EFFETS DE LA MÉDICATION INVERSE
m'élait envoyée de Normandie ; cette jeune fille avait une paralysie musculaire amyotrophique et graisseuse, c'est-à-dire que les muscles étaient atrophiés et remplacés en tant que muscles par de la graisse. Elle était absolument infirme et incurable. Eh bien, savez-vous comment tout cela avait procédé? C'était une jeune fille d'une vingtaine d'années, qui, cinq ans auparavant, avait eu de violentes douleurs dans la région rachidienne. On n'avait pas encore découvert les propriétés de l'antipyrine, sans quoi on lui en aurait donné, ce n'est pas douteux, avec autant d'insuccès que de persistance. Mais comme c'était une jeune fille, âgée seulement de quinze ans, on lui avait donné de la valériane à outrance, parce que son mal devait être « nerveux ». A la valériane on ajouta même de l'oxyde de zinc, c'est-à-dire des pilules de Méglin. Pas de résultats. Pour rassurer la famille, on disait : « C'est de l'hystérie ! » Qu'étaient donc ces douleurs qui siégeaient d'une façon aussi persistante dans la région rachidienne? C'était simplement une congestion des enveloppes de la moelle. Sous l'influence de cette congeslion, qui n'avait pas été combattue parla révulsion locale, il y eut des lésions de la moelle et des nerfs qui en émanent, « troubles trophiques » suivant les idées du jour — et comme ces troubles se sont manifestés sur les muscles, on dit «troubles amyotrophiques»— mais ce platonisme philologique n'a pas empêché ces troubles de s'accuser et de donner lieu à une paralysie par disparition de l'élément musculaire. En somme, cette jeune fille a eu des névrites consécutives à une congestion desenveloppes delà moelle, et, plus tard, une atrophie musculaire par cessation de l'influx nerveux. Supprimez l'innervation, le muscle s'atrophie : voilà pourquoi cette jeune fille, qui n'a pas été traitée, a vu ses muscles s'atrophier et pourquoi la graisse a remplacé la fibre musculaire.
Tenez pour certain, messieurs, que, chez bon nombre de jeunes filles, il se fait, à l'époque de la menstruation, des congestions viscérales, médullaires ou encéphaliques, et qu'il faut les combattre; si elles s'éternisent, elles se transforment en une phlegmasie, et vous avez soit des paraplégies incomplètes, soit une destruction des muscles par défaut d'innervation. Eh bien,
.s(!o La Révulsion.
si celle persistance de la douleur provoquée par la congeslion avait été combattue comme chez le malade de Bruxelles, on aurait mis un terme rapide à l'accident primitif qui a déterminé des accidents ultérieurs si graves. Voilà pourquoi je dis que toujours vous devez combattre la congeslion, surtout lorsque celle congestion porte sur les centres nerveux, c'est-à-dire sur des organes d'une extrême délicatesse et d'une extrême fragilité ; sinon les tubes nerveux disparaissent, la myéline se désagrège, et vous avez la disparition d'un organe de la plus grande importance, la moelle, moindre si ce sont des nerfs, mais avec cette conséquence : l'atrophie. — Par conséquent, messieurs, cette leçon est la glorification de la révulsion sanglante.
NÉPHRITE AlGUE.