ANALYSE RAMENANT A LA SYNTHÈSE
que son exposition de l'état de la plèvre, des variétés des fausses membranes et de la variation de l'épanchement dans la pleurésie. Sa précision est particulièrement merveilleuse dans l'histoire de la phthisie pulmonaire : il étudie successivement la granulation tuberculeuse, le tubercule et l'inflltration ; mais il sait n'y voir qu'une variété éventuelle de la forme avec identité du fond, et il évite à la fois l'erreur de Bayle, son contemporain, qui avait indûment multiplié les formes de la phthisie, et l'erreur non moins grande de l'école allemande, qui fendit en deux l'unicité, si vraie, de la phthisie, pour en faire une dualité, si fausse.
L'écueil de l'anatomie pathologique (pure contemplation du cadavre) non vivifiée par la clinique (observation du vivant), cet écueil, il est là tout entier : la lésion fait perdre de vue le malade et substitue la médecine des fragments à la médecine de l'entier.
Or, c'est à l'entier, à l'organisme vivant et réagissant que nous avons affaire.
De précision en précision, d'analyse en analyse, l'anatomie pathologique devait en arriver à l'étude de la lésion dans les éléments mêmes des tissus de l'organe affecté, c'est-à-dire à l'Aùtologie pathologique ; ainsi la localisation se faisait de plus en plus précise : de l'organe affecté on allait aux tissus, puis aux éléments de ces tissus ; au delà il était à supposer qu'il n'y avait plus rien. On se trompait : il y avait le microbe.
Du microbe est née la doctrine des « maladies parasitaires ».
Suivant les parasidstes, le microbe n'est pas la lésion, c'en est Vagent, c'est lui qui est l'auteur de tout le mal. Il n'a pas seulement lésé l'organe, il n'a pu le faire qu'en s'introduisant dans l'organisme, il n'a pu s'y introduire qu'en I'infectant.
Et voici que de localisation en localisation on en arrive à reconstituer, de par l'histologie, les maladies générales.
Ainsi la localisation en médecine, expression de l'esprit d'analyse, tendance scientilique de notre époque, la localisation se trouve en face d'un microorganisme, de sorte que, conséquence inattendue, l'esprit médical a décrit un véritable circulus : pa?7z de l'analyse, il aboutit à la synthèse, il revient au point de départ. Peter. — Clin. méd. m. — 1**
6 PATHOLOGIE GÉNÉRALli CLINIQUE.
La localisation à oulrance aboutit à la généralisation; il n'y a plus de maladies locales, il n'y a que des maladies générales. Les doctrines de Laënnec sont renversées par les doctrinaires de Laënnec. Ainsi, comme exemple, la pneumonie n'est plus une maladie locale du poumon, elle est une affection de l'organisme, elle est une maladie infectieuse, et l'infectieux est le jmeumocoque.
Suivant la doctrine bactériologique, le pneumocoque, introduit dans l'organisme, y fait la fièvre d'abord, la lésion locale du poumon ensuite. La maladie générale n'est autre que la lutte de l'organisme contre le pneumocoque. Celui-ci triomphe de l'organisme ou est vaincu : c'est la mort ou la vie soit du malade, soit du microbe.
Le pneumocoque peut s'introduire en même temps dans plusieurs organismes, il y a alors épidémie de pneumonie. Il peut, sortant d'un organisme affecté, en envahir un autre ; c'est la contagiosité.
Ainsi se trouve reconstituée la febris peripneumonica des anciens, avec la contagiosité en plus !
Les plus fougueux des généralisateurs sont dépassés par les localisateurs les plus résolus.
Telle est la marche circulaire de l'esprit humain, on pourrait dire telle aussi son infirmité.
Voilà donc que les histologues (outranciers de la localisation), devenus parasitistes, ont 7-efait (et avec raison) de la pneumonie une maladie générale.
Eh bien, laissez-moi vous dire qu'un agrégé de celte École, en 1869 (il y a dix-sept ans), en plein règne d'un organicisme intolérant, avait osé dire que, dans la pneumonie (comme dans la pleurésie), la fièvi^e était la maladie, et la lésion du poumon un effet de cette fièvre ; — que la lésion étant à la matière ce que les symptômes sont aux forces, il fallait se guider, dans la thérapeutique, sur les symptômes de )a fièvre ; qu'il fallait n'avoir en vue que celle-ci et varier la médication suivant que la fièvre était « légère », « inflammatoire », « bilieuse » ou « nerveuse » (typhoïde, ataxique ou adynamique) ; qu'ainsi l'expectation ou la médication antiphlogistique, ou la médication éméto-catliar-