PATHOGENIE ET PROPHYLAXIE DE LA FIÈVRE PUERPÉRALE
tions antiseptiques qui leur seront bien inutiles dans leur pratique privée, surtout s'ils exercent à la campagne.
La PROPRETÉ y suffira, et c'est la conclusion comme la moralité de toute la campagne microbienne et antiseptique.
D'ailleurs, voici qui est bien autrement concluant, parce que les faits sont absolument comparables; je veux parler des résultats obtenus par deux chirurgiens qui se sont immédiatement succédé dans un môme établissement gynécologique à Londres, le Samaritan free Hespital. L'un, le docteur Thornton, microbien convaincu, appliquait le pansement de Lister dans tous ses détails; l'autre, le docteur Granville Bantock, se contentait d'être propre, et n'employait aucune précaution antiseptique. Or, voici les résultats de leur pratique :
116 laparotomies listériennes ont donné à M. Thornton 12 décès;
82 opérations de même nature, pratiquées avec de simples 5oins de propreté, par M. Bantock, ont été suivies de 82 guérisons.
J'ajouterai que Lawson Tait, qui n'emploie que l'eau bouillie — laquelle est impuissante à tuer les microbes et leurs germes — a eu 139 succès sur 139 ovariotoraies.
Voici la statistique comparative des ovariotomies faites au Samaritan Hospital du mois d'avril 1883 au mois d'avril 1888 :
Opérations du docteur Bantock.
Total. Guéries. Morts.
Plus les cas de M. Doran.
Opérations listériennes.
Total. Guéries. Morts.
Ce qui donne un total de 86 opérations non listériennes sans une seule mort, contre 116 opérations listériennes dont 12 morts, ce qui donne une mortalité de 10,34. pour 100 pour les listérietines.
Depuis le mois de juin 1888, le chiffre 82 s'est élevé à 90, selon des renseignements particuliers transmis à la fin de mars 1889 par M. Bantock lui-même.
A ce chiffre de 90, il convient d'ajouter les 4 opérations faites par M. Doran, Tun des chirurgiens du Samaritan Hospital, qui
L'ANTISEPSIE C'EST hk PROPRETÉ. 763
a passé du camp des listériens au camp des anlilislériens. C'est donc, en résumé, une série de 94 opérations d'ovariolomt'es faites sans antiseptiques avec une mortalité nulle (I). La question n'est-elle pas jugée?
Que devons-nous conclure de cette démonstration à mon avis si complète? C'est que l'antisepsie c'est la propreté, exclusivement la propreté. Je veux rendre pleine justice aux microbiologistes ; leurs recherches ont été l'origine de soins de propreté plus minutieux; cela, nous le leur devons en grande partie, mais cela seulement.
Et, ici encore, ainsi qu'il est habituel, l'esprit médical a décrit la courbe du compliqué vers le simple.
(i) British médical Journal, 30 juin 1888.