CENT CINQUANTE-DEUXIÈME LEÇON
Con$;estioit iiiéiiiiigo-métluUairc.
Mécanisme de la révulsion. — C'est le grand sympathique qui est le trait d'union entre la sensibilité et la circulation du contenant splanchnique et du viscéral contenu.
Messieurs,
Je veux faire justice, une fois de plus, devant vous, de ce .sophisme néfaste en thérapeutique et très répandu aujourd'hui, qui consiste à dire que la révulsion est un non-sens. Chercher, par une émission sanguine ou une irritation cutanée locale, à agir contre une congestion ou une lésion d'un organe situé profondément, serait un non-sens.
L'argument anatomique faux sur lequel s'appuie cette théorie est le suivant : il n'y aurait, par exemple, aucune relation vasculaire ni nerveuse entre la paroi abdominale ou la paroi thoracique et les viscères de ces cavités, situés profondément. Il serait irrationnel de retirer du sang d'un vaisseau de la surface ou d'irriter les nerfs de la peau pour agir sur des organes dont les plexus nerveux ou la circulation n'ont aucun rapport avec les nerfs ou les vaisseaux cutanés.
Ainsi ces médecins nient toute relation entre la circulation de la paroi abdominale et la circulation de l'estomac, du foie, de l'intestin, de l'utérus; de même pour l'innervation, ils ne voient aucun rapport entre les nerfs intercostaux et les nerfs du cœur et du poumon. Aucune relation entre les nerfs cutanés et les plexus cardiaques et pulmonaires. En un mot, les deux territoires vasculaires et nerveux de la superficie et de la profondeur seraient complètement isolés et ne pourraient avoir aucune action physiologique l'un sur l'autre.
C'est là, ainsi que je vais vous le prouver, une erreur anato- Petkr. — Clin. méd. iiu— B2
mique complète. Il sulTil de nous reporter aux notions d'anatomie vasculairc et nerveuse les plus élémentaires, pour trouver le lien naturel des deux systèmes. Vous verrez toute grosse branche artérielle d'origine se diviser en rameaux superficiels et en rameaux profonds ou viscéraux, de même le tronc nerveux donner^ d'une part, des filets aux nerfs cutanés, et, d'autre part, des filets viscéraux.
Voyons d'abord comment se fait la distribution yasculaire à la peau de la paroi thoracique» Entre les deux côtes, en arrière, nous trouvons le tronc de l'artère intercostale qui va se ramiQer dans la paroi thoracique et devenir cutanée. Mais, tout près de son origine, l'artère intercostale émet une branche assez importante, profonde, qui va à la moelle : l'artère spinale. Toutes les artères intercostales donnent ainsi une branche profonde, médullaire. Il n'est pas douteux alors que, si l'on fait de la révulsion sur le thorax, si l'on agit sur les dernières ramifications de l'artère intercostale, on modifie les conditions de circulation dans le tronc artériel d'origine. On agit ainsi indirectement sur l'artère spinale et, par là même, sur la circulation de la moelle. Vous le voyez, la dépendance des deux systèmes superficiel et profond est évidente.
Ce qui est vrai de la révulsion pour l'appareil vasculaire ne l'est pas moins pour l'innervation. Le tronc du nerf grand sympathique, dans son trajet dorsal, donne des filets aux nerfs intercostaux d'une part, et des filets profonds des branches viscérales d'autre part. Les filets sympathiques des nerfs intercostaux vont se perdre dans la paroi thoracique et mettent le grand sympathique en relation avec toute irritation de la paroi. Toute excitation nerveuse produite sur le thorax retentira sur le tronc nerveux commun et par réflexe sur les branches viscérales. Il y a ainsi harmonie parfaite entre le contenant et le contenu, grâce à la communauté d'origine et aux anastomoses vasciilatres et nerveuses des deux systèmes.
L'action physiologique résultant de l'acte révulsif est ainsi des plus complexes. Par l'application de ventouses scarifiées ou do sangsues, nous vidons les branches terminales de l'artère, et, par contre-coup, nous abaissons la pression dans le tronc de l'ar-