LE CŒUR DOULOUREUX
loureux pendant la fonction : il le devient par suite de névralgie. C'est surtout à la base de l'organe, au niveau du plexus cardiaque, que la pression du doigt est alors sensible. De môme, dans les afTections de l'estomac, la douleur siège principalement au niveau du plexus solaire, au creux épigastrique. Or, du moment qu'un malade, sans fièvre, se plaint de souffrir du cœur, vous pouvez affirmer qu'il n'a pas une maladie grave du cœur. (On ne souffre pas quand l'endocarde seul est toucbé.) La pression à l'aide du doigt vous révélera la douleur et celle-ci sera surtout vive au niveau du plexus cardiaque, dans les troisième et quatrième espaces intercostaux. Vous devrez aussi rechercher de la même façon si le pneumogastrique gauche est sensible à la base du cou.
Le plus souvent, avons-nous dit, les malades qui consultent pour cette affection sont des femmes. Ce sont des femmes « nerveuses », quelquefois des hystériques, ou encore d'autres qui ne le sont pas, mais qui veulent faire les Dianes chasseresses et qui ont éprouvé leurs premières douleurs cardiaques en se livrant à un exercice pour lequel leur cœur n'était point fait — j'entends leur cœur physique.
Ce cœur fatigué, courbatu, devient douloureux, comme le sont les muscles lombaires dans le lumbago. Mais l'individu courbatu met ses muscles lombaires au repos, tandis que, malgré sa courbature, le cœur est obligé de se contracter de 60 à 80 fois par minute, il se plaint alors de ses souffrances, cruellement nécessaires, c'est le cœur douloureux.
Le cœur douloureux s'observe souvent aussi chez des personnes qui ont éprouvé de grands malheurs, qui sont tombées dans la misère. Ou encore ce sont des étudiants en médecine, des étudiants en droit, des élèves de nos lycées surmenés par la préparation des examens et des concours, débilités par le confinement et la préoccupation constante du résultat final. Il y a une centaine d'années que cette « maladie du cœur des étudiants » a été signalée à Édimbourg.
Tantôt le patient éprouve une sensation de déchirement au niveau du cœur, accompagnée de palpitations et d'accélération des battements ; tantôt il éprouve une sensation de resserrement
avec ralentissement des contractions. Comment expliquer celte différence ?
, L'émotion fait rougir les uns, pâlir les autres. Elle détermine chez les premiers une paralysie des vasomoteurs'; chez les seconds une excitation de ces nerfs. Le même phénomène se produit au niveau du cœur ; ou bien il y a parésie du pneumogastrique et accélération des battements, ou bien il y a excitation du pneumogastrique et ralentissement des contractions du cœur.
En résumé, quand un malade, sans fièvre et en dehors du rhumatisme aigu et de la dothiénentérie, souffre du cœur, il n'a pas de maladie grave du cœur. Le traitement, dans ces cas, consiste à appliquer une mouche de Milan ou un vésicatoire sur la région précordiale, afin de modifier l'innervation de l'organe. Plus tard, on prescrira des frictions avec le liniment suivant :
Baume de Fioraventi 150 grammes.
Chloroforme 10 —
Des perles d'éther, au moment des douleurs, agiront sur le pneumogastrique stomacal et, par voie réflexe, sur le pneumogastrique cardiaque.
Tous les matins, le malade prendra une cuillerée à café de valénanate d'ammoniaque de Pierlot et le soir, en se couchant, 1 gramme de bromure de potassium. Par ces moyens, que de malades vous guérirez, qui se croyaient atteints « d'affreuses >>. maladies du cœur !
AORTITE CHRONIQUE.