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QUATRE-VINGT-SEPTIÈME LEÇON

Tonte-puissance créatrice de la cellnle vivante. Influence des milieux dits de culture.

Encore la phagocytose. — Le pavot créateur d'alcaloïdes. — La cellule musculaire créatrice d'alcaloïdes également. — Le microbe s'imprègne et se dépouille tour à tour d'une virulence d'emprunt. — Les moelles rabiqiies perdent leur virulence avec leur humidité. — "Vaccination anticholérique aussi peu efficace que l'antirabique. — Streptocoque pyogène sans suppuration et suppuration sans streptocoque pyogène.

Messieurs,

Je désire exposer maintenant certains points de doctrine qui sont la négation de théories momentanées. Et d'abord, je tiens à vous faire remarquer la puissance de vitalité de la cellule vivante, puissance de vitalité qui se manifeste d'une façon indépendante, comme aussi d'une façon solidaire. Des expériences de Metschnikoff, il résulte que la cellule peut vivre en dehors de l'organisme dont elle a été autrefois partie intégrante.

Metschnikoff prend une goutte de lymphe de grenouille vivante, contenant un certain nombre de cellules lymphatiques, il la plonge dans un bouillon renfermant des microbes, et il constate que les cellules continuent si bien de vivre en dehors de

la grenouille, dans ce bouillon contenant des microbes, qu'elles y font acte vital en mangeant ces microbes. Il a vu les microbes pénétrer dans le protoplasma des cellules lymphatiques et y disparaître. Il appelle cela la «phagocytose» — quelque chose comme une anthropophagie de microbes — une microbiophagie. Voilà donc des cellules qui vivent en dehors de l'organisme, et qui, isolées, mangent, détruisent, se nourrissent. Il y a donc là vitalité indépendante. Voilà qui est absolument d'accord avec les expériences antérieures de Ranvier, qui a choisi également, pour les étudier, les cellules lymphatiques de la grenouille. Ce savant prend une goutte de lymphe, la place entre deux plaques de verre qu'il met dans une étuve à air humide, et il constate que les cellules lymphatiques peuvent vivre en dehors du corps de la grenouille de onze à douze jours, et même faire acte générateur, c'est-à-dire que, si l'on en comptait dix au premier jour, on en trouvait une vingtaine au douzième. Ainsi, iMetschnikofT constate que les cellules peuvent vivre d'une façon « indépendante » et manger des microbes; et, d'autre part, Ranvier faivoir que ces cellules accomplissent l'acte suprême de la vie : la reproduction.

La vitalité «solidaire» se démontre encore par les expériences de Metschnikoff et par toutes les expériences que nous connaissons, celles de Straus entre autres, à savoir que, dans un organisme doué d'une vitalité déterminée, les cellules font tel ou tel acte, c'est-à-dire que, si les cellules appartiennent à un organisme vigoureux, elles résistent à l'invasion du mal ; si l'organisme est débile ou débilité, elles se laissent vaincre par le virus (que celui-ci agisse d'ailleurs par un microbe ou un alcaloïde, la question, actuellement en litige, importe peu). Or, c'est là le retour pur et simple à la doctrine hippocratique : le consensus unus réalisé et démontré par la cellule.

Ce que je voulais faire ressortir, c'est la vitalité indépendante et la vitalité solidaire des cellules vivantes; de sorte que, malgré leur indépendance, elles ne peuvent pas se désintéresser de la qualité actuelle et de la vitalité générale de l'organisme dont elles font partie. Ce qui serait encore prouvé (s'il en était besoin) et toujours par les expériences de Metschnikoff. Il a cru remarquer

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