacilles. »
(Cette expérience démontre que l'ingestion stomacale du liquide diarrhéique du choléra, contenant des bacilles en virgule, ne produit point nécessairement le choléra.)
Les nausées qu'a ressenties M. Bochefontaine ne sont pas étonnantes. Quant à la dysurie, elle indique qu'il y avait quelque chose de toxique dans les matières, probablement des ptomaïnes. Mais il y a eu de la fièvre; or, il n'y en a pas au début du choléra.
Ainsi, d'une part, d'après les expériences de Klein et Gibbes (1), l'inoculation du bacille seul ne donne aucun accident ; d'autre part, d'après les expériences de Bochefontaine, l'ingestion des selles cholériques, c'est-à-dire non seulement du
(1) Voir plus haut, p. 524,
bacille, mais de tous les autres éléments, voire même les plomaïnes qu'elles contiennent, provoque des accidents fébriles d'infection putride. Le bacille- virgule, qui peut manquer (1), n'est donc pas la cause du mal ; il en est tout au plus le vecteur ; imprégné de substances nocives, il peut s'en débarrasser quand il cbange de milieu. Le bacille-virgule n'est donc pas la cause du choléra. C'est tout ce que j'en veux dire.
(l) Recherches de Straus, d'Antonio Ceci etEdwin Klebs, elc.
LES SCROFULEDX