‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 240 sur 287 · PATHOGÉNIE ET PROPHYLAXIE DE LA FIÈVRE PUERPÉRALE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE ET PROPHYLAXIE DE LA FIÈVRE PUERPÉRALE

les frais pécuniaires — et de me passer de tout aide exercé — et de tenir compte des 3 kilomètres qui séparaient mon domicile do celui de ma cliente.

« 11 fallait pourtant, de toute nécessité, que ma première accouchée en clientèle eût des suites de couches excellentes. Pour atteindre ce but, l'accouchement et la délivrance étant eiïecLués correctement, que faire?... Il se trouvait que j'avais sur moi un flacon d'acide phénique concentré; il me sembla qu'une injection vaginale de solution phéniquée à 1 pour 100 me mettrait à l'abri de tout accident infectieux immédiat; je pratiquai cette injection, après quoi je m'en retournai chez moi, le cœur léger.

« J'étais à peine rentré qu'un messager, tout essoufflé, frappait à ma porte : « Vite, monsieur, la malade a tremblé de tous (c ses membres et puis elle a déliré, et maintenant elle a perdu « connaissance! » Nullement inquiet de ces phénomènes que je 7i' hésitai pas, pour les avoir déjà vus, à attribuer à la résorption de l'acide phénique, je ne pus pourtant esquiver de retourner auprès de la malade, soit 3 kilomètres pour aller et autant pour revenir. Chemin faisant, je jurai bien qu'on ne me reprendrait plus à me servir d'acide phénique en injection vaginale banale chez les accouchées, et je me mis à réfléchir pour trouver un mode de traitement qui pût, tout en assurant à mes accouchées de bonnes suites de couches, m'assurer, à moi, le minimum possible de préoccupations et de déplacements. »

Or, savez-vous ce qu'il a trouvé pour remplir toutes ces indications? Le titre de son travail, titre bien spirituel dans sa simplicité, va répondre : « De Vexcellence de l'eau simple comme liquide d'injection vaginale chez les accouchées. » Depuis ce temps, M. Lancry a employé l'eau simple et s'en est bien trouvé — comme ses accouchées.

Voici la statistique de M. Lancry et celle d'un de ses confrères, M. Delbecq, de Gravelines.

M. Lancry nous dit : « Depuis que je suis médecin, j'ai fait au total 58 accouchements, soit dans ma clientèle, soit dans celle des sages-femmes qui m'appelaient pour les accouchements qu'elles ne pouvaient terminer.

« La plupart de ces accouchemenls ont été faits chez des multipares appartenant soit à la classe ouvrière, soit à la classe aisée, mais laborieuse; mes clientes étaient presque toutes des femmes robustes. Un nombre relativement élevé parmi elles (5 sur 58) avaient le bassin notablement rétréci. Une douzaine d'entre elles se sont adressées à moi parce qu'elles avaient eu, ù, leurs couches précédentes, des accidents plus ou moins graves.

« Ces 58 accouchements se décomposent ainsi :

« 37 accouchements naturels, dont un par le siège et un provoqué artificiellement à huit mois et demi ;

« 21 accouchements artificiels, dont :

« 4 forceps au détroit supérieur; ^

« 14 forceps dans l'excavation, presque tous pour 0. I. P. ;

« 2 versions par manœuvres in ternes ;

« 3 délivrances artificielles, dont deux après forceps.

« Sur ces 38 accouchements, j'ai eu comme suites de couches : SO tout à fait bonnes, 3 bonnes, 3 passables, 2 défectueuses. »

La statistique du docteur Henry Delbecq n'est pas moins démonstrative. « Depuis mon séjour à Gravelines, dit-il, j'ai constamment employé et avec un plein succès les injections d'eau tiède (soit eau bouillie et refroidie, soit simplement eau tiède) à la suite des accouchements.

« Je n'ai eu de suites de couches pénibles que dans un seul cas, oti, par suite de rétention d'une partie de placenta, j'ai employé les injections de sublimé à 1 pour 2000. Toutes mes malades se sont levées du second au quatrième jour; je les fais manger huit heures environ après l'accouchement, et l'enfant est mis au sein deux heures après la délivrance. Ces malades, que j'ai observées durant huit ou neuf jours après l'accouchement, n'ont jamais eu de fièvre, excepté celle chez qui j'ai employé le sublimé.

« Ma statistique porte sur 114 cas sans accidents.

« Je dois ajouter enfin que j'ai employé l'eau simple dans un grand nombre de faussets couches de deux à trois mois et demi, sans avoir jamais aucun accident.

« Dans un seul cas, à la suite d'une version et d'une délivrance

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