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MÉCANISME DU DIA13ÈTE. , "^IV

Quant au diabète accidentel (consécutif soit à des lésions traumaliques des centres nerveux, soit à des tumeurs de l'encéphale, soit à des névroses telles que l'épilepsie ou la paralysie agitante), il se produit par un mécanisme analogue à celui que réalise la célèbre expérience de Cl. Bernard. On pourrait dire que c'est un diabète expérimental persistant : l'irritation du centre glycogénique étant persistante, la lésion morbide remplaçant ici la lancette de Cl. Bernard.

Quant au diabète spontané pancréatique, il résulterait non plus d'une perturbation fonctionnelle du centre nerveux glycémique, mais de la lésion de l'organe qui utilise la glycose et s'oppose à l'hyperglycémie.

Ce qui est certain, c'est que, chez les animaux supérieurs, les centres nerveux président à la glycémie, et que leurs perturbations fonctionnelles peuvent engendrer l'hyperglycémie, d'où résulte la glycosurie.

Cette glycosurie-là est une maladie nerveuse : il y a trop de sucre produit pour pouvoir être totalement utilisé par l'organe (pancréas?) qui le détruit.

Ce qui est pratique, c'est que la glycosurie expérimentale n'est qu'une maladie temporaire, tandis que la glycosurie spontanée, si simple qu'elle soit, peut persister et, s'aggravant, aboutir au diabète. — Il en est ici comme de la névrose vasculaire avec hypersarcose du cœur commençante, qui est le premier terme d'une série morbide dont le goitre exophlhalmique est le dernier. Ainsi la glycosurie est le premier terme et le diabète le dernier d'une même série morbide. Au fond, la chose est mauvaise et il y a lieu de se préoccuper de ce premier terme, d'observer l'évolution et de prescrire un régime spécial, mais qui ne soit pas trop rigoureux.

Ainsi la glycosurie simple n'est pas le diabète, tant qu'il n'y a ni polydipsie, ni polyphagie, ni polyurie. C'est là une confusion que font trop souvent les médecins, gens du monde sur ce point, confusion qu'ils font également quant à l'albuminurie simple (celle de l'érysipèle, par exemple) alors qu'ils la considèrent et la traitent comme une maladie de Bright.

La glycosurie simple, c'est-à-dire sans polyurie et sans poly-

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dipsie, peut durer indéfiniment sans grand dommage pour la santé et sans s'aggraver sensiblement d'année en année, quand les pertes quotidiennes en glycose sont constamment compensées par une alimentation réparatrice et l'abstention (pas trop rigoureuse) du sucre et des matières sucrées.

J'observe depuis nombre d'années des glycosuriques qui perdent chaque jour de 30 à 60 grammes de glycose, mais ne rendent que 1 litre et demi environ d'urine, et dont la soif est normale. Ces personnes continuent de se bien porter — et mènent même une existence assez active; mais ce sont des gens du monde, fortunés, heureux, et qui peuvent convenablement diriger leur hygiène.

Mais que le glycosurique fasse habituellement des écarts de régime, qu'il ait des chagrins ou qu'il soit pauvre, comme les malades de nos hôpitaux, et de glycosurique il devient diabétique, et meurt alors soit par épuisement simple, soit par phlhisie pulmonaire, soit dans le coma.

Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait des cas de diabète « d'emblée », c'est-à-dire avec, dès le début, polyurie et polydipsie.

On a décrit un diabète « gras» et un diabète «maigre», celui-ci étant dû à une lésion du pancréas et à la perturbation ou à la cessation des fonctions de cette glande ; la vérité est que le diabétique « gras w peut devenir «maigre» par épuisement progressif, même sans se tuberculiser. J'en ai vu des exemples, et dans des cas oii le diabète « d'emblée » était dû à de violents chagrins et n'avait rien à voir avec une lésion du pancréas : l'émotion, immédiatement suivie de polyurie sucrée et de polydipsie pouvant bien produire une perturbation nerveuse, mais non une lésion pancréatique.

Du reste, on s'est trop hâté de décrire un diabète « maigre pancréatique » : voici, par exemple, que Laveran vient d'observer, comme j'en ai vu des cas, un fait de diabète maigre et mortel, avec intégrité macroscopique et histologique du pancréas (t).

J'ajoute que j'ai observé des cas de polyurie simple, non su- (1) Société médicale des ii()pltau.\, séance du 13 janvier 1893.

crée (diabète insipide), oti les perles étaient supérieures aux réparations, avec amaigrissement progressif et l'aiblesse extrême, dont on pouvait très difficilement triompher chez les gens riches, mais qui se terminaient par la tuberculisalion chez les individus pauvres.

Les diabétiques éliminent parfois de petites quantités d'albumine sans que le pronostic en soit sensiblement aggravé ; mais ce que j'ai vu souvent dans la période d'émaciation, c'est le sucre disparaître des urines, l'albumine le remplacer et le malade entrer en cachexie; c'est alors la mort prochaine. Y a-t-il alors lésion ou irritation plus étendue et plus profonde du plancher du quatrième ventricule? ou, comme certaines autopsies le prouvent, néphrite parenchymateuse consécutive au passage incessant de la glycose à travers le rein?

Diminuer et mieux faire cesser la polyurie quand elle est simple et à fortiori quand elle est sucrée, tel est l'idéal à réaliser.

Modifier l'innervation par une médication interne et externe, quand il s'agit de la polyurie simple ; modifier, en plus, l'alimentation en y supprimant ou en y diminuant le sucre ou ce qui en fait (les féculents), quand il s'agit du diabète sucré, tel est le double idéal du traitement de ces affections.

Je prescris la valériane et la morphine : la valériane sous forme de valérianate d'ammoniaque, une cuillerée à café le malin, et d'extrait de valériane à la dose de 4 à 10 grammes par jour suivant les cas, et 1 gramme à la fois ; la morphine, 10 milligrammes par jour à l'intérieur, 1 milligramme à la fois, ou en injections hypodermiques, 1 centigramme à la fois — mais avec réserve dans la crainte des escharres.

Je donne 1 gramme au moins de bicarbonate de soude à chaque repas dans le diabète, et je prescris une cure à Vichy ou à Carlsbad chaque année.

Je diminue le sucre dans le cas de glycosurie etje le supprime dans le cas de diabète, le remplaçant par la saccharine ou la glycérine ; je diminue ou supprime autant que possible les féculents; j'augmente les aliments azotés pour suralimenter et ré-

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parer les pertes de l'organisme; je conseille néanmoins les légumes frais, herbacés et les fruits, tels que cerises, groseilles, pôches, pommes, poires; je ne déconseille pas le lait (malgré le sucre qu'il contient) et je laisse boire de l'eau en abondance, l'élimination du sucre . en est favorisée et la déshydratation des tissus amoindrie.

Rappelez-vous qu'un régime antidiabétique trop sévère engendre le dégoût et produit l'anorexie.

Gomme médication externe, je conseille l'hydrothérapie sous toutes ses formes, douches froides, bains alcalins, bains de Pennés, pour modifier l'innervation périphérique. Pour modiûer l'innervation centrale, je fais passer des courants continus à travers la moelle et je conseille la révulsion sur la colonne vertébrale soit par les ventouses sèches, soit par les badigeonnages à la teinture d'iode.

Enfm et pour faciliter les combustions, surtout celle de la glycose, je conseille un exercice musculaire modéré, le jardinage, l'escrime, l'équitation, le patinage et la natation, qui combine à la fois la gymnastique et l'hydrothérapie.

Tels sont les principes généraux de la médication. A vous d'en varier les moyens.

Et pour terminer par quelques mots de pathogénie, ce seraient les lésions ou les troubles fonctionnels d'une portion déterminée des centres nerveux {portion bulbaire) qui provoqueraient l'hyperglycémie d'où naîtrait la glycosurie.

Mais entre l'hyperglycémie et cette lésion ou perturbation nerveuse, il faut un agent intermédiaire ; cet agent serait-il le pancréas, dont les lésions graves ou la disparition entraînent l'hyperglycémie?

Alors ce serait le pancréas qui utiliserait le sucre incessamment produit dans l'organisme par le foie. Le pancréas serait ainsi l'organe complémentaire du foie. Celui-ci produit la glycose, celui-là l'utilise en la détruisant.

Eh bien! je vous dis tout cela sans conviction!

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