‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 51 sur 287 · SCROFULIDES ENGENDRANT LE BACILLE TUBERCULEUX · texte numérisé non relu

SCROFULIDES ENGENDRANT LE BACILLE TUBERCULEUX

les animaux devenus tuberculeux, c'est que ces animaux l'ont fabriqué avec la substance scrofuleuse non bacillaire inoculée.

Je sais bien que cela trouble ceux qui ne croient pas à la génération spontanée du bacille — mais je n'y peux rien!

En tout cas, la première conclusion à tirer de ces expériences, c'est que la scrofule légère est plus éloignée de la tuberculose que la scrofule grave, laquelle, par degrés insensibles, se rapproche de la tuberculose pour finir par se confondre avec elle. (La clinique nous l'apprend tous les jours, et de tout temps nous l'a appris.) — Voilà pour la nosologie.

La deuxième conclusion, non moins importante, c'est que, les cobayes ayant fabriqué le bacille de Koch avec de la substance scrofuleuse, il y avait donc, dans celle-ci, les éléments (quels qu'ils soient, spores ou granulations moléculaires) du bacille tuberculeux,

Pravaz. La recherche des bacilles a été faite chaque fois avant l'inoculation ; elle a toujours été négative, même pour les produits qui ont donné la tuberculose aux animaux.

Exp. I, Positive. — Abcès froid du coude. — 11 février 1884. Inoculation à un cobaye de quelques gouttes de séro-pus obtenu par pression sur les trajets fistuleux. Mort le 18 mars. Épiploon et foie probablement tuberculeux.

Inoculation de contrôle à deux cobayes, avec des fragments d'épiploon.

Mort le 28 avril d'un des cobayes avec une tuberculisation bacillaire.

Exp. II. Positive, — Adénite caséeuse sous-maxillaire. — 28 mars. Un des ganglions ramollis est ouvert, et le pus inoculé à un cobaye. Mort le 7 juin avec une tuberculose généralisée.

Exp. III. Positive. — Ulcère tuberculeux du cou, — 28 mars. Inoculation du pus de cet ulcère à un cobaye. Mort le 29 avril. Tuberculose généralisée.

Exp. IV. Positive. — Adénite cervicale. Tuberculose pulmonaire. — 28 mars. Inoculation à un cobaye du pus d'un abcès ganglionnaire ouvert au devant du masséter. Mort le 22 juin. Tuberculose généralisée,

Exp. V. Posiiii^e. — Gomme scrofuleuse. — 31 mars. Inoculation du pus de cette gomme îi deux cobayes. Mort du cobaye n» 1 le 21 avril. Tuberculose généralisée. Mort du cobaye n° 2 le 31 mai. Tuberculose généralisée.

Exp. "VI. Positive. — Spina ventosa du pouce. — 3 mars. Fragments dissociés dans l'eau stérilisée et inoculés îi trois cobayes. Un quatrième reste témoin dans la même cage.

Cobaye n» 1, moit le 9 avril, Cobaye n° 2, mort le 16 avril. Cobaye no 3, mort le 23 avril. Tous avec des lésions tuberculeuses et des bacilles. Le témoin est toujours bien portant.

Exp. VII. Positive.— Abcès froid du cou. — 10 mai. Inoculation du pus do cet abcès à deux cobayes. Sacrifice des deux animaux le 7 juillet. Tous deux sont Itberculeux. [Tribune médicale, octobre 1884.)

Peter. — Clin, méd. m, 5

8fi SPONTANÉITÉ MORBIDE.

Or, ce que peut faire un cobaye avec la substance scrofuleuse qu'on lui a maculée (et qui provient d'un corps humain malade), ne comprenez-vous pas que le scrofuleux puisse le faire à la longue, par aggravation progressive, avec la substance scrofuleuse qui est EN LUI, et qu'ainsi un scrofuleux puisse finir par se tuberculiser, bien qu'il ne fût pas tuberculeux au début de sa scrofule?

Enfin, et c'est là une objection clinique inattendue, chacun de ces scrofuleux qui ont fourni la substance scrofuleuse tuberculisante, traité convenablement, envoyé par exemple aux bains de mer, séjournant à la campagne en plein air et en plein soleil, prenant de l'huile de foie de morue, etc., aurait guéri, et a fortiori, ne serait pas devenu tuberculeux, au sens vrai oîi la clinique l'entend ; — et cependant tous ces scrofuleux ont engendré expérimentalement la tuberculose chez des cobayes, donnant ainsi ce qu'ils n'avaient pas. Ainsi encore un scrofuleux atteint d'une maladie chronique et curable, la scrofule, a donné au cobaye une maladie aiguë et mortelle, la tuberculose. Or, si la maladie est devenue autre [altéra] altérée, au sens latin du mot, qui donc l'a de la sorte altérée, sinon l'organisme du cobaye, dont l'intervention spontanée a modifié non seulement l'élément anatomique mais révolution de la maladie?

2" Voici maintenant qui est plus fort, nous allons assister à la naissance du bacille tuberculeux engendré par un produit morbide qui n'est ni scrofuleux ni tuberculeux, par de la sérosité pleurétique non bacillaire.

MM. Ghaun"ard et Gombault (1) s'étaient proposé de résoudre la question suivante: « L'agent figuré de la tuberculose peut-il être décelé par l'examen histologique dans les liquides anormalement sécrétés à la surface des cavités séreuses? » Oi\ jamais, malgré des investigations assez nombreuses, il ne leur a été donné de rencontrer le bacille de Koch dans des liquides pleurétiques ou périlonitiques qu'ils inoculaient.

Voici comment ils ont procédé ; le liquide à inoculer a toujours été recueilli sur le vivant à l'aide de la ponction capillaire et de

(1) ChaufTai'd ai Gomha.\.\\i, Inoculation du liquide d'épanchements pteuraïuc (Société médicale des hôpitaux, 8 aoûl 1884).

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