CENT CINQUANTE-SIXIÈME LEÇON
Asphyxie par l'oxyde de carbone. — Des éiiiissious sanguines dans les maladies des centres nerveux.
Résultats toujours bienfaisants pour les faits les plus divers.
Messieurs,
■ Le i février dernier, est entré dans notre service, au numéro 6 de la salle Saint-Luc, un jeune homme qui est intéressant parce qu'il s'agit là d'un fait pratique devant lequel il faut que vous ne soyez pas désarmés. C'est, en effet, un jeune homme qui a été asphyxié par les vapeurs du charbon. J'aurai donc à vous parler des accidents que cause l'inhalation des vapeurs du charbon, c'est-à-dire l'asphyxie, phénomène immédiat. J'aurai à vous parler des paralysies consécutives à cette asphyxie, du traitement de l'asphyxie et du traitement de ces paralysies, ou des phénomènes qu'entraînent les paralysies.
Assurément, la science moderne connaît l'intimité des phénomènes de l'asphyxie par les vapeurs du charbon. On sait très bien quelle est l'altération du sang. On sait que, dans le sang, c'est surtout l'hémoglobine qui est altérée par l'oxyde de carbone ; on sait que sous l'influence de l'altération de l'hémoglobine, celle-ci a cessé d'être réductible, soit à l'hydrogène sulfuré, soit au sulfhydrate d'ammoniaque. On a analysé admirablement le sang, mais dans cette analyse, on a quelque peu oublié l'homme. C'est un peu le fait de l'analyse contemporaine. On sait très bien quelle est la composition du sang, quelles en sont les altérations d'une manière générale, quelles sont les cellules, leur forme, celle des noyaux; mais on perd habiLuellement de vue l'homme. Or, c'est à l'homme que nous avons aflaire et non pas à des cellules, à des noyaux, à de l'hémoglo-