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MALADIE U ADDISON

finalement sortir de l'hôpital au bout de six semaines, en partie débronzée.

Voici maintenant que le docteur Raymond a signalé, le 11 août 1892, à la Société médicale des hôpitaux, un cas de maladie d'Addison avec inlégrilé des capsules surrénales et altérations scléreuses de l'un des ganglions cœliaques.

« On discute encore, dit-il, sur la pathogénio de la maladie d'Addison et sur le rôle respectif des capsules surrénales et du grand splanchnique dans la production des pigmentations anormales qui ont fait donner à cette affection le nom de maladie bronzée. Or, dans le cas que je viens d'observer, les capsules surrénales ont été trouvées saines, tandis que le ganglion semilunaire du côté droit était le siège d'altérations très nettes. L'examen microscopique a démontré que ce ganglion était envahi par des lésions scléreuses, que les cellules nerveuses étaient fortementpigmentées, vacuolisées et raréfiées-; quelques-unes en voie d'atrophie et réduites à un petit amas pigmentaire. La moelle présentait sa structure normale; il en était de même des capsules surrénales.

« L'observation de cette malade (une femme de vingt-sept ans) réalise un nouvel exemple de la maladie d'Addison et constitue un nouvel argument en faveur de la théorie qui assigne une origine nerveuse à cette affection, dont la manifestation la plus saillante consiste dans une anomalie de la pigmentation et dans une coloration bronzée de la peau.

« Dans une communication ultérieure, je me propose de fournir une interprétation du mécanisme mélanodermique basée sur des données empruntées à l'histologie normale et à la physiologie comparée, et qui se rattache précisément à la théorie nerveuse de la maladie d'Addison, »

Ainsi on peut avoir la maladie bronzée sans lésion des capsoles surrénales.

Néanmoins, j'en arrive à me poser cette question : «Pourquoi les nègres sont-ils noirs? »

D'abord, ils ne le sont pas en venant au monde; et ce n'est pas avant un an que l'enfant du nègre commence à prendre la couleur de ses aïeux, sa peau ayant passé successivement du rou^e

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au bislre, puis au gi-is d'ardoise, puis au noir vers la troisième année.

Et maintenant, d'analogie en analogie, j'en viens à conclure que la nigrilie ou mélanodermie est un phénomène d' « involution », c'est-à-dire de déchéance ou de « retour en arrière ».

En effet, en même temps que la peau de l'enfant du nègre noircit, les phénomènes suivants se produisent chez la plupart d'entre eux : le prognatisme (signe d'animalité) se manifeste ; les sutures du crâne se ferment prématurément et nuisent ainsi au développement du contenu, le cerveau. 11 en résulte que celui-ci se rétrécit et s'allonge, que ses circonvolutions sont et moins profondes et moins compliquées (signe d'infériorité); et qu'ainsi, par sa pointe arrondie, par son lobe postérieur moins parfait, le cerveau du nègre adulte aussi bien que son cervelet ressemblent à ceux de l'enfant aryen ; il y a eu à la fois arrêt de développement et retour en arrière. C'est ce qu'on voit chez le gorille, qui, enfant, se rapproche de l'homme, et, adulte, retourne à l'animal.

Pour en revenir à la nigritie ou mélanodermie, je ferai remarquer ce fait peu connu, à savoir que les capsules surrénales sont, chez le nègre, d'un volume démesuré et en état d'hypérémie veineuse habituelle; or, il est impossible de ne pas rapprocher ce fait de celui de l'altération des capsules surrénales dans le plus grand nombre des cas de maladie d'Addison, quel que puisse être, d'ailleurs, le mécanisme d'intervention de ces organes dans la mélanodermie.

Ainsi, enfin, et comme conclusion, on est autorisé, par les analogies anatomiques et ethnologiques, à considérer la mélanodermie comme un l'ait de déchéance et de «retour en arrière». Ce qui est vrai pour la plupart des misérables nègres du centre de l'Afrique, mais cesse de l'être pour ceux que la civilisation a modifiés, forme et fond ; l'homme, continuant la création, devient créateur à son tour.

DYSCRASIE D'ORIGINE SPLÉNIQUE

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