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NAISSANCE SPONTANÉE DES BACILLES

mais vous m'accorderez, en revanche, qu'il ressemble, à s'y méprendre, au bacille de la tuberculose.

Enfin, MM. Alvarez et Tavel ont cherché en vain le bacille de Luslgarten dans huit cas de lésions syphilitiques (dans cinq chancres indurés, deux plaques muqueuses el une gomme). Par contre, ils l'ont trouvé dans le chancre mou, l'herpès génital, le peraphigus de la cuisse et môme dans le smegma préputial. Son siège de prédilection est au niveau des organes génitaux externes ; ce qui explique sa présence dans les sécrétions normales ou pathologiques de ces organes, qu'ils soient ou non atteints de lésions syphilitiques.

Ce bacille a une grande ressemblance de forme avec le bacille tuberculeux, et il possède plusieurs des réactions colorantes considérées comme spéciales au bacille de la lèpre et à celui de la tuberculose. Il se dislingue de ce dernier par sa moindre épaisseur, son aspect moins granuleux et sa polymorphie : il présente, en effet, de fréquentes incurvations en S ou en virgule ; de plus, il résiste moins à l'alcool après sa coloration par la fuchsine.

Dans un cas, Leyden et Klemperer n'ont pas trouvé de bacille dans les produits syphililiques, et précisément ces produits ne venaient pas des organes génitaux.

Kœbner n'a jamais h-ouvé le bacille de Luslgarten dans les plaques muqueuses de la bouche.

La conclusion forcée de tous ces faits, c'est que le bacille de Luslgarten n'est pas inhérent aux lésions si diverses dans lesquelles on l'a rencontré. Sa présence dans les produits syphilitiques est purement éventuelle, et ce n'est pas lui qui engendre la syphilis.

Un s'explique aisément qu'on ait pu le découvrir dans le smegma préputial. Le smegma est en effet une matière grasse contenanl des granulations moléculaires; eU'on comprend que celles-ci puissent évoluer en bacilles sous l'influence de conditions de milieu multiples et réunies : chaleur, humidité, enfin el surtout séjour tranquille par malpropreté.

De môme que le bacille naît s/jonlanéiaenl dans le smegma préputial d'un individu malpropre, de uiûme le bacille du lubercu-

leux, du lépreux, du syphilitique, naîl7'a de l'évolution des granulations moléculaires des tissus organiques malades. C'est le bacille éventuel « du tuberculeux » et non « de la tuberculose », « du lépreux » et non « de la lèpre », « du syphilitique » et non «de la syphilis », c'est le bacille qu'on peut trouver dans les lésions de telles maladies, mais ce n'en est pas le bacille générateur. S'il donne la syphilis, ou la tuberculose, ou la lèpre, c'est qu'il VIENT d'un syphilitique, ou d'un tuberculeux, ou d'un lépreux ; il porte alors avec lui les éléments d'infection. Il n'est pas infectant en soi ni par soi, il nest infectant qu'en tant qu'il est sorti d'un organisme infecté.

La granulation moléculaire, « organite » de Bouchardat, « microzyma » de Béchamp et Estor, « molécule organique » de Butfon, la granulation moléculaire n'est pas un parasite; elle est à la base de tous nos tissus, elle vit en nous et après nous ; et lorsque le macroorganisme dont elle faisait partie a cessé de vivre, elle continue la vie, elle, à sa façon, parce que /a vie ne meurt pas.

Elle persiste à vivre et se développe indéfiniment, hors de nous comme en nous, et vit, soit sous sa forme primitive et simple de granulation moléculaire isolée [microcoque), soit sous celle de granulations accouplées deux à deux {diplocoque) ; ou n à n {microbe en chapelet ou en chaînette) ; ou encore les granulations sont agglutinées (zooglée), ou, enfin, elles s'allongent en bâtonnet (c'est le bacille ou microbe).

Mais qui ne voit que ce sont là des conditions morphologiques éventuelles, lesquelles ne sauraient changer les propriétés de la granulation primitive? De sorte que si la granulation (ou la zooglée, ou le bacille) sort de tel ou tel milieu, elle contracte les propriétés de ce milieu : inoffensive lorsqu'elle provient du smegma d'un individu sain; au contraire, colportant la syphilis, si elle sort d'un milieu syphilitique; la lèpre, si elle vient d'un milieu lépreux ; la tuberculose, si c'est un milieu tuberculeux qui l'a fournie.

D'ailleurs la méthode expérimentale va nous permettre d'assister à la naissance du bacille tuberculeux. Ce bacille naissant soit

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