‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 274 sur 287 · EFFETS DE LA SAIGNÉE · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA SAIGNÉE

bine, ou à l'altération de celte hémoglobine. C'est qu'en effet, messieurs, j'ai vu que dans mon entourage (et mon entourage n'est pas composé des premiers venus parmi les médecins contemporains) on avait omis ce qui a réalisé chez notre malade un immédiat bienfait, c'est-à-dire qu'on avait omis de pratiquer la saignée; et l'on omet également la révulsion sanglanlele long du rachis, c'est-à-dire sur les cordons médullaires. Or, vous allez voir que, dans ces conditions, indépendamment de l'asphyxie et des troubles de l'hématose auxquels elle donne lieu,, il y a ultérieurement — et cela s'est produit pour notre malade — des troubles du système nerveux de la plus haute gravité. Voici le cas :

Un jeune homme nous est apporté dans la matinée de samedi dernier. Ce jeune homme était dans la résolution la plus complète ; ses muscles étaient absolument inertes et non seulement inertes, mais ils n'obéissaient plus aux actions réflexes, c'est-àdire que le chatouillement ne produisait pas le réflexe habituel. Par exemple, l'attouchement de la cornée à l'aide d'une barbe de plume ne donnait pas lieu au réflexe cornéen. Par conséquent, cet individu était dans la résolution et dans l'inertie la plus complète; il y avait chez lui perte de la sensibilité tactile comme de la sensibilité réflexe, perte de la motilité volontaire comme de la motilité réflexe, perte de connaissance absolue et contracture des pupilles. De plus, la figure était rouge, turgide; les lèvres étaient violacées, et de ses lèvres entr'ouvertes s'échappait une salive écumeuse. La respiration se faisait d'une façon régulière mais fréquente ; il en était de même de la circulation; le pouls était pour ainsi dire incomptable, il donnait plus de cent trente pulsations ; il était non seulement très fréquent, il était encore irrégulier. A l'auscultation du cœur, comme des poumons, on ne trouvait rien d'insolite. Par conséquent, cet individu n'étaitjpas asphyxié dans le sens absolu du mot, puisque la respiration s'effectuait, mais mal, et que le cœur continuait à fonctionner, mais mal également.

Supposons maintenant que nous n'eussions pas connu ce qui s'était passé, c'est-à-dire que nous n'eussions pas su que cet homme s'était exposé pendant la nuit aux émanations des va- Peter. — clin. méd. ur. — o't

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peurs du charbon, que nous eussions ignoré qu'il avait eu un réchaud allumé dans sa channbre, qu'il s'était couché pour se livrer au sommeil dans un local dont l'atmosphère avait été momentanément surélevée par le fait de ce combustible (ils étaient deux couchés dans cette chambre très petite); notre malade couché au fond et son camarade près de la porte, porte mal close heureusement ; aussi chez lui l'asphyxie fut moins complète que pour notre jeune homme, qui a été pris d'une sorte de paralysie généralisée) ; supposons, dis-je, que nous n'eussions pas connu la cause prochaine et certaine de cet état particulier de son système nerveux, et les troubles fonctionnels qui en étaient la conséquence; qu'aurions-nous dit en voyant cette figure rouge, gonflée, Cette turgescence des tissus, et en constatant que le malade était dans la résolution ? Nous aurions dit : il a une congestion des centres nerveux. Eh bien, quelle était l'indication à remplir ? Était-ce de combattre l'altération de l'hémoglobine, contre laquelle je ne pouvais rien, ou était-ce de combattre le fait anatomique matériel qui déterrninail cet état si grave, dont nous avions les symptômes sous les yeux? Je fis saigner le malade, on tira environ 300 grammes de sang ; le sang veineux sortait de la veine à l'état de sang rouge ; — vous savez que c'est là un des caractères de l'altération du sang par l'oxyde de carbone. J'ajoute que, pendant que le sang coulait, et quelques minutes après qu'il eut cessé de couler, le pouls diminua de fréquence et put être compté ; l'irrégularité était moindre, puis elle disparut; enOn le réflexe cornéen, qui consiste dans l'abaissement des paupières lorsqu'on touche la cornée avec une barbe de plume, le réflexe cornéen reparut presque immédiatement. Par conséquent, une amélioration s'était produite par le fait d'une émission de sang k laquelle personne autour de moi ne pensait. C'est qu'en effet on a perdu la notion traditionnelle des émissions sanguines, dans les divers états morbides du système nerveux. Et ici, on y pensait d'autant moins qu'on savait quëllc élait la cause des accidents. Devant cette asphyxie due aux vapeurs du charbon, on avait eu recours à l'oxygène, ce qui n'était pas un mal, mais on ne pensait pas à décongestionner les centres nerveux. Or, savez-

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