FIÈVRE PUERPÉRALE SPONTANÉE. V
les deux qu'il me reste à vous exposer et qui ont évolué sous vos yeux, dans les salles mêmes de la clinique.
La première de ces deux observations est celle d'une femme qui en était à son troisième accoucliement. Les deux premières couches avaient eu lieu à la campagne, et tout nous autorise à penser qu'elles n'avaient été suivies que de peu de soins, ainsi qu'il est habituel le plus souvent. Cependant ces deux accouchements avaient été parfaitement réguliers, les suites de couches normales et sans aucune complication, même légère.
Le troisième accouchement fut également très simple ; la délivrance, pratiquée par une sage-femme, ne nécessita aucune intervention.
Ici, je dois le dire, et j'insiste sur ce point, la sage-femme, malgré ses recommandations, ne put obtenir aucun soin de propreté, pas même un lavage des organes génitaux, et, à plus forte raison, pas d'injections.
Le quatrième jour, à la suite d'un frisson violen l, se montrèrent les symptômes d'une fièvre puerpérale. C'est alors que la malade fut amenée dans nos salles, oh elle arriva avec tous les signes d'une infection à forme septique. On pratiqua des injections vaginales, une injection intra-utérine avec l'acide phénique à 1 pour 100 ; rien ne fit et la mort survint bientôt.
L'autopsie nous révéla l'existence d'une péritonite néo-membraneuse sans pus dans la cavité péritonéale; il n'existait qu'un peu de pus dans la trompe droite et des débris placentaires dans l'utérus.
Présentée ainsi, l'observation est bien banale, dira-t-on, mais l'enquête dont je l'ai fait suivre va nous révéler des particularités dignes d'intérêt.
Cette femme habitait, avec son mari et un enfant, une chambre étroite, mal aérée; de plus, venus à Paris pour faire des économies, afin de payer un bien qu'ils avaient acheté, ces pauvres gens se nourrissaient fort mal. En résumé, misère physiologique, manque de propreté, voilà les causes qui expliquent ici l'auto-typhisation, dont la fièvre puerpérale a été la manifestation. D'ailleurs les débris placentaires, putréfiés, suffisaient, sans streptocoque à chaînette, pour expliquer i'aulo-lyphisation.