IRRITATION SPINALE
Si l'oreille et l'extrémité céphalique sont chaudes chez notre jeune fille, les mains, au contraire, sont froides, violacées, un peu gonflées, et les pieds sont également froids et couverts d'une sueur visqueuse.
11 y a donc un remarquable défaut d'équilibre dans la température des extrémités du corps.
A ces troubles vaso-moteurs que vous pouvez constater de visu, se joignent des phénomènes douloureux qui vous seront dévoilés soit par l'interrogation, soit par la palpation.
11 existe une céphalalgie continuelle et assez vive pour que la malade se soit appliquée spontanément un vésicatoire derrière l'apophyse mastoïde. C'est une véritable névralgie du cerveau, névralgie qui trouble le sommeil et entraîne l'apparition de rêves tristes, de cauchemars pénibles.
Du côté de la moelle, on trouve un endolorissement que révèle la pression au niveau de toutes les apophyses épineuses.
Aux membres, les masses musculaires sont sensibles; au niveau du thorax, les espaces intercostaux sont le siège de névralgies avec les trois points pathognomoniques antérieurs, moyens et postérieurs. Les douleurs des membres siègent surtout à gauche, ce qui tient probablement à ce que l'hémisphère cérébral droit préside surtout à la sensibilité, tandis que l'hémisphère gauche est le centre où s'élabore la pensée et où prend naissance la parole. Les différents viscères des cavités splanchniques présentent également des troubles de la sensibilité.
L'estomac est le siège de tiraillements qui se montrent au repos et surtout à la suite des repas. C'est une gastralgie, une névralgie de l'estomac, à laquelle correspond une température de 35°, 5, température normale du creux épigastrique. S'il y avait lésion organique, la température serait surélevée.
Du côté de l'abdomen, l'utérus est très sensible à la pression; mais l'ovaire est complètement indolore, il n'y a pas à son niveau de point hystérogène.
Le cœur est parfois le siège de douleurs qui éclatent spontanément, s'irradiant dans l'épaule gauche. Certains malades ont même de véritables accès d'angine de poitrine, s'accompagnant non seulement de douleurs irradiées, mais aussi d'irrégularité,
d'intermittences du pouls, de tendance à la syncope et môme de syncope vraie.
A la pression, la région précordiale est douloureuse, surtout oti la percussion dénote l'existence de l'aorte et de l'artère pulmonaire, tout particulièrement dans le point où siège le ganglion de Wrisberg.
La pression du pneumogastrique droit est pénible à la région du cou. Il en est de môme de la pression exercée le long du plexus pulmonaire, au niveau de la trachée et des bronches, et sur le plexus solaire au creux épigaslrique. Remarquez encore que là où nous avons pressé ou percuté, nous avons vu se dessiner sur la peau de larges taches rouges.
Enfin, pour compléter ce tableau, ajoutons que les urines ont contenu, le jour de l'entrée, des flots d'albumine; que cette albumine a disparu le jour suivant pour reparaître depuis, mais en quantité à peine appréciable.
Eh bien, quelle est la cause de tous ces phénomènes? Quelle est la maladie de cette femme ? Sa maladie une fois déterminée, quel en est le pronostic, quel en est le traitement?
Revenons sur les troubles de la circulation. La rougeur et la chaleur qui occupent successivement chacune des oreilles, le refroidissement des pieds et des mains, nous démontrent qu'il y a un singulier défaut d'équilibre entre la température de l'extrémité céphalique et celle des autres extrémités. D'autre part, la palpation détermine la production de taches rouges, véritables taches cérébrales ou méningitiques qui dénotent d'une irritabilité extrême des nerfs vaso-moteurs.
C'est à des troubles vaso-moteurs semblables qu'il faut rapporter les accidents que la malade accuse du côté du cerveau. Lorsque la tête est chaude, lorsque le sang afflue dans la cavité crânienne, elle se plaint d'avoir la tête lourde et pleine ; lorsque, au contraire, comme cela peut se produire d'un moment à l'autre, par suite du défaut d'équilibre dans les températures locales, les petits vaisseaux se contractent, elle sent sa tête vide. En même temps que la sensation de plénitude, elle pourra encore avoir des vertiges, ou en môme temps que la sensation