‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 225 sur 287 · DIABÈTE ET PANCRÉAS. VOS · texte numérisé non relu

DIABÈTE ET PANCRÉAS. VOS

Le fait suivant, observé par Fies, est au moins intéressant :

Chez un diabétique qui mangeait beaucoup de graisse et qui en rendait en si grande abondance dans ses selles qu'on pouvait la recueillir à leur surface, on trouvait également dans ces dernières des fragments de muscles striés non digérés et parfaitement intacts. Ces fragments de muscles et ces graisses disparaissaient des matières fécales dès qu'on ne donnait plus au malade, comme nourriture, que des pancréas de veau (ce fait est à rapprocher de celui des myxœdémateux, améliorés quand ils mangent des corps thyroïdes).

A l'autopsie, on ne trouva presque plus rien du pancréas ni de ses conduits. Cette observation semble démontrer que lorsque le pancréas ne fonctionne pas, la chair musculaire ne peut être digérée dans l'estomac ni les graisses absorbées.

M. Hédon, de Montpellier, a expérimenté les effets de l'extirpation du pancréas chez les animaux. A la suite de cette ablation, il y a eu altération générale de la nutrition et amaigrissement.

Il se développe tantôt de la glycosurie, tantôt de l'azoturie, ou ces deux symptômes alternent entre eux. Il semble ainsi que le pancréas peut être jusqu'à un certain point suppléé par d'autres organes.

M. Gley a recherché ce que devenait le sucre ingéré par les animaux n'ayant plus de pancréas, ou chez qui on avait détruit la glande en injectant des substances corrosives dans le canal de Wirsung. Or, il a observé que chez la plupart des animaux le sucre passait presque toujours dans les urines lorsqu'on leur en faisait avaler.

Eh bien, on est loin d'être fixé sur le rôle du pancréas dans la glycosurie. Ainsi, le môme auteur, le docteur Thiroloix, après avoir conclu de ses expériences que c'était la lésion des nerfs du pancréas qui déterminait le diabète, conclut d'autres expériences qu'il n'en est rien.

M. Thiercelin a très bien exposé l'état actuel des recherches expérimentales sur le diabète dit pancréatique. « Bien que, dit-il, de nombreuses expériences soient venues confirmer les résultats indiqués par les premiers travaux de Mering et de Minkowski,

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nous sommes encore loin d'ôtre tout à l'ait lixés sur le rôle réel que joue le pancréas clans la palhogénie du diabôle sucré.

« Certains expérimentateurs ne sont pas aussi absolus dans leurs conclusions que Mering et Minkowski. Ainsi de Dominicis, qui a pratiqué de nombreuses ablations du pancréas, n'a constaté le diabète que 21 fois sur 34, et encore la glycosurie ne s'est-elle pas montrée toujours dans les vingt-quatre heures qui suivent l'opération, mais après deux, trois et môme vingt-huit jours dans un cas. Cet auteur déclare pourtant que, dans tous les cas, l'extirpation du pancréas a été suivie de polyphagie, polydipsie, polyurie, amaigrissement et chute des poils, c'està-dire de tout le cortège syraptomatique du diabète. 11 trouva aux autopsies des lésions profondes du foie. Il remarqua en outre dans le cours de ses expériences que de petits traumatismes du duodénum ou du pancréas pouvaient produire une glycosurie temporaire.

« De môme, Renzi et Réale déclaraient au congrès de Berlin de 1890 n'avoir obtenu le diabète, après l'extirpation du pancréas, que 75 fois sur 100. De plus, ils avaient toujours observé la glycosurie après la résection du duodénum, et aussi la glycosurie ou une diminution de la limite d'assimilation du sucre après V extirpation des glandes salivaires (parotide ou sous-maxillaire). Ces auteurs viennent encore de maintenir leurs conclusions dans un travail récent.

« Toutefois Minkowski a répondu à ces objections en affirmant que, dans tous les cas ovi il a pratiqué l'extirpation totale, absolument totale, du pancréas, il a toujours eu production de diabète. 11 ajoute môme que le reliquat d'une portion du parenchyme pancréatique môme assez forte (;{ ou 4 grammes) n'erapôche pas toujours l'éclosion d'un diabète dont l'intensité n'est pas en raison inverse du poids de la portion glandulaire laissée en place, mais qu'il faut prendre en considération dans ces cas les conditions de nutrition et de vascularisalion de celle-ci. Il n'admet pas non plus cotte forme duodénale ni cette forme salivaire du diabète que Renzi et Réale ont voulu ajouter à la forme pancréatique.

« Ilédon, en employant les procédés opératoires de von Me-

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