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QUATRE-VINGT-NEUVIÈME LEÇON

Inconscquoncos et contradictions «les doctrines parasitaires.

Maladies diathésiques et dyscrasiques. — La tuberculose du nouveau régime, maladie bacillaire. — Similitude des bacilles Luberculeux, lépreux et syphilitiques. — Naissance spontanée du bacille tuberculeux soit d'une zooglée, soit d'un produit morbide scrofuleux ou simplement inflammatoire. — Virulence des liquides démontrée par les moelles rabiques.

Messieurs,

Il est incontestablement des maladies diathésiques et dyscrasiques: ainsi la tuberculose, le rhumatisme, la goutte et les anémies. Ces maladies ont toutes des manifestations subjectives et objectives ; d'une part, des symptômes ou troubles dynamiques; d'autre part, des lésions ou altérations matérielles. C'est par ces manières d'être variées et multiples que se révèle ce que l'on appelle une diathèse, c'est-à-dire le tempérament morbide, la disposition mauvaise qui est en nous.

Nous sommes redevables à l'observation médicale de la connaissance des diathèses. La clinique — et c'est 1;\ sa gloire — nous a montré, au milieu des formes symptomatiques et des lésions matérielles les plus diverses et les plus dissemblables, l'existence d'un principe primordial, d'un élément générateur, qui tient tout l'ensemble sous sa dépendance : c'est le principe diathésique.

Prenons pour exemple la goutte, qui tantôt s'exprime par des altérations matérielles, articulaires, vasculaires, cardiaques, et tantôt ne se traduit que par des troubles fonctionnels sans lésions matérielles, La clinique seule a sufli pour démontrer que la migraine et l'asthme étaient, aussi bien que la podagre, l'expression symptoraatique d'une môme maladie générale. Sans

doute, la chimie nous a appris que, dans la goutte, il y a un trouble dyscrasique, caractérisé par la trop grande quantité, dans le sang, d'acide urique et d'urale de soude ; et c'est là une conquête dont on doit être reconnaissant envers les chimistes. Mais si quelques-unes des manifestations goutteuses peuvent être rattachées à la présence exubérante, dans le liquide sanguin, d'une substance chimique, si le dépôt d'urate de soude, en certains points de l'organisme, explique certains troubles ressentis et observés, combien d'autres, par contre, ne peuvent admettre la même démonstration? Dans la migraine et dans l'asthme, par exemple, le corps du délit est impossible à saisir. Le lien qui rattache les diverses modalités d'un même état morbide deviendrait insaisissable si l'on ne tenait compte que des données positives de l'anatomie pathologique. D'ailleurs, la surabondance d'un composé chimique dans l'organisme implique une exagération de production par cet organisme lui-même, l'acide urique étant un produit de la vie. Aussi, ne peut-on concevoir, sans la notion de la vie, ce trouble chimique et matériel ; il est le résultat d'une déviation des phénomènes de la vie. La goutte n'est ainsi qu'une déviation de la vie; il en est de même du rhumatisme et de la tuberculose.

La tuberculose est aussi une maladie diathésique, et nous y . trouvons une lésion matérielle nettement caractérisée, dont la connaissance complète ne nous est parvenue que par étapes successives.

Des découvertes récentes ont pu faire croire que l'élément fondamental du tubercule serait un bacille, que l'on a dit être un parasite ; il en est résulté que la tuberculose est considérée aujourd'hui comme une maladie parasitaire; c'est ce que l'on peut appeler la tuberculose du nouveau régime. Ainsi envisagée, c'est une maladie extrinsèque, accidentelle, due à la pénétration dans l'organisme d'éléments étrangers, de parasites. D'après les opinions autrefois généralement admises, tout autre était l'idée qui régnait sur ce sujet. La tuberculose, que j'appellerai la tuberculose de l'ancien régime, était une maladie intrinsèque, spontanément engendrée dans l'organisme sous l'influence de conditions multiples, résultats de la débilité et de l'inanitiation.

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