‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 236 sur 287 · PATHOQÉNIE ET PROPHYLAXIE DE LA FIÈVRE PUERPÉRALE · texte numérisé non relu

PATHOQÉNIE ET PROPHYLAXIE DE LA FIÈVRE PUERPÉRALE

Ligerol, n'eut à intervenir que pour pratiquer la délivrance par \ quelques légères tractions opérées sur le cordon.

Notre confrère, pour se conformer aux coutumes en honneur, fit pratiquer des injections boriquées. Tout était donc pour le mieux et s'annonçait sous les meilleurs auspices, quand, le troisième jour après l'accouchement, la jeune femme éprouva un violent frisson, auquel succédèrent très vite les symptômes d'une péritonite intense. Le lendemain, je la vis; elle était déjà dans l'état le plus grave, et j'ai su que la mort arriva deux jours | après.

Or, et c'est là un point sur lequel il faut insister, notre confrère n'avait fait aucun accouchement depuis plus de six mois, il ne soignait à ce moment aucun blessé, aucun érysipèle. Poussant plus loin l'information, j'ai su qu'il n'existait dans le voisinage aucun cas de fièvre puerpérale ; que le seul dont on pouvait retrouver la trace s'était montré, un mois auparavant, à plus de 2 kilomètres de distance.

Peut-il être douteux que, dans ce cas, aucun contage n'a pu être apporté, qu'il s'agit bien, en un mot, d'une fièvre puerpérale spontanée, d'une auto-typhisation?

Pour mon compte, je n'hésite pas à le professer, et je crois que vous pouvez, sans complaisance, m'accorder le bien fondé de cette manière de voir.

De ce premier fait, on peut rapprocher le cas, en quelque sorte légendaire, d'une dame morte de fièvre puerpérale, avenue de l'Opéra. Cette femme, qui vivait dans l'opulence, fut assistée par un des accoucheurs les plus distingués de Paris ; quand je dis « assistée », j'exagère, car l'accoucheur avait mis auprès d'elle une sage-femme qui, ayant pris son poste huit jours avant l'accouchement, assista pour ainsi dire seule à celui-ci, dans lequel le médecin n'eut pas à intervenir (cela dit, pour qu'on ne puisse pas attribuer la contagion au médecin). Cette contagion ne peut pas davantage être imputée à la sage-femme, dans la maison depuis huit jours, je le répète, et qui n'avait vu aucune autre femme en couches. Ici donc encore, il est impossible de ne pas admettre la spontanéité de l'affection.

Mais ces cas étrangers vous frapperont peut-être moins que

Page 1