CORYZA POSTÉRIEUR
particulière; le voile du palais, ainsi irrité et desséché, est recouvert d'une couche de mucosités épaisses, visqueuses, résultant de la sécrétion exagérée des glandules. Alors se produit le haw/cing, c'est un reniflement guttural. Le malade essaye diQ se moucher par la bouche ; \\ ikchu de faire tomber dans la gorge les mucosités qui tapissent la face supérieure du voile palatin. Quand il y a en môme temps de l'angine glanduleuse, le malade est en proie à un hem-hem continu ; c'est le hemming, dont je vous ai déjà parlé. A l'aide du rhinoscope, on peut, par l'e.xamen de l'orifice postérieur, juger de visu de l'état tomenteux de la muqueuse, dont les glandules sont hypertrophiées. Cette affection est extrêmement désagréable, car elle cause une sensation de corps étranger continuelle, et le reniflement guttural, auquel se livre à tout instant le malade, n'a rien d'harmonieux.
Le traitement du coryza chronique non ulcéreux doit être général d'abord; vous donnerez l'huile de foie de morue, qui est très bien supportée par les jeunes enfants. Plus tard, le dégoût qu'elle occasionne est un obstacle à sa tolérance par l'estomac. Si l'huile de foiede moruen'estpassupportée, conseillez la glycérine iodée, que l'enfant prendra à la même dose que l'huile, deux à quatre cuillerées à soupe par jour; les vins antiscorbutique ou de quinquina seront aussi très utiles. J'ai grande confiance dans les bains salés de Salies-de-Béarn, et, à défaut de bains salés, dans les bains sulfureux.
. Gomme traitementlocal, ondevrafaire passer un courant d'eau médicamenteuse chaude à l'aide d'un irrigateur ; eau chargée de tannin, la décoction d'eau de feuilles 'de noyer, par exemple, i litre par jour, ou encore, l'eau boriquée tiède (40 grammes d'acide borique par litre d'eau). Un petit détail important : se servir d'un embout assez volumineux pour obturer l'une des narines; le liquide entre ainsi brutalement par l'une des narines et sort par l'autre, car, sous l'influence du courant d'eau, il se produit un acte réflexe qui fait redresser le voile du palais et l'eau ne trouve plus qu'une voie ouverte pour sortir : l'orifice postérieur de la fosse nasale du côté opposé. Un traitement excellent de la rhinite scrofuleuse et du coryza postérieur est
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celui que les malades suivent aux thermes sulfureux d'Enghien ou des Pyrénées ; deux fois par jour, on leur fait des irrigations d'eau sulfureuse, dont l'action est des pins bienfaisantes.
Vous devrez, messieurs, avoir aussi en vue la déformation du thorax et tâcher de la combattre. Si l'ossification n'est pas définitive, il faut s'efforcer de développer le thorax d'une façon harmonique au moyen de la gymnastique des membres supérieurs. L'équitation est excellente, car elle développe aussi les membres inférieurs; de plus, elle active les fonctions pulmonaires. Quand la course est rapide, le cavalier doit faire de grandes inspirations et l'air inspiré est alors un air condensé ; l'équitation produit ainsi des actes multiples et bienfaisants. Enfin, l'amygdalolomie est ici de rigueur ; c'est une opération tutélaire, qui rend plus large l'isthme du gosier et permet à l'aip de pénétrer plus amplement.
J'arrive maintenant à la forme odieuse du coryza scrofuleux, au coryza ulcéreux; je veux parler de ïozène, de la punaisie.
Jusqu'ici nous avons vu la pituitaire gonflée et sécrétant un liquide mucoso-purulent; ici nous allons voir des ulcérations, ' du moins dans la plupart des cas, car il y a une forme d'ozène non ulcéreux.
Dans l'ozène ulcéreux, les ulcérations de la muqueuse siègent à la partie antérieure des fosses nasales, à la jonction des cartilages et des os propres, sur la cloison, tout le long du vomer. Ces ulcérations, plus ou moins profondes, sont ordinairement assez superficielles et peu étendues. Parfois, il n'y en a qu'une, résultat de la réunion de nombreuses petites ulcérations primitives. Leur peu d'étendue et de profondeur les distingue facilement d'ordinaire des ulcérations syphilitiques. Les os sont rarement atteints, si ce n'est quand ce coryza participe des ca- ■ ractères du lupus. 11 y a, en effet, une forme de coryza qui est ! à la muqueuse pituitaire ce que le lupus est à la peau; dans ce ; cas, les os et les cartilages sont intéressés.
La sécrétion, dans l'ozène, est assez abondante ; c'est un mucus épais, verdàlre, et d'une horrible fétidité, conséquence de la sécrétion et du lieu où se fait cette sécrétion. La nalure a m
voulu que les fosses nasales fussent des cavités anfractueuses, rendues encore plus tortueuses par les diverlicules des sinus qui s'abouchent dans leur cavité'. Là se trouve une triple condition pour l'altération des produits sécrétés : séjour prolongé d'un liquide mucoso-purulent dans un milieu en contact avec l'air et soumis à une température assez élevée. Aussi le liquide qui s'écoule a-t-il une odeur sui generis épouvantable, pire que celle d'un abcès gangréneux ou d'un cadavre putréfié; c'est une odeur repoussante et fade dite punaisie. Cet individu qui porte en tout lieu cette odeur infecte ne s'en préoccupe pas, car « il ne se sent pas » , ayant perdu l'odorat. 11 est pestiféré et pestiférant, et il ne s'en doute pas.
L'ozène présente parfois quelques variétés. Il y a tout d'abord des cas où l'anosmie n'existe pas ; c'est quand l'ozène est dû à une inflammation de la muqueuse du sinus maxillaire; il y a bien accumulation dans un milieu chaud et aéré ; aussi, le liquide se putréfie, mais les nerfs olfactifs ne sont pas intéressés et l'individu sent qu'il a une odeur infecte. Dans ce cas, la punaisie est souvent intermittente; c'est une variété importante à connaître, car elle guérit facilement par la trépanation du sinus maxillaire, qui permet de porter un liquide topique dans l'intérieur du sinus.
Cette maladie locale peut coexister avec un état de santé assez florissante, quelquefois même sans aucun autre indice de dialhèse scrofuleuse.
Dans l'ozène sec, non ulcéreux^ l'odeur est pénétrante et désagréable, mais elle diffère de la précédente. Habituellement, le nez est enchifrené ; mais le malade ne se mouche pas et la muqueuse est d'un rouge vernissé. Ainsi, pas d'ulcération, pas d'écoulement, odeur moins pénétrante et moins fade, tels sont les caractères qui différencient cette affection du coryza ulcéreux. L'ozène sec ne se développe guère que chez les adultes scrofuleux qui se livrent à l'exercice du chant.
11 faut disting.uer l'ozène du coryza non scrofuleux et du coryza syphilitique.
Trousseau a dit, avec raison, que certains individus non scroluleux peuvent avoir de la punaisie. En effet, on voit des sujets
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qui ont normalement la sécrétion de la pituitaire fétide, comme ils ont la fétidité de la sécrétion de l'aine, des aisselles, etc.
L'ozène syphilitique a une grande importance, car il est l'expression d'une période avancée de la syphilis; il est la conséquence d'une altération du périoste et des os ou des cartilages du nez ; la nécrose est le terme ordinaire de cette forme de coryza syphilitique. Cette nécrose détruit les os du nez, du vomer, quelquefois môme de la lame perpendiculaire de l'ethmoïde. L'effondrement, la démolition de ces os survient rapidement, et cet effondrement amène un aplatissement du nez à la partie antérieure de la base de cet organe. Jamais on n'observe d'altérations semblables dans le coryza scrofuleux. D'un autre côté, il peut y avoir des accidents cérébraux, par lésion de la lame ethmoïdale. Ainsi, déformation rapide et caractéristique, douleurs parfois intenses, perforation concomitante du voile du palais, tels sont les signes différenciels.
Le traitement est de la plus haute importance. En outre du traitement général antiscrofuleux que vous connaissez, il faut instituer un traitement local énergique. Ce n'est plus un courant d'eau qu'il faut faire passer à travers les fosses nasales, c'est un torrent de liquide. L'irrigateur ne suffit plus; il faut un réservoir contenant 5 à 6 litres d'eau et placé à une hauteur suffisante pour donner une forte pression et balayer ainsi toutes les mucosités de toutes les anfractuosités, mucosités toujours très adhérentes. Le liquide sera chaud et médicamenteux ; acide saUcylique, \ gramme pour 2 litres d'eau; acide phénique, chloral ou permanganate de potasse. Réunissez toujours toutes ces conditions: eau abondante, chaude, désinfectante et soumise à une forte pression.
Trousseau a conseillé l'emploi de certaines poudres; indépendamment des irrigations que l'on fait quatre à cinq fois par vingtquatre heures, on peut, au bout de huit à quinze jours d'irrigations, commencer l'emploi de la poudre suivante, par exemple :
Sous-nitrate de bismuth | Ta 15 grammes.
Talc pulvôrisô )
Cette poudre produit une action plus matérielle que subslitu
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tive ; onpeutaussi se servir du précipité blanc, du précipité rouge àla dose de 25 cenligrammes pour 13 grammes de sucre porphyrisé ; lemalado en prend quatre à cinq prises par jour en reniflant. Inutile de vous dire que cette thérapeutique est réservée à l'adulte, le jeune enfant ne se prêtant pas à renifler des poudres. 11 y a encore une petite précaution à prendre dans l'administration de celles-ci : comme elles irritent un peu la muqueuse, il faut avoir soin de commencer par une dose faible et augmenter progressivement.
Trousseau conseillait aussi le chlorate de potasse, dans la proportion de 1 gramme pour 13 grammes de sucre, mais il agit moins énergiquement.
Ces irrigations, ces poudres devront être mises en usage pendant un temps très long, plusieurs mois ; et, quand la guérison sera faite, il faudra revenir au traitement tous les deux ou trois mois.
Trousseau conseillait encore, dans les cas d'ozène, l'eau phagédénique.On peut aussi employer, soit une solution de sublimé au centième, étendue de deux ou trois fois son volume d'eau, soit un véritable collyre au nitrate d'argent, au centième. Dans le cas de coryza postérieur, vous porterez les médicaments sur les parties malades à l'aide d'une seringue à jet rétrograde, permettant de faire passer un courant d'eau médicamenteuse de l'orifice postérieur des fosses nasales à l'orifice antérieur. Tous ces détails sont des plus irnportants et des plus utiles à connaître dans la pratique. Vous pourrez encore mettre en usage un grand nombre d'autres agents thérapeutiques : le chloral au deux-centième, l'acide phénique, l'acide salicylique au deux-centième ou au quatre-centième; enfin, les attouchements directs avec le sulfate de cuivre ou le nitrate d'argent.
Quant àl'ozène sec, je vous engage à lui opposer le traitement suivant, qui m'a réussi. Il s'agissait d'une jeune fille strumeuse, atteinte depuis longtemps de blépharite chronique ; sous l'influence de l'exercice du chant, elle eut de la pharyngite glanduleuse, du coryza postérieur et de l'hypertrophie des glandules de la face postérieure du voile palatin. L'odeur de son haleine était infecte, et cependant l'examen au rhiuoscope ne décelait
fieO LES SCROFULIiUX.
aucune altération de la muqueuse piluitaire. La guérison fut obtenue par trois cures faites pendant trois ans de suite à Saliesde-Béarn. Le docteur Foix, médecin des eaux de Salies, en outre des bains et des irrigations, Taisait chaque jour des attouchements avec du perchlorure de fer, touchant chaque jour un méat différent. La guérison a été complète et ne s'est pas démentie depuis plusieurs années.
en qu'est une amygdale. 881