CAS DE PARAPLÉGIE. N
le début de l'imprégnation, elle a ressenti des douleurs et de la faiblesse dans les membres inférieurs. Les douleurs ne firent qu'augmenter, à tel point qu'elle ne pouvait se soutenir. Tel était son état le jour de son entrée à l'hôpilal. La douleur et l'impotence fonctionnelle avaient envahi les membres supérieurs. Ici, comme dans le cas précédent, la marche ascendante est aussi bien établie. Les réflexes rotuliens sont abohs des deux côtés, et le réflexe plantaire exagéré. Les apophj'ses épineuses sont douloureuses à la pression, les réservoirs sont intacts, ce qui est très important.
Ce méfait de la grossesse a été étudié et analysé par un grand nombre d'auteurs. Récemment, on en a fait un réflexe. Il résulte d'expériences de physiologie qu'en liant les reins ou les uretères, il se produit un réflexe dont le résultat est de contracturer, de resserrer les vaisseaux de la moelle : c'est l'anémie de cette portion du système nerveux. Mais le réflexe est im acte devant se traduire par du mouvement. Il est étrange qu'il puisse produire une paralysie ou paraplégie, c'est-à-dire l'abolition du mouvement, alors que le propre du réflexe est de produire ' un acte. En outre, il n'y a pas anémie ou ischémie, mais plutôt hypérémie.
Je dois reconnaître cependant que l'histoire de la paraplégie réflexe est une étape heureuse. Si l'on a mal interprété les faits, on a édifié des travaux importants qui nous ont conduit à d'excellents résultats.
Cela dit, revenons à notre malade. Par le fait de la grossesse, -il y a eu irritation utérine, se transmettant au plexus hypogastrique et à la moelle, et dont le point de départ certain est l'irritation des terminaisons nerveuses qui viennent s'épanouir sur la muqueuse de l'utérus. Il peut y avoir de l'inflammation, mais il est possible aussi que l'irritation aille jusqu'à Thypérémie du nerf, à la névrite, et que de proche en proche, de la périphérie au centre, elle gagne la moelle et devienne la myélite ascendante. C'est là l'observation quotidienne. C'est donc une myélite ascendante par névrite ascendante. Le point de départ est important à connaître, car le mode de thérapeutique variera dans chaque cas particulier. Ici nous ne pouvons douter qu'il s'agit
bien d'une irritation, peut-être d'une phlegrnasie des nerfs utérins avec retentissement sur la moelle.
Au nunipro 2, salle Trousseau, est encore couchée une femme atteinte de congestion médullaire. Elle est entrée à l'hôpital au onzième jour de sa fièvre typhoïde. Taches rosées, diarrhée fétide, rate volumineuse, douleur et gargouillement dans la fosse iliaque, hébétude, prostration, courbe thermométrique caractéristique, rien ne manque. Elle a donc bien une fièvre typhoïde, mais elle n'a pas que cela : elle est paraplégique. 11 lui est impossible de soulever les membres supérieur et inférieur du côté droit; on constate simplement de la paresse des membres du côté gauche. Poussant plus avant nos investigations, nous remarquons que les apophyses épineuses sont douloureuses à la pression et qu'elle a de la difficulté à respirer, passez-moi l'expression, de son diaphragme droit. Cette dyspnée est provoquée par la douleur. Nous recherchons l'état des pneumogastriques et du phrénique. Aux différents points sur lesquels porte notre examen soit du côté droit soit du côté gauche, le pneumogastrique ne parait pas douloureux. Si nous portons le doigt en avant du scalène antérieur droit, la malade pousse un cri de douleur. Le bulbe ne paraît pas atteint, la malade avale très bien et ne paraît ressentir aucune gêne dans la déglutition ; néanmoins, il pourrait l'être puisque la myélite est ascendante. Cette forme de la lièvre typhoïde n'est qu'une forme spinale dont la congestion est l'élément primordial.
Les microbiens admettent une intoxication de la moelle par les microbes de la dothiénentérie. Supposons que ces microbes existent, qu'ils soient dans la moelle. Nous ne pouvons rien contre eux, mais nous pouvons combattre leurs méfaits, c'està-dire la congestion, et voilà pourquoi encore une fois de plus la révulsion sera la seule et vraie thérapeutique. Supposons que l'on ne prenne pas garde à ces accidents actuels, que l'on se contente de combattre l'hyperthermie, comme l'a fait Brand, ou que l'on administre seulement des médicaments spécifiques ou antimicrobiens, le malade guérira de la fièvre typhoïde, mais il guérira paralysé.