‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 253 sur 287 · BRUITS DE SOUFFLES FONCTIONNELS · texte numérisé non relu

BRUITS DE SOUFFLES FONCTIONNELS

coup plus fréquent chez la femme que chez l'homme, je crois qu'il avait observé nombre de faits analogues à celui dont je vous parle ; et, dans ces conditions, je ne puis m'empêcher de considérer sa proposition comme erronée. S'il avait suivi ses malades pendant longtemps, il aurait pu voir le rétrécissement disparaître, ce qui prouve qu'il s'agit bien là d'un simple spasme de l'orifice. Les chlorotiques font des rétrécissements par spasme comme elles font des insuffisances par atonie des orifices, c'est ce qui vous explique pourquoi vous pouvez observer chez elles de l'insuffisance tricuspidienne.

Je vous ai montré également chez notre malade, au moment de son entrée, le phénomène du pouls veineux ; Parrot avait, depuis longtemps, signalé l'existence du pouls veineux dans les cas de chlorose très avancée, et il en avait rapporté huit observations; Friedreich le niait. Nous savons maintenant la raison de cette contradiction : le pouls veineux s'observe chez ces chlorotiques, mais lorsqu'elles sont couchées ; c'est dans cette position que Parrot avait examiné ses malades ; si vous les faites asseoir, le pouls veineux disparaît, le reflux du sang ne s'observe plus; c'est pourquoi le phénomène avait échappé à Friedreich.

Vous voyez, en somme, que chez les chlorotiques, soit qu'il y ait des rétrécissements par spasme ou des insuffisances par atonie, vous pouvez observer les signes de toutes les affections organiques du cœur; tout est possible chez elles, excepté le bien.

De tout ceci, rappelez-vous l'importance que peut avoir la recherche de la douleur dans la région précordiale; retenez bien que la signification des points douloureux est variable suivant leur siège et suivant qu'ils correspondent au myocarde, au plexus coronaire ou au plexus cardiaque et qu'ils s'accompagnent ou non de douleur le long du pneumogastrique. Pour ce qui est du dédoublement du premier ou du second bruit constaté chez les chlorotiques, il n'a pas une grande valeur, parce qu'en général, sinon toujours, il disparaît avec la chlorose.

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