SCIIOFULIDES ENGENDRANT LE BACILLE TUBERCULEUX
à la suite d'inoculations d'un liquide scrofuleux, dépourvu du bacille de Koch, soit à la suite d'inoculations d'un liquide morbide qui n'est pas même scrofuleux, également dépourvu du bacille de Koch, liquide morbide qui n'est autre que de la sérosité pleurétique.
Ces expériences démontrent avec une lumineuse évidence la loi des «séries morbides». En effet, vous y verrez la scrofule aboutissant par aggravation progressive à la tuberculose — ce qui ne veut nullement dire que la scrofule soit la tuberculose; mais ce qui signifie que la scrofule est le premier terme d'une série morbide très naturelle dont la tuberculose est le dernier.
Bien plus, nous allons voir que le liquide pleurétique séreux peut engendrer le bacille de Koch — ce qui ne signifie pas davantage que la pleurésie séreuse soit nécessairement la tuberculose; mais ce qui implique qu'un pleurétique est plus qu'un autre en passe de devenir tuberculeux.
4° Dans une série d'expériences intéressantes, M. Grancher a inoculé 23 cobayes avec des croûtes ou du pus de scrofulides bénignes — croûtes et pus où il n'avait pu découvrir le bacille de Koch — et 2 cobayes seulement sur 23 devinrent tuberculeux.
Dans une autre série d'expériences, M. Grancher a inoculé 7 cobayes avec du pus provenant de lésions plus graves de la scrofule (abcès ou tumeurs blanches) et les 7 cobayes devinrent tuberculeux (i).
(1) Voici ces expériences : M. Grauclier les a faites dans ces cas avec les lésions les plus superficielles de la peau allribuées à la scrofule, avec le pus d'adénites siibaiguës, avec le pus de kérato-conjonctivites, etc.. toutes scrofulides légères. Elles sout au nombre de 23, 21 furent négatives (je ne les rapporte pas ici, parce qu'elle se ressemblent toutes : les inoculations avaient été faites avec des croûtes ou du pus d'impétigo), deux expériences seulement furent poszhues; elles sont particulièrement intéressantes et par le résultat obtenu et par certains détails de l'observation ; les voici :
Exp. XXIX. Positive. — Impétigo de la face et du cuir chevelu avec exulcéraiions du derme. Petits abcès dermiques Lenticulaires dans le voisinage de Cimpétigo. — 18 juin. Inoculation du pus de l'un de ces petits abcès à un cobaye. Sacrifice de l'animal le 4 août. Tuberculose généralisée aux ganglions intra-abdominaux, de la rate au foie.
Exp. XXX. Positive — Impétigo du cou avec ulcération profonde du derme et bourgeonnement de la peau. KératO'Conjonctivite double. — 1 4 mai. Exci-
Ce qu'il y a d'intéressant et de probant tout à la fois c'est que, pas plus dans le pus de l'impétigo que dans celui des abcès scrofuleux qu'il inoculait, M. Grancher n'a réussi à découvrir le bacille de Koch, et que, toujours au contraire, et sans difficulté, il trouve ce bacille dans les tubercules nés de ces inoculations oti il n'y avait pas de bacilles. M. Grancher aime mieux croire alors à une insuffisance dans la recherche ou à la rareté du bacille dans la substance scrofuleuse inoculée qu'à la non-existence de ce bacille.
Il me paraît difficile de ne pas conclure différemment : si, 30 fois sur 30, le même observateur, par les mêmes procédés, ne trouve pas le bacille de la tuberculose dans la substance inoculée, et si, 9 fois sur 9, il le découvre dans les tubercules qui en sont nés, c'est que, dans les 30 cas négatifs, le bacille de Koch n'y était pas ; et puisqu'il n'y était pas, et qu'on le trouve dans
sion d'un bourgeon dont une partie est broyée dans de l'eau stérilisée et inoculée à un cobaye et h une souris. Le même jour, mort de la souris par septicémie.
Le 20 juillet, sacrifice du cobaye. Tuberculose généralisée.
La qualité de l'impétigo, dit M. Grancher, celle des croûtes ou de la sécrétion purulente est la même dans les cas positifs et dans les cas négatifs, et il serait impossible a priori de les distinguer l'un de l'autre.
A vrai dire, les deux inoculations positives n'ont pas été faites avec la croûte de L'impétigo, mais bien, l'une avec un bourgeon né sous la pustule d'impétigo au fond de l'ulcération qu'elle avait provoquée, l'autre avec le pus d'un petit abcès à\i derme, développé au voisinage de l'impétigo, mais qu'on ne doit pas confondre avec la lésion initiale.
En fait, tous les impétigos se sont montrés stériles. 11 était intéressant de savoir si le bourgeon dont l'inoculaLion a donné la tuberculose aux cobayes, contenait des tubercules microscopiques ou au moins des bacilles.
L'examen histologique de la partie qui avait été conservée a donc été fait avec grand soin. Mais, malgré le groupement en petits amas de quelques cellules embryonnaires, M. Grancher n'a pas réussi h trouver U7i follicule tubei^ culeux, ni même un bacille. Ceux-ci étaient donc pour le moins fort rares dans le tissu du bourgeon. Mais d'où venaient-ils?
Quelle est la relation probable entre la pustule d'impétigo, lésion commune et stérile, et le bourgeon spécifique, tuberculeux, qu'elle a fait naître? (7ribune médicale, novembre lS8i.)
Voici maintenant les expériences d'inoculations faites avec le produit morbide de lésions scrofuleuses graves : elles furent toutes positives, c'està-dire qu'elles engendrèrent, la tuberculose chez les animaux inoculés.
M. Grancher a choisi le cobaye etaadopté de préférence, pour les premières inoculations, l'injection intrapéritonéale, faite purement avec la seringue de