MILIEU INFECTIEUX, MICROBE INFECTIEUX
déti'oncation, une tête presque verte et putréfiée, répandant une odeur insupportable. Elle n'eut cependant pas un seul frisson et se remit promptement.
« J'ai publié, dans les Annales d'obstétrique de M. Gueniot, une observation sur un cas de rétention de placenta chez une i'emme ayant un utérus double, rétention absolue, puisque la suppuration dura quarante-cinq à cinquante jours; la femme a guéri. Il est impossible que, dans ces diverses circonstances, je n'aie pas été en présence de tous les microbes connus et peutêtre inconnus. C'est donc seulement aux conditions hygiéniques inhérentes à l'habitation dans les montagnes et à l'isolement des malades que je dois la guérison de ces malades.
« Les microbes ne se sont pas trouvés dans le milieu où ils deviennent des poisons.
« Je pourrais multiplier ces exemples, et même au point de vue des accouchements, je pourrais faire une sorte de statistique intéressante. Malheureusement, je ne puis faire moi-même l'examen microscopique des lochies, mais je suis convaincu qu'on y trouverait toute la ménagerie microbienne.
« C'est la maladie qui rend le microbe nuisible et susceptible à son tour de transmettre V infection; mais si le milieu dans lequel il vit reste bien équilibré, il y séjourne lui-môme bien indifiérent. »
Ici encore l'objection, mais combien puérile ! « Pour qu'il y ait fièvre puerpérale dans un pays, il faut qu'il y en ait eu d'abord un cas venu du dehors » ; ce qui suppose précisément ce qui est en question, la non-spontanéité de cette fièvre.
Mais voici encore pour y répondre, et cela au point de vue microbien : le streptocoque serait le bacille producteur de la fièvre puerpérale; or, il est aussi le bacille producteur de l'érysipèle. — Eh bien ! puisqu'il produit celui-ci, il doit aussi pouvoir produire celle-là. Dira-t-on contre toute vraisemblance qu'il n'y a jamais eu un seul cas d'érysipèleà Savigny-sur-Braye? Et s'il y en a eu, pourquoi n'y a-t-ilpas eu de fièvre puerpérale? Pourquoi ? Simplement parce que la campagne n'est pas la ville, ni la robuste villageoise lachétive citadine.
On conseille, on enseigne aux étudiants un hixe de précau-