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CORYZA DES SINUS

d'issue. Ainsi quand l'inflammation a alleint les sinus frontaux, on en est prévenu par l'apparition d'une douleur extrême, avec sensation d'éclatement et vertiges. Vous serez appelés dans ces conditions auprès de jeunes scrofuleux, que l'on supposera atteints d'affection cérébrale grave. Vous éviterez l'erreur en constatant que la fièvre est nulle et qu'il y a un coryza plus ou moins ancien. De plus, la pression du doigt, au niveau de la région des sinus, déterminera une vive douleur ; vous constaterez parfois un peu de rougeur de la peau, ou de l'empâtement qui peut aller jusqu'à l'œdème.

Les mêmes phénomènes peuvent se passer quand le sinus maxillaire est atteint. Vous serez alors consultés pour des enfants qui se plaignent d'une sensation de ballottement dans la joue, accompagnée de vertiges. Retenez bien ce ballottement accusé par les petits malades, il est caractéristique de l'étranglement de l'orifice du sinus maxillaire et de la distension de ce dernier.

Plusieurs faits, tirés de ma clinique de la ville, vous montreront combien il est important de savoir reconnaître les accidents du coryza.

Il y a quelques années, je fus consulté par un chirurgien des plus distingués pour son fils. Cet enfant se plaignait de vertiges presque continuels, etsonpère craignait une affection méningée. En l'examinant, je vis que le petit malade avait un coryza ancien ; de plus, il accusait une sensation de ballottement dans le front et dans une des joues. C'est ce qui me mit sur la voie ; je diagnostiquai une accumulation de liquide et de gaz dans les sinus frontaux et maxillaire. Des irrigations abondantes d'eau chaude furent faites 3 à 4 fois par jour et suivies d'une guérison rapide.

Voici maintenant la preuve de l'action bienfaisante que peut exercer un topique chaud appliqué sur les sinus frontaux, dans le cas de propagation de l'inflammation de ce côté. J'ai été appelé auprès d'une dame scrofuleuse qui était atteinte d'un coryza, avec douleur atroce frontale. On croyait à l'affection la plus grave. L'application d'un vulgaire cataplasme bien chaud fut suivie d'un résultat merveilleux : un flux libérateur s'écoula en abondance et la douleur disparut. Il n'est pas indifférent d'appliquer un topique chaud et humide, tel qu'un cataplasme.

6*4 LES 8CR0FULEUX.

La peau esl Irès voisine de la cavité du sinus ; si on la met en contact avec un corps à la température de 39 à AO degrés, il se produit, de proche en proche, un effet bienfaisant analogue à celui produit sur l'intestin ou le péritoine par un cataplasme appliqué sur l'abdomen, dans le cas d'inflammation de ces organes. Il en résulte un amoindrissement du gonflement et de la douleur.

« Tout à coup, disent les malades, un flot de liquide m'est sorti par le nez » ; et la douleur s'écoule avec le liquide.

La propagation de l'inflammation peut se faire aussi du côté de l'oreille moyenne, car la pituitaire se continue avec la muqueuse qui tapisse rorifice de la trompe d'Eustache. Le résultat est l'enchifrènement de ce conduit et son oblitération possible, avec bourdonnements continuels et vertiges parfois.

Sous l'influence de l'hyperémie, il y a production plus considérable du liquide sécrété par les cellules mastoïdiennes, et vous serez souvent consultés pour des douleurs atroces siégeant dans l'oreille et résultant de la distension de ces cavités. En pareil cas, n'hésitez pas : appliquez des sangsues. Les irrigations chaudes, ici, sont insuffisantes ; il en serait de même des injec- > tions de morphine, car elles n'empêcheraient pas le conduit | de rester obstrué. Quelque scrofuleux et anémique que soit votre | malade, appliquez quatre ou cinq sangsues aux apophyses mastoïdes ; une heure après, la douleur disparaît.

Me plaçant au point de vue de la scrofule et de l'anémie profonde dans laquelle se trouvent, en général, les petits malades, j'ai longtemps tâtonné ; et tous mes efforts sont restés sans succès jusqu'au jour oti je n'ai pas craint de faire de la révulsion sanglante.

Si vous n'agissez pas de la sorte, les conséquences ultérieures pourront être des plus fâcheuses: l'inflammation devient purulente, les cellules mastoïdiennes se transforment en un vaste abcès, la douleur devient de plus en plus considérable et le pus doit se créer un passage pour arriver au dehors. La membrane du tympan s'érode, se perfore, et l'abcès se vide par le conduit auditif externe ; l'écoulement dure pendant plusieurs jours, puis cesse ; mais il peut en résulter une destruction de la membrane

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