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BACILLE ET TUBERCULOSE

La théorie nouvelle considère le parasite comme la condition essentielle, primitive, génératrice; il est à la fois le critérium et la cause de la maladie. Quand il existe dans nos tissus, il y a toujours tuberculose; d'où il suit que, si sa présence est constatée dans des lésions scrofuleuses, celles-ci devront être considérées comme tuberculeuses. Malgré la clinique, qui nous démontre combien sont dissemblables ces deux états morbides, au nom du parasite qui leur est commun, nous devons reconnaître leur identité absolue. La tuberculose, c'est la scrofule ; la scrofule, c'est la tuberculose (1).

Eh bien, l'observation clinique démontre qu'il est des produits tuberculeux oh l'on n'a pu déceler lai présence du parasite caractéristique: on n'y a trouvé que des zooglées, de telle sorte que l'on a admis deux tuberculoses : une bacillaire, une zoogléique. Ainsi, d'une part, la scrofule est confondue avec la tuberculose; et, d'autre part, la tuberculose est divisée en deux espèces. Il y a là, de toute évidence, contradiction et confusion.

En quoi consiste donc le parasilisme en matière de tuberculose? Le parasite révélateur, décrit par Koch, est un bâtonnet ayant un certain nombre de caractères spéciaux. Il est rectiligne le plus souvent, n'affectant que rarement la forme en F ou en S. Ses dimensions égalent le tiers du diamètre d'un globule ronge; sa longueur est de 3 à 4 iJi, sa largeur de 0,3 à 0,5 \).. De plus, il jouit de la propriété d'être coloré aisément par les préparations à base d'aniline ou de fuchsine.

Mais on rencontre aussi dans la lèpre et dans la syphilis un bacille rectiligne; seulement il est, dans ce cas, un peu plus long, un peu plus rigide et présente alors plus volontiers une forme coudée ou contournée en S.

La découverte de Koch a été une conquête scientifique; elle nous a appris à mieux connaître la structure intime du tubercule, et elle a complété les connaissances que nous devions au génie de Laënnec. C'est un fait intéressant au point de vue de l'anatomie pathologique et de la séméiotique ; mais là s'arrêtent son

(1) Voir pins loin, p. C3.

importance et sa portée. On a été trop loin dans l'enthousiasme, en supposant qu'on allait arriver ainsi à la conquête de la thérapeutique du parasite. Il n'en est rien; le bacille de Koch a reculé les limites de nos connaissances anatomiques sans faire avancer d'un pas la thérapeutique.

Il en fut de même quand LaSnnec démontra que, sous cette triple modalité : granulation grise, tubercule, infiltration tuberculeuse, se cachait une maladie unique ; il flt progresser la pathologie, mais n'apporta aucun appoint nouveau à la thérapeutique.

En effet, en médecine, la séméiotique et l'anatomie pathologique ne conduisent pas au traitement. La connaissance de la lésion n'implique nullement la connaissance du remède. La lésion est un produit, un fait accompli : c'est le passé; la maladie est un acte : c'est le devenir. D'un côté la matière, de l'autre la force productrice.

A ce point de vue, il faut bien distinguer la médecine de la chirurgie, la pathologie interne de la pathologie externe ; le chirurgien agit sur une lésion, un fait accompli, fracture, luxation, plaie ou tumeur. Le médecin agit sur Vacte morbide ; il s'adresse à la vitalité du malade, qu'il soit pneumonique, typhique ou diathésique.

Maintenant, étant supposé que la tuberculose est une maladie étrangère, accidentelle, parasitaire, certains esprits utilitaires ont pensé qu'on pourrait désormais la faire disparaître en se débarrassant de l'agent producteur. C'est là de l'enthousiasme exagéré ; la connaissance du bacille n'a pas mené et ne peut mener à celle du microbicide désiré.

Mais voyons d'abord si le bacille de Koch, regardé comme la cause du mal, n'en serait pas le produit.

Eh bien, nous allons assister à la naissance du bacille, nous allons voir la zooglée devenir bacille.

Le mot zooglée tire son nom de deux radicaux : ^wov animal, Y>.4ia colle; en réalité, la zooglée est formée de granulations moléculaires réunies entre elles par une substance visqueuse. Le point de départ de la tuberculose, dite zoogléique, réside dans

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