ACCIDENTS RESPIRATOIRES PAR HYPERTROPHIE AMYGDALIENNE
Leur surface est rouge, violacée ; les orifices glandulaires sont béants et laissent sourdre, par la pression, de la matière sébacée. Quelquefois lisse et luisante, l'amygdale hypertrophiée est chagrinée, dure, coriace, fibreuse, rarement ramollie. Sous l'influence de la constriclion par les deux piliers du voile du palais, les amygdales sont étranglées dans leur miheu et forment une saillie en haut et en bas qui repousse le voile palatin, lequel devient horizontal; la luette est rejetée en avant. L'isthme du gosier est extrêmement rétréci et, en dehors de la déglutition, on peut voir qu'il n'y a au-dessous de la luette qu'un orifice assez petit.
Les troubles fonctionnels sont une expectoration spéciale s'accompagnant du hemming. L'expectoration est formée d'une matière suifeuse, mélangée à du mucus ; il y a aussi des crachats perlés, c'est-à-dire formés par du mucus congloméré, ponctué de points noirâtres ou jaunâtres, dus aux poussières avalées par le malade.
Les accidents respiratoires sont de deux ordres. Du fait de la respiration buccale rendue nécessaire par l'oblitération du nez due au coryza chronique, la matière graisseuse s'altère au contact de l'air et il en résulte de la fétidité de l'haleine.
Chez les jeunes enfants, la respiration a encore un effet assez inattendu. La colonne d'air inspiré repousse la langue contre le voile du palais, qui est repoussé en avant et rendu horizontal par les amygdales hypertrophiées. Par le fait de cette propulsion de la langue en arrière, il en résulte qu'elle tend à tomber sur l'orifice du larynx et à l'obturer en partie. Pendant la veille, les efforts respiratoires joints à l'instinct suffisent pour contrebalancer l'influence de cette mauvaise disposition. Pendant le sommeil, &u contraire, l'enfant est menacé d'asphyxie par oblitération mécanique de son larynx. Ainsi s'expliquent les cas oîi l'enfant Se réveille subilement en proie à une dyspnée épouvantable et vraiment inquiétante. Mon maître et ami Henri Roger m'a raconté le fait d'une mère, qui tenait le menton de son enfant abaissé toute la nuit, afin de maintenir une plus large voie à l'air.- L'ablatio*n des amygdales mit un terme au labeur de la mère et à la torture de l'enfant.
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La voix est plus grave; e1., nous l'avons vu, c'est souvent à cette afl'eclion que les chanteurs sont redevables de leur voix de contralto. C'est là le beau côté. Mais la voix a parfois le timbre nasillard, dû à l'amoindrissement des harmoniques pharyngées, et quand le voile du palais a de plus une disposition ogivale, la voix peut prendre un timbre un peu analogue à celle que l'on observe dans le cas de perforation du voile du palais.
11 peut y avoir, et il y a dans la plupart des cas, du coryza et de la salpingite chroniques concomitants. L'air contenu dans la caisse du tympan ne se renouvelle qu'imparfaitement, reste par suite confiné et à une température plus élevée que l'air du conduit auditif externe. Aussi le tympan est moins vibrant et moins impressionnable, et le nerf auditif est par suite moins impressionné, quelquefois pas du tout.
C'est ainsi qu'une maladie, en apparence si légère, aboutit à l'abolition ou à la diminution notable de l'ouïe.
M. Desnos a très bien décrit la déformation du thorax dont je vous ai parlé à propos du coryza (I). Desnos ne l'attribue qu'à l'hypertrophie des amygdales. J'ai déjà essayé de vous montrer que le coryza y jouait un rôle important. La dépression du thorax est le résultat à la fois et des amygdales hypertrophiées et du coryza chronique, premier agent perturbateur chez les scrofuleux.
Il faut faire justice des prétendues complications de l'amygdalite chronique : le coryza, l'angine glanduleuse, la bronchite, etc., ne sont pas des complications, et c'est une erreur de les considérer comme telles ; ce sont des manifestations de la même disposition générale de l'organisme, survenant à d'autres périodes de la maladie que l'amygdalite chronique.
En règle générale, l'amygdalite chronique est le résultat du passage de l'air par la voie buccale, que normalement il ne doit pas parcourir ; il y a irritation, puis inflammation chronique et hypertrophie des amygdales.
Une véritable complication de l'amygdalite chronique est l'amygdalite aiguë, car cette poussée inflammatoire est doulou-
(1) Voir plus haut, leçon cxxiv.
teuse, et la gêne perpétuelle, causée par de grosses amygdales, s'accroît alors au point d'empôchercoraplèteraentla déglutition. Il faut savoir que les poussées aiguës sont fréquentes et sont de véritables angines à répétition.
Le diagnostic est facile ; la respiration buccale, le timbre de la parole, la gêne de la déglutition, vous mettront sur la voie, et l'examen direct achèvera de lever tous les doutes.
Vous serez souvent consultés pour un malade qui tousse, rejette des crachats fétides et quelquefois pituiteux. Cette lousserie particulière, ce hem caractéristique, l'exploration directe, l'absence de signes stélhoscopiques, les crachats perlés, conséquence non de l'amygdalite mais de l'angine granuleuse, tous ces signes vous empêcheront de commettre une erreur.
Le pronostic est sérieux ; c'est une occasion de répétition incessante d'angines ; le sens du goût est entravé ; la nutrition générale est altérée à une époque où l'enfant a un double besoin de respirer et de manger, pour son entretien d'abord, pour sa croissance ensuite. L'anémie, qui résulte de l'anhéraatosie par diminution de la prise d'air, nuit ainsi à l'enfant actuel et à l'adulte à venir.
Le traitement sera d'abord général et anti-scrofuleux. Vous conseillerez les thermes salins et sulfureux ; pour peu qu'il y ait inflammation concomitante des ganglions cervicaux et sousmaxillaires, envoyez vos malades à Salies-de-Béarn ou à Salins, dans le Jura. Toutes les l'ois qu'il y a amygdalite chronique, il y a engorgement ganglionnaire plus ou moins profond, parfois même atteignant les ganglions prévertébraux ; par propagation, ceux du médiastin peuvent être envahis. C'est ainsi qu'une petite affection, aussi bénigne et à tort méprisée par beaucoup de médecins, tend à amener un engorgement ganglionnaire généralisé.
Comme traitement local, l'ablation des amygdales s'impose; de plus, vous traiterez la rhinite concomitante, si elle existe, au moyen des injections d'eau chaude.
Si votre malade refuse l'amygdalotomie, en outre des irrigations chaudes, touchez, tous les deux jours, les amygdales avec un crayon de nitrate d'argent ; vous en diminuerez ainsi un peu le volume.
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L'ablalion des amygdales peut so pratiquer de deux façons : avec le bislouri ou avec l'amygdalotome. Les chirurgiens des hôpitaux d'enfants ont abandonné ce dernier instrument et sont revenus à l'emploi du bistouri, qui permet de ne pas agir à l'aveugle, et d'enlever une quantité beaucoup plus considérable du tissu amygdalien; avec l'amygdalotôme, au contraire, on no fait qn'ébarber la partie la plus saillante de la glande.
Les inconvénients de celte opération tiennent à l'âge de la maladie et à l'âge du malade. Si vous opérez tard, les amygdales sont volumineuses et très vasculaires, et vous êtes exposés à des hémorrhagies graves. Le chirurgien Michon m'a raconté le fait lamentable d'un jeune avocat, qui mourut le soir de l'opération, à la suite d'une hémorrhagie que rien n'avait pu arrêter.
De Saint-Germain, dont vous connaissez l'habileté et la sagacité, après avoir employé l'amygdalotome, préfère le galvanocautère, et il pratique, à plusieurs reprises, la cautérisation. Après l'ablation par le bistouri, on est tout surpris de voir l'amygdale repousser et reprendre un volume notable quelques mois ou quelques années plus tard. Quand il y a eu destruction par le fer rouge, pareil fait ne se produit pas.
L'amygdalite chronique un peu intense ne va guère sans une inflammation chronique analogue et simultanée de l'amygdale pharyngée. Dans ce cas, pour compléter l'amygdalotomie, l'ablation de cette amygdale postérieure, hypertrophiée, peut se faire par le raclage — opération fort délicate, et qui nécessite la chloroformisation.
CE qu'est la muqueuse du pharynx.