DIABÈTE ET PANCRÉAS
ring et Minkowski, est arrivé aux mômes résultats que ces expérimentateurs, à savoir que l'extirpation totale du pancréas produit le diabète dès le début, et que si on laisse dans l'abdomen un fragment de la glande, môme très petit, la glycosurie ne se produit pas. Mais il remarqua qu'après extirpation totale, le sucre éliminé ne représente qu'une partie seulement du sucre ingéré, d'où cette conclusion que, chez l'animal en expérience, les matériaux sucrés sont en grande partie consommés malgré l'extirpation totale du pancréas, ce qui est en désaccord avec les résultats obtenus par von Mering et Minkowski. La fonction de ménager le sucre dans l'organisme ne constitue donc pas une propriété spécifique ni exclusive du pancréas.
<t Hédon, relevant toutes ses expériences d'extirpation du pancréas, distingue deux formes de diabète créées par cette opération :
« 1° Une forme de diabète à marche rapide, avec glycosurie et azoturie abondantes, cachexie et mort au bout de quinze à trente jours ;
« 2° Une forme de diabète à marche lente. La glycosurie est intermittente, et peut même quelquefois manquer pendant de longues périodes. L'azoturie est toujours considérable. Tous les symptômes diabétiques persistent malgré l'absence de glycosurie.
« En combinant l'extirpation partielle aux injections de paraffine dans le canal de Wirsung, il a pu constater une azoturie extrêmement marquée avec polyurie et des troubles nutritifs persistants qui ont atteint, dans un cas, un degré d'acuité extraordinaire. La glycosurie, quand elle existait, n'était-que passagère. Ce qui dominait, chez les chiens en expérience, c'est une désassimilation azotée exagérée, qu'il attribue à l'injection de paraffine. Il en conclut que la glycosurie ne serait pas le phénomène capital après l'ablation du pancréas, et qu'il y a un trouble général de la nutrition (et je suis bien de son avis).
(1 Les expériences de Lépine, celles deGley sur la ligature des veines pancréatiques et sur les injections à la gélatine des canaux excréteurs de la glande, celles de Thiroloix, conduisent toutes aux mêmes conclusions, à savoir que l'extirpation totale
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du pancréas a pour conséquence un diabète rapidement mortel, tandis que la suppression de la sécrétion externe seule de cette glande, soit par la ligature des canaux excréteurs, soit par l'injection d'une substance oblitérante et atrophiante, ne produit pas le diabète.
(( Comment expliquer ces faits? On a proposé diverses théories. Pour Hédon, le pancréas est un émonctoire ; il détruit et élimine des produits dont l'accumulation dans le sang après une ablation produit le diabète. Pour Baumel, ces produits arrivant dans le foie activent la transformation du glycogène en sucre. Pour Arthaud et Butte, c'est aussi par action indirecte sur le foie que l'ablation du pancréas détermine la glycosurie.
« D'après Lépine et Barrai, la glande verserait dans le sang un ferment glycolytique, c'est-à-dire destructeur du sucre, qui, d'après leurs recherches, siégerait dans les globules blancs. Cette glycolytine se formerait surtout dans le pancréas, mais pourrait aussi se former dans d'autres glandes, qui auraient ainsi une action vicariante. M. Arthus a contesté, de son côté, l'origine pancréatique de ce ferment qui, pour lui, n'existerait que dans le sang mort. L'existence de ce ferment glycolytique n'est pas encore parfaitement prouvée, puisqu'il n'a pu jusqu'ici être isolé, mais ce qui semble indéniable aujourd'hui, c'est la fonction du pancréas comme glande vasculaire sanguine, puisque la ligature des veines, comme l'a prouvé M. Gley, produit le diabète. Thiroloix, dans sa thèse, expliquait la production du diabète après ablation du pancréas par une théorie nerveuse. Ce serait un syndrome clinique dû à un désordre nerveux, qu'on devrait rapprocher des diabètes expérimentaux, produits par une lésion nerveuse, étudiés par Klebs et Munck (ablation même partielle du ganglion semi-lunaire, glycosurie soit passagère, soit permanente), par Lustig (extirpation du plexus solaire chez les chiens, glycosurie temporaire, acétonurie). Mais, depuis lors, Thiroloix s'est rallié complètement à la théorie sanguine.
« Des expériences toutes récentes viennent encore donner un appui nouveau à cette théorie : ce sont les greffes sous-cutanées d'un fragment du pancréas. Faites la première fois par Minkowski en février 1892, elles furent reproduites par Hédon, qui